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Le marché de l’emploi en Outaouais en 2014

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Les statistiques de l’emploi en 2013 ont reflété de façon significative les compressions effectuées par le gouvernement fédéral, de loin le plus important employeur de l’Outaouais. Pendant ce temps, après des années de vaches maigres, l’industrie forestière montre les signes d’une timide reprise.

À la fin de 2012, le gouvernement fédéral avait atteint 85 % de son objectif de supprimer 19 200 postes dans la fonction publique avant 2015, et 16 390 employés avaient été remerciés. Or, une personne sur cinq travaille pour le fédéral en Outaouais.

L’emploi a donc reculé de 2,7 % au premier semestre de 2013, comparativement à la même période en 2012, dans cette région qui affichait pourtant une croissance de l’emploi depuis quelques années. Sans surprise, c’est le secteur de l’administration publique qui a subi les pertes les plus importantes (8 %).

Une telle diminution a forcément un impact, note Marc Boily, directeur régional du bureau d’affaires Outaouais à l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec. «Cela se reflète dans les dépenses des ménages pour les biens de consommation, comme une voiture ou des meubles qu’on ne change pas, et plus encore dans l’immobilier, avec le report d’une décision d’acheter ou de faire des rénovations, par exemple.»

Il s’attend toutefois à ce que la situation se stabilise à court terme, probablement dès 2014. D’autant plus qu’à ce rythme, l’objectif de réduction d’effectifs sera vraisemblablement atteint beaucoup plus tôt que prévu.

Mais cet état de fait n’a pas que des conséquences négatives, puisqu’il atténue certaines difficultés de recrutement, souligne Ghislain Régis Yoka, économiste à Emploi-Québec. «Le resserrement de la fonction publique fédérale a permis à d’autres secteurs – le privé et le parapublic, notamment dans l’enseignement et l’administration – d’attirer davantage de candidats.»

De toute façon, fait-il valoir, les compressions fédérales sont un phénomène cyclique que la région a souvent surmonté dans le passé. Il souligne qu’une fois les compressions terminées, le personnel de l’administration publique recommence toujours à croître afin de pouvoir répondre aux besoins de la population, qui augmente sans cesse.

L’industrie forestière se stabilise

L’Outaouais possède un statut unique au Québec : il est à la fois une région urbaine et une région-ressource. Quatre des cinq MRC du territoire sont essentiellement mono-industrielles, axées sur l’industrie forestière. Et cette dernière, qui a beaucoup souffert au cours des dernières années, semble enfin voir la lumière au bout du tunnel.

«Les industriels qui ont survécu à la tempête fonctionnent de façon rentable. Ils commencent à se diversifier et à investir un peu. La reprise est timide mais présente», indique Marc Boily.

Il note, par ailleurs, qu’au printemps 2013, le potentiel minier de la région a été mis en évidence lors d’un colloque sur le sujet. La MRC de Pontiac renferme notamment des gisements de terres rares, qui ont des applications en haute technologie.

Les secteurs du tourisme, de l’agroalimentaire et des technologies de l’information et des commu­nications démontrent également une certaine vigueur et sont en croissance constante.

Les tendances démographiques

L’Outaouais se positionne quatrième parmi les régions du Québec quant à la croissance de sa population et occupe le troisième rang pour ce qui est de l’accueil d’immigrants.

Cependant, elle est aux prises avec un phénomène de migration interne : les jeunes tendent à quitter les MRC rurales pour se diriger vers Gatineau. Si plusieurs le font pour suivre une formation postsecondaire, un grand nombre d’entre eux sont partis à cause des difficultés de l’industrie forestière et ne sont pas revenus, car ils ont trouvé du travail en ville.

Des efforts considérables ont donc été faits pour attirer des immigrants en zone rurale, comme l’indique Chantal Belleau, agente de développement économique et emploi à la Conférence régionale des élus de l’Outaouais.

«Nous travaillons à la régionalisation de l’immigration, et ça fonctionne. Plusieurs dizaines de nouveaux arrivants s’établissent chez nous chaque année avec leur famille. Il y a sur place des organismes qui les aident à s’installer et à trouver du travail pour les conjoints.»

À signaler

  • L’usine de papier Résolu de Gatineau a rouvert ses portes en mai 2013, après avoir été fermée durant trois ans. Parmi les 350 travailleurs mis à pied, 130 ont retrouvé leur emploi. Cette réouverture permet à la scierie de Résolu à Maniwaki d’ajouter un quart de travail pour fournir les copeaux nécessaires à la papetière.
  • L’Université du Québec en Outaouais comptait terminer en décembre 2013 les travaux d’agrandissement de l’ISFORT (Institut des Sciences de la Forêt tempérée) à Ripon, un investissement de 9,5 millions de dollars qui permettra d’accueillir 12 nouveaux chercheurs.
  • Un premier magasin Target a ouvert ses portes à l’automne 2013 dans l’est de Gatineau. Le géant américain du commerce de détail prévoit en ouvrir un deuxième dans le centre-ville en 2014. Ces deux commerces créeront chacun 150 emplois.
  • Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec a amorcé la construction de deux nouvelles écoles primaires à Gatineau en 2013. Les deux établissements, qui doivent ouvrir leurs portes en septembre 2014, accueilleront au total 600 élèves.

Sur le terrain

Fortress Specialty Cellulose, de Thurso, a repris l’ancienne usine de Papiers Fraser au printemps 2010 et l’a convertie pour produire de la pâte à dissoudre destinée à fabriquer de la rayonne, un tissu synthétique. En d’autres termes, votre chemise pourrait provenir d’une papetière!

L’entreprise compte 317 employés, dont environ 225 en usine. «Lorsque nous avons ouvert, l’usine d’Abitibi-Bowater à Gatineau venait de fermer. Nous sommes allés chercher des gens de cette entreprise, en plus d’anciens employés de Papiers Fraser, ce qui nous a donné un sérieux coup de main», explique Marie-Ève Cormier, technicienne en ressources humaines chez Fortress.

L’entreprise est toujours en période d’embauche, en raison d’un roulement constant de personnel. Marie-Ève Cormier précise qu’il n’est jamais facile de trouver des techniciens en électrodynamique. «Le DEC n’est pas offert dans la région. Nous devons recruter à l’extérieur en passant par l’intermédiaire d’agences de placement, par Emploi-Québec ou en publiant des annonces dans les journaux», dit-elle.

L’emploi au Québec

Portrait du marché de l’emploi dans les régions du Québec en 2014


Cet article est tiré du guide Les carrières d’avenir 2014.

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