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Les sciences humaines ont-elles un avenir?

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En consultant la sélection des formations gagnantes du guide Les carrières d’avenir 2014, l’œil avisé remarquera que les programmes de sciences humaines ne sont pas légion.

En revanche, on retrouve un grand nombre de formations en santé, en informatique, en génie, en administration… Doit-on en conclure que les sciences humaines ne mènent nulle part?

Pas tout à fait.

Avant que les ardents défenseurs des sciences humaines ne me lancent des tomates (j’en suis moi-même un, rassurez-vous), laissez-moi vous donner une piste d’explication.

Il faut comprendre que la sélection des formations gagnantes s’effectue tout d’abord à partir d’indicateurs statistiques comme le taux de chômage des diplômés, le pourcentage de diplômés en emploi, et la proportion de diplômés ayant un emploi lié à leur domaine d’études.

Ainsi, il est assez facile d’évaluer si un diplômé en génie minier ou en sciences infirmières s’est placé dans son domaine; le premier deviendra ingénieur minier et le second infirmier. En revanche, c’est un peu plus compliqué dans le cas d’un diplômé en sciences politiques, par exemple, étant donné les vastes possibilités de carrière qu’offre cette formation.

Le placement des diplômés en sciences humaines est donc plus difficile à mesurer, puisqu’il est plus volatile. C’est en partie ce qui explique sa faible représentation dans notre sélection.

C’est aussi parce que la demande pour les diplômés des programmes sélectionnés est si forte que certains trouvent du boulot dès leur sortie de l’école, voire avant même l’obtention de leur diplôme. Et puisqu’il a fallu faire des choix…

Mais attention; les sciences humaines ont tout de même leurs bons côtés. Les diplômés n’ont peut-être pas acquis autant de savoir technique qu’un diplômé en informatique, mais ont développé des aptitudes tout aussi recherchées par les employeurs : esprit critique, capacité d’analyse, créativité, habilités en recherche et en rédaction…

Cet éventail de compétences fait en sorte que les diplômés en sciences humaines peuvent travailler dans des domaines extrêmement variés, que ce soit dans la fonction publique, en économie sociale, en environnement, en communications, en administration… Même les technologies de l’information et des communications, l’un des secteurs d’emploi les plus dynamiques au Québec, recherche leurs compétences pour créer le contenu de certains logiciels ou jeux vidéo, par exemple.

Ce qu’il faut retenir? Un diplôme en sciences humaines est loin d’être un cul-de-sac. C’est plutôt un carrefour.

Ceux qui s’attendent à ce que les employeurs s’arrachent leur candidature dès leur sortie de l’école seront déçus; la recherche d’un premier emploi sera sans doute plus longue, et demandera un peu plus d’efforts.

Mais ceux qui savent où ils vont, qui seront patients, et surtout, qui sauront reconnaître la valeur de leurs acquis, trouveront leur chemin et parviendront à leur but.

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Simon Granger

Simon Granger s'intéresse aux enjeux touchant la formation, l'orientation professionnelle et l'accession au marché du travail. Il aime le café filtre, le point-virgule et les mots croisés.

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