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Le robot au scalpel

Le robot au scalpel

Dr Ronald Denis et le robot Da Vinci

Le Dr Ronald Denis et le robot Da Vinci
Photo : Éric Carrière

Le robot-chirurgien Da Vinci de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal fête ses 10 ans cette année. Nous avons fait le bilan avec son principal «collègue», le Dr Ronald Denis, chef du département de chirurgie.

Lorsqu’il entre dans le bureau du Dr Ronald Denis, le visiteur sait tout de suite qu’il aura affaire à un anticonformiste. Quel autre chirurgien exposerait la photo officielle de sa collation des grades de 1975 le présentant moustachu et abondement chevelu, une bouteille de bière à la main?

Quand le Dr Denis a eu l’idée d’implanter un robot à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, on l’a qualifié de fou! «Tout le monde se demandait si j’avais subi un traumatisme crânien!» En 2003, l’établissement a été le premier au Québec à se procurer le robot Da Vinci, fabriqué aux États-Unis par Intuitive Surgical. Plusieurs autres lui ont ensuite emboîté le pas.

Da Vinci aide aujourd’hui les médecins à opérer en chirurgie générale, cardiaque, thoracique et digestive. Il est également utilisé en urologie et en gynécologie.

Des robots expérimentaux participent aux séances de physiothérapie de certains patients.

Le robot est loin de remplacer le chirurgien. «Les gens pensent que je pèse sur le piton “enlever la vésicule biliaire” et que ça se fait tout seul!», raconte le spécialiste avant de retirer ses Crocs pour montrer comment, d’un poste de commande situé à deux mètres de la table d’opération, il contrôle les quatre bras du robot à l’aide de pédales, de manettes et d’un écran qui diffuse des images de la zone opérée en 3D. Le robot Da Vinci n’a aucune autonomie, mais il améliore la qualité du mouvement humain, notamment en éliminant tout tremblement.

Dans le domaine de la santé, les technologies se développent rapidement, mais prudemment. Depuis quelques années, un peu partout dans le monde, des robots expérimentaux participent aux séances de physiothérapie de certains patients, tandis que des algorithmes analysent des tests médicaux ou balayent des milliers de données à la recherche de signes annonçant un danger pour la santé publique. Au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), un robot nommé CyberKnife traite des tumeurs par radiochirurgie, une technique de radiothérapie extrêmement précise.

Quant aux robots thérapeutiques, on connaît déjà Paro, le bébé phoque introduit dans des centres d’hébergement et de soins de longue durée montréalais. L’an dernier, l’ancien ministre libéral de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, en a parlé pour témoigner des bons soins prodigués dans les centres…, ce qui avait bien fait rire l’opposition, il faut dire.

En chirurgie, «une version plus récente du robot Da Vinci donne du feedback tactile. Bientôt, un modèle permettra de s’entraîner virtuellement sur l’anatomie du patient à partir des images d’un scan ou d’une résonnance magnétique», explique le Dr Denis.

Une chose est sûre : le chirurgien n’éprouve aucune crainte quant à la concurrence de l’automate. «Vous et moi allons être morts avant que nous ne soyons remplacés par des robots.» En fait, il regrette plutôt de ne pas avoir commencé sa carrière aujourd’hui!

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