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Métier : homme-araignée

Suspendu dans le vide, Sébastien Coly effectue toutes sortes de petits boulots en altitude. Photo : Valérian Mazataud

Suspendu dans le vide, Sébastien Coly effectue toutes sortes de petits boulots en altitude.
Photo : Valérian Mazataud

Sébastien Coly gagne sa vie suspendu dans les airs depuis six ans.

Je suis cordiste, mais je préfère dire que je suis travailleur sur cordes, sinon les gens pensent que je répare des guitares. Pour d’autres, je suis carrément l’homme-araignée. À l’aide de deux cordes et d’un harnais antichute, j’accède à des endroits tout à fait improbables en milieu urbain.

Les deux pieds dans le vide, je me retrouve à faire toute sorte de petits boulots. Je peux laver des fenêtres, réparer une enseigne, déneiger des toitures, ou encore changer des ampoules de trafic aérien sur l’antenne de la tour IBM, à 230 mètres d’altitude.

J’ai aussi déjà décrassé un four d’incinération à déchets, où l’odeur était immonde. Plongé dans le noir, avec un masque, un filtre à air et un détecteur à gaz, je retirais d’épaisses couches de saletés agglutinées sur les parois à l’aide d’une longue perche. Bonjour la tendinite!

Il faut avoir du sang froid et une condition physique à toute épreuve pour exercer ce métier.

Mais le pire, c’est la fois où j’ai nettoyé un silo à céréales. Un machiniste est venu faire un déchargement dans le silo au moment où je m’y trouvais, et mes cordes ont commencé à s’engouffrer avec les grains dans l’entonnoir. Par chance, j’ai réussi à me dépêtrer en tirant de toutes mes forces; mais disons que j’ai eu la peur de ma vie!

Aussi bien dire qu’il faut avoir du sang froid et une condition physique à toute épreuve pour exercer ce métier. De fait, les cordistes sont, dans 80 % des cas, des gens qui ont soit de l’expérience en escalade, soit en cascade de glace, soit en spéléologie.

J’ai toujours été passionné par les hauteurs. Je pratique et j’enseigne l’escalade depuis le lycée en France. Par la suite, j’ai obtenu mes certifications, le SPRAT (Society of professional rope access technicians) et l’IRATA (Industrial rope access trade association), et aujourd’hui, je suis formateur agréé.

J’offre des formations, qui durent environ une semaine, et coûtent entre 1 300 et 1 600 $. Elles s’adressent à ceux qui veulent devenir cordiste, bien sûr, mais aussi à des ingénieurs ou d’autres spécialistes qui ont besoin de savoir comment se déplacer sur cordes pour aller réparer un pont, par exemple.

Ce métier est encore peu connu au Québec. Les entrepreneurs ont plutôt recours aux échafaudages, aux grues ou aux nacelles pour leurs travaux en hauteur. Pourtant, les services d’un homme-araignée peuvent coûter jusqu’à dix fois moins cher que les méthodes traditionnelles.

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