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Les diplômés universitaires ont la cote

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Avec des effectifs étudiants toujours en augmentation, la formation universitaire se porte bien au Québec. Le placement de ses diplômés aussi.

Selon les données préliminaires du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec, les universités comptaient en 2012-2013 environ 6 000 étudiants de plus que l’année précédente.

À l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (ESG-UQAM), par exemple, le nombre d’étudiants est passé d’environ 10 000 à 14 000 en 5 ans.

L’Université du Québec à Trois-Rivières a enregistré, en janvier, sa plus forte croissance des 5 dernières années, avec une hausse du nombre d’étudiants de 4,6 % par rapport à la même date en 2012, selon Marie-Ève Perron, responsable du Service de l’aide à l’emploi.

Pareille tendance a pu être observée dans la plupart des universités québécoises. De quoi réjouir les employeurs, puisque les départs à la retraite continuent de générer d’importants besoins de relève. Or, dans plusieurs secteurs, la main-d’œuvre est encore insuffisante.

Les TIC en mouvement

Les technologies de l’information et des communications (TIC) sont partout, et les diplômés de ce secteur ne suffisent toujours pas à la demande. «C’est la folie furieuse!» lance Allan Doyle, directeur du Service des stages et du placement à Polytechnique Montréal. De la session d’été 2012 à la session d’hiver 2013, l’école a reçu une dizaine d’offres d’emploi pour chacun des 50 diplômés en génie logiciel. Même situation pour les 49 diplômés en génie informatique. Cinq bacheliers ont d’ailleurs été recrutés par les bureaux de Microsoft à Seattle, aux États-Unis.

À l’École de technologie supérieure (ÉTS), on a affiché 233 offres d’emploi à l’intention des 54 diplômés en génie logiciel et en génie des technologies de l’information. Or, au moins 50 % des étudiants sortants sont embauchés dans leur milieu de stage, évalue Pierre Rivet, directeur du Service de l’enseignement coopératif.

En plus des programmeurs et des analystes, le milieu des TIC recherche des gestionnaires. À HEC Montréal, les finissants en administration des affaires spécialisés en TI ont pu consulter 344 offres d’emploi au cours de la dernière année scolaire.

Plein emploi en santé

À l’instar du secteur des TIC, le milieu de la santé continue de générer d’excellentes perspectives d’emploi pour ses diplômés. Toujours très populaires, les bachelières en sciences infirmières* ont un emploi assuré dès leur sortie de l’école. Les groupes de médecine familiale ont notamment un grand intérêt pour les infirmières praticiennes spécialisées en soins de première ligne formées par l’Université du Québec à Chicoutimi, note Carole Dionne, directrice du Module des sciences infirmières et de la santé de l’établissement.

Les derniers mois ont été difficiles pour les diplômés en génie civil et en génie géologique de Polytechnique Montréal.

Les diplômés en pharmacie ont aussi la cote. «Les besoins sont principalement marqués en région et en milieu hospitalier», indique André Raymond, directeur adjoint des services professionnels au Service de placement de l’Université Laval. Les 85 diplômés du doctorat professionnel ont ainsi pu consulter 173 offres d’emploi, soit 65 de plus que l’an dernier. Un excellent taux de placement était également envisagé pour les 168 finissants de l’Université de Montréal.

Avec le vieillissement de la population, la demande de spécialistes de la santé, comme les physiothérapeutes et les ergothérapeutes, se fait grandissante. À l’Université Laval, les 3 diplômés en physiothérapie ont vu passer 233 offres d’emploi, alors que les 24 diplômés en ergothérapie ont pu faire leur choix parmi 249 offres.

Quand l’économie va

Bel et bien remis de la crise économique de 2008-2009, le secteur financier demeure une valeur sûre en 2013. À l’École de gestion John-Molson de l’Université Concordia, on a vu le nombre d’offres d’emploi grimper de 28 % en 2012-2013, par rapport à l’année précédente.

À l’ESG-UQAM, le taux de placement global des bacheliers de la dernière année atteint 94 %, soit 4 % de plus qu’en 2011-2012. Les diplômés en administration, concentration finance, ont été les plus choyés avec un taux de placement de 96 %.

À HEC Montréal, où l’on diplôme bon an mal an quelque 925 nouveaux bacheliers en administration des affaires, on constate cette année encore que les spécialisations marketing, finance et comptabilité offrent les meilleures possibilités. En 2012-2013, le Service de gestion de carrière a fait circuler 1 040 offres d’emploi pour les finissants spécialisés en marketing, rapporte son directeur, Pierre Francq.

Aider son prochain porte fruit

Les diplômés en sciences humaines et sociales ne sont pas en reste. Les formations qui touchent les relations d’aide offrent notamment de bonnes perspectives d’emploi. À ce titre, l’Université de Sherbrooke a affiché 117 postes durant la session d’hiver pour les 29 finissants du baccalauréat en psychologie, alors que les 2 diplômés au doctorat ont pu choisir parmi 49 postes.

L’intérêt est tout aussi grand pour les diplômés des baccalauréats en travail social et en sexologie. À l’Université du Québec à Montréal, leur taux de placement oscille autour de 100 % depuis quelques années.

Si les bacheliers en science politique, en histoire et en sociologie se placent plus difficilement, «ces diplômés ont l’avantage de pouvoir accéder à des emplois très diversifiés», fait valoir Christine Hudon, doyenne de la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université de Sherbrooke. Prisés pour leur capacité de synthèse et leurs habiletés en recherche et en rédaction, nombre d’entre eux sont recrutés par la fonction publique, où ils occupent les postes d’agent de recherche, d’analyste, etc. Les diplômés en histoire peuvent, eux, devenir archivistes ou travailler dans les musées, les sociétés d’histoire, etc.

Des projets sur la glace

Commission Charbonneau, loi sur l’intégrité en matière de contrats publics, grève dans la construction… Les derniers mois ont été difficiles pour les diplômés en génie civil et en génie géologique de Polytechnique Montréal. Idem pour les finissants en génie de la construction de l’ÉTS, où le nombre d’offres d’emploi a diminué de 23 % de janvier à avril. «Ça ne veut pas dire que ces diplômés ne trouveront pas d’emploi, mais seulement qu’ils mettront plus de temps pour y parvenir», précise Allan Doyle, de Polytechnique Montréal. «La situation ne devrait pas se prolonger au-delà du printemps 2014, estime Pierre Rivet, de l’ÉTS. Les projets sont seulement retardés. Les infrastructures doivent tout de même être reconstruites», assure-t-il. Il admet cependant que ce ralentissement pourrait donner du fil à retordre aux nombreux étudiants qui sortiront de l’école dans quatre ans.

Certaines branches du génie ont néanmoins fait bonne figure cette année. C’est notamment le cas du génie aéronautique, du génie mécanique et du génie électrique, car les diplômés bénéficient de l’effervescence entourant la production de la CSeries de Bombardier. «Tout le monde est en train de se préparer pour ce mégaprojet qui engendrera beaucoup d’emplois, explique Allan Doyle. La demande se fait sentir depuis 12 mois et plusieurs de nos étudiants et de nos diplômés trouvent des stages ou des emplois chez Bombardier ou certains de leurs sous-traitants.»

*Le féminin est utilisé en raison de la très forte proportion de femmes dans ce programme.

Tiré du dossier Enquête sur le placement des diplômés 2013

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