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Le marché de l’emploi en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine en 2014

Grande-Vallee

Le développement de l’industrie éolienne donne un bon coup de pouce à ce coin de pays traditionnellement dépendant des ressources naturelles et du tourisme. Il faudra malgré tout faire preuve d’imagination pour former les nombreux travailleurs sans emploi, qui peinent à décrocher les postes spécialisés disponibles dans la région.

«L’éolien est le fer de lance de la diversification économique dans la région», indique Gilbert Scantland, directeur général de la Conférence régionale des élus Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. Il souligne l’annonce, en août 2013, d’un appel d’offres par Hydro-Québec pour l’achat de 450 mégawatts d’énergie éolienne, dont 300 devront provenir de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et du Bas-Saint-Laurent, ce qui contribuera à maintenir les quelque 800 emplois qui y sont liés. La construction de nouveaux parcs devrait aussi occuper 1 000 travailleurs.

Si le secteur forestier continue d’éprouver de grandes difficultés, la pêche va mieux grâce à des solutions novatrices.

«L’éolien fait beaucoup parler de lui, mais il est encore jeune, tempère toutefois France Simard, directrice régionale du bureau d’affaires Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine à l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec. Il crée beaucoup d’emplois pendant la phase de construction des parcs, mais beaucoup moins pour leur exploitation.»

Pour soutenir ce secteur, il faudra donc compter sur des contrats comme celui obtenu par l’usine LM Glasfiber de Gaspé, qui fabriquera 1 400 pales d’éoliennes pour la société REpower Canada. Ce projet consolidera pour cinq ans les emplois existants, en plus d’en générer une vingtaine d’autres. Entre 2012 et 2016, Emploi-Québec évaluait que 8 600 personnes prendraient leur retraite et que près de 1 100 nouveaux emplois devraient être créés dans la région. «En plus de l’éolien, la crois­sance devrait venir de l’exploration du pétrole, de l’extraction minière et de l’argile alumineuse», prévoit Alexandra Chabot, économiste à Emploi-Québec.

La pêche 2.0

«Le secteur primaire représente 8,9 % des emplois dans la région, comparativement à 2,3 % dans l’ensemble du Québec», indique Alexandra Chabot. Si le secteur forestier continue d’éprouver de grandes difficultés, la pêche va mieux grâce à des solutions novatrices. Ainsi, les pêcheurs font des efforts pour obtenir des écocertifications.

Il s’agit d’une démarche cruciale parce que certains pays, comme la France, commencent à fermer leur marché aux produits qui ne possèdent pas cette reconnaissance. La crevette nordique, par exemple, se distingue déjà des crevettes de Terre-Neuve ou de la Norvège en raison de ces labels, et le homard est en voie d’obtenir une certification.

En transformation, les usines créent de nouveaux produits innovateurs. Depuis juillet 2013, par exemple, Crevette du Nord Atlantique et Pêcheries Marinard produisent de la poudre de carapaces de crevettes destinée à l’alimentation humaine, plutôt que d’enfouir les carapaces.

Redéfinir le tourisme

Le tourisme est très important pour la région, mais offre surtout des emplois saisonniers. Or, «avec la réforme de l’assurance-emploi visant à forcer les travailleurs saisonniers à occuper tout emploi libre à une certaine distance de chez soi, les entrepreneurs du tourisme ont peur de voir leur main-d’œuvre changer de secteur, ou carrément quitter la région», relève Gilbert Scantland.

Toutefois, l’industrie des croisières contribue à prolonger la saison. Environ 40 000 visiteurs ­débarquent sur la pointe de Gaspé, principalement en septembre et en octobre. Tourisme Québec a d’ailleurs accordé une aide financière de 6,9 millions de dollars à la région pour le développement de croisières internationales.

Les tendances démographiques

L’âge moyen en Gaspésie est plus élevé qu’ailleurs au Québec (45,7 ans comparativement à 41,1) et la région voit sa population diminuer (6 063 habitants de moins qu’en 2001). La proportion de personnes en âge de travailler (15-64 ans) se maintient à 66,5 %, mais plus de la moitié a au-dessus de 45 ans.

Malgré tout, le solde migratoire de la région a été positif en 2009-2010 et 2010-2011, avant d’afficher un léger recul en 2011-2012. On assiste aussi à une diminution de l’exode des jeunes.

Deux tendances influencent l’emploi dans la région. Selon Gilbert Scantland, directeur général de la Conférence régionale des élus Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, les travailleurs de plus de 45 ans ayant perdu des emplois peu qualifiés ces dernières années peinent à pourvoir les postes qui se présentent, par manque de formation.

Cependant, les jeunes qui ont étudié dans les grands centres reviennent au bercail et décrochent des emplois qualifiés assortis de conditions intéressantes.

À signaler

  • EDF Énergies Nouvelles réalisera un parc éolien d’une puissance de 74 mégawatts à Murdochville. Cet investissement de 175 millions de dollars devrait générer 150 emplois durant la construction.
  • L’augmentation substantielle des coûts de construction de l’usine d’Orbite Aluminae, passés de 50 à 106 millions de dollars en quelques mois, a ralenti la réalisation de ce projet. En 2013, 20 personnes travaillaient dans cette usine inachevée, et 15 autres étaient en formation.
  • Transports Canada draguera le fond de la baie de Gaspé pour recueillir les sédiments contaminés au cuivre et aux hydrocarbures. Ce projet de 36 millions de dollars pourrait toutefois provoquer des pertes d’emplois temporaires dans le secteur des pêches si les sédiments contaminent les mollusques ou si le quai devient inaccessible.

Sur le terrain

La cimenterie de Ciment McInnis, à Port-Daniel–Gascons, est en construction et devrait commencer à produire en 2016. Dotée d’une carrière, d’une usine à la fine pointe de la technologie et d’un terminal de réception en eau profonde, elle créera jusqu’à 500 emplois pendant la construction, et environ 150 emplois directs par la suite.

«Nous offrons un très large éventail de postes», explique le PDG, Christian Gagnon. La liste est longue : opérateurs de machinerie lourde, usineurs, soudeurs ou monteurs pour l’entretien de la mécanique fixe ou mobile, techniciens en électricité, ingénieurs miniers, en génie mécanique ou chimique, gestionnaires, et même directeur de l’usine!

Les travailleurs qui produiront le ciment seront formés par l’entreprise. «Pour ces postes, nous recherchons moins des diplômes qu’une volonté d’apprendre», note Christian Gagnon. Ces employés suivront une formation de six mois à temps plein, en plus d’un stage d’un mois dans une autre entreprise.

L’emploi au Québec

Portrait du marché de l’emploi dans les régions du Québec en 2014


Cet article est tiré du guide Les carrières d’avenir 2014.

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