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Le marché de l’emploi en Mauricie en 2014

Pont_Laviolette

La Mauricie poursuit ses efforts de diversification économique en misant notamment sur l’aérospatiale, l’agroalimentaire et le tourisme. Elle doit toutefois faire face à un vieillissement accéléré de sa population et à une inadéquation entre la formation des personnes sans emploi et les postes disponibles.

«Pour tirer son épingle du jeu, la région doit ­poursuivre sa diversification économique en misant sur des secteurs tels que l’agroalimentaire, l’aérospatiale, le tourisme et la filière métallique», affirme Christian Savard, directeur général de la Conférence régionale des élus de la Mauricie.

D’ores et déjà, 3 700 personnes travaillent dans l’agriculture et la transformation des aliments et boissons. Jules Bergeron, économiste à Emploi-­Québec, constate que l’entrepreneuriat est vigou­reux dans ce domaine. «On voit apparaître et grossir beaucoup de microbrasseries, comme Le Trou du Diable à Shawinigan, ou de petites entreprises innovatrices, par exemple Nutra Canada, qui fabrique des extraits de fruits et de légumes», dit-il.

Idéalement située entre Montréal et Québec, la ­région est en bonne position pour attirer les touristes.

Par ailleurs, la filière métallique permet au secteur de la fabrication de tenir le coup en Mauricie. Elle occupe 3 800 travailleurs dans les sous-secteurs de la première transformation, des produits métalliques et de la machinerie.

«Des entreprises comme Marmen, spécialisée dans l’usinage, la fabrication et l’assemblage mécanique, et Avant-Garde Technologie, manufacturier d’équipement industriel, sont des employeurs importants et font travailler beaucoup de sous-traitants», souligne Pierre Lacoursière, directeur régional du bureau d’affaires Mauricie à l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

La situation est moins rose pour le secteur de la transformation du bois, qui a connu sa part de difficultés au cours des dernières années. Il ne ­représente plus que 15 % des emplois de la région, comparativement à 23 % en 2002. C’est tout de même un peu mieux que la moyenne québécoise, qui se situe à 13 %.

Attirer les navires… et les avions

Plus de 9 700 personnes travaillent dans l’industrie de l’hébergement et de la restauration en Mauricie. Idéalement située entre Montréal et Québec, la ­région est en bonne position pour attirer les touristes, croit Jules Bergeron. «Elle s’efforce notamment de développer le tourisme d’affaires et d’attirer davantage la clientèle internationale», précise-t-il.

L’arrivée de bateaux de croisière à Trois-Rivières met la région en vitrine, tout en ayant un impact économique intéressant grâce aux dépenses effectuées par les passagers. En 2014 et 2015, Trois-Rivières accueillera un total de 7 bateaux de croisière, dont 2 avec plus de 2 000 personnes à bord.

La région ne courtise pas que des croisiéristes; elle souhaite aussi attirer des compagnies d’aviation. Avec ses 600 travailleurs, l’aérospatiale représente un créneau d’avenir pour la Mauricie. L’allongement­ de la piste de l’aéroport de Trois-Rivières, qui peut désormais accueillir les gros porteurs, aidera les entreprises d’entretien d’aéronefs comme Premier Aviation, employeur de 320 personnes et comptant parmi ses clients Air Canada, West Jet et Sunwing.

Ce secteur, qui est encore en développement, ­comprend aussi des fabricants de pièces d’aéronefs et d’hélicoptères comme Placeteco et Delastek. Toutefois, ceux-ci dépendent fortement de la fabrication de la CSeries de Bombardier pour remplir leurs carnets de commandes.

Les tendances démographiques

En 2012, l’âge médian était de 47,5 ans en Mauricie, soit 6 ans de plus que la moyenne québécoise.

La région affichait un solde migratoire négatif chez les 20-24 ans et les 25-29 ans, mais positif chez les 55-59 ans et les 60-64 ans, qui sont nombreux à revenir s’y installer à l’aube de leur retraite. Cela contribue au vieillissement de la population de la région, «la plus âgée du Québec après celle de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine», rappelle Jules Bergeron, économiste à Emploi-Québec.

La quasi-totalité des emplois disponibles d’ici 2016 proviendra des départs à la retraite. «Nous serons donc davantage dans une logique de remplacement pour faire face à ces départs, que dans la création de nouveaux emplois en tant que tels», explique Pierre Lacoursière, directeur régional du bureau d’affaires Mauricie à l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

Malheureusement, «la population sans emploi manque de qualification pour décrocher les emplois offerts», précise Jules Bergeron.

À signaler

  • La construction du District 55, un ­mégacentre de 929 000 m2 qui sera situé au bas du pont Laviolette, débutera au printemps 2014. On y trouvera 2 000 unités résidentielles et des commerces. À terme, ce projet aura mené à la création de 1 500 emplois.
  • L’agrandissement des installations de Marmen­ à Trois-Rivières et l’achat de plusieurs machines-outils par l’entreprise en 2014 généreront une centaine de postes.
  • Rio Tinto Alcan a devancé d’un an le licen­ciement des 425 employés à son aluminerie de Shawinigan. Seul le centre de coulée doit rester ouvert jusqu’en décembre 2014, ce qui occupera 60 employés.
  • En juillet 2013, le chenal de navigation balisé entre Shawinigan et La Tuque a été inauguré. Cet investissement de 1,8 million de dollars vise à attirer 2 000 plaisanciers de plus sur la rivière Saint-Maurice entre 2014 et 2016.
  • L’Entente de partenariat régional en ­tourisme a été renouvelée en avril 2013. Au terme de celle-ci, en 2015, 1,3 million de dollars auront été investis dans divers projets touristiques, comme l’expansion de la Ferme La Bisonnière, qui souhaite accueillir des touristes toute l’année.

Sur le terrain

Kongsberg Automotive, une entreprise de renommée mondiale, compte deux usines et un centre de recherche à Grand-Mère. Plus de 400 employés y travaillent au design, au développement et à la fabrication de produits électroniques et électriques haut de gamme destinés aux véhicules ­commerciaux, routiers et hors route (VTT, motoneiges, motomarines). À lui seul, son centre de recherche emploie une quarantaine d’ingénieurs et de techniciens en génie mécanique, électrique et logiciel.

La région répond aux besoins de main-d’œuvre pour ce qui est des journaliers, des techniciens en génie mécanique et électrique ou du personnel administratif. «Toutefois, il est très difficile de trouver des ingénieurs et du personnel spécialisé, notamment en électronique, qui soient bilingues», soutient Diane Allain, spécialiste des communications chez Kongsberg. Pour les attirer, la compagnie mise beaucoup sur la qualité de vie qu’offre la région et des conditions de travail très compétitives.

L’emploi au Québec

Portrait du marché de l’emploi dans les régions du Québec en 2014


Cet article est tiré du guide Les carrières d’avenir 2014.

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