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Les études enrichissent moins qu’avant

S’instruire c’est s’enrichir disaient certains parents. À leur époque peut-être, mais aujourd’hui c’est moins vrai, tendent à démontrer de récentes études.

Le Canada enregistre une offre excédentaire de diplômés postsecondaires. Les avantages qu’offrent les études universitaires en termes d’emploi ou de rémunération tendent à s’amoindrir.

Voilà le constat que faisait la Banque CIBC dans une étude publiée lundi.

«Avoir fait des études supérieures est peut-être un pré-requis pour obtenir un bon emploi au Canada, mais cela ne suffit plus, estime Benjamin Tal, économiste en chef à la Banque CIBC. Il faut faire plus attention en choisissant le type de filière dans lequel on veut étudier.»

La différence de taux de chômage entre les personnes qui possèdent un diplôme universitaire et celles qui n’en possèdent pas s’est en effet rétrécie au cours des deux dernières décennies au Canada.

Le taux était de 0,7 point de pourcentage plus élevé pour les personnes qui avaient terminé avec un diplôme du secondaire que pour celles qui avaient un baccalauréat en 2012. En 1995, cette différence était de 2,4 points de pourcentage selon nos calculs.

Le Québec connaît le même phénomène. Le taux de chômage était de 1 point de pourcentage plus élevé pour ceux qui n’avaient pas de diplôme universitaire en 2012, alors que cette différence était de 2,7 points de pourcentage en 1995.

Là encore, le Canada est le pays qui compte le plus de diplômés universitaires parmi les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Pourtant, ces diplômés sont les plus nombreux à gagner moins que le salaire national médian.

Pour les économistes, cette tendance indique que trop souvent les étudiants se tournent vers des secteurs moins lucratifs.

«Sur le plan personnel, ils s’enrichissent, mais sur le plan de la rentabilité, ce n’est pas très efficace, a expliqué Claude Montmarquette, économiste et président du centre de recherche le Cirano. Les étudiants doivent s’informer sur les débouchés avant de se lancer dans une filière.»

Même son de cloche du côté de l’Institut économique de Montréal. «Oui un diplôme universitaire vaut le coup, mais il faut savoir que certains secteurs ont plus d’avenir que d’autres», a expliqué David Descoteaux, analyste des politiques publiques.

Au Canada, le tiers des diplômés de filières comme la psychologie, les sciences sociales, les lettres ou l’éducation gagnent moins que le salaire médian. Et pourtant ces filières attirent près de la moitié des étudiants, indique la CIBC.

Il ne faut pas pour autant conclure qu’un diplôme universitaire n’a pas de valeur. En 2012, un baccalauréat permettait tout de même d’obtenir des revenus de 30 % supérieurs à ceux des diplômés du secondaire. Il permettait également aux travailleurs de se protéger contre les aléas de l’économie.

«En temps de récession, les premiers emplois que l’on coupe sont les emplois à faibles revenus dans des secteurs cycliques comme la construction, observe Benjamin Tal de la CIBC. C’est à ce moment-là qu’un diplôme universitaire prend toute sa valeur.»

(Source Caroline Pailliez/Argent Canoë)

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