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Le marché de l’emploi en Estrie en 2014

sherbrooke

Le secteur manufacturier est l’un des principaux moteurs de l’emploi en Estrie. Cependant, ce sont les services qui semblent les plus porteurs pour l’avenir de la région, tandis que les technologies de pointe continuent de se tailler une place de choix.

Le secteur des services se porte bien en Estrie et fournira beaucoup d’emplois au cours des prochaines années, selon Hubert Létourneau, économiste à Emploi-Québec. Les sous-secteurs de l’assurance et de l’immobilier, de la santé, des services aux entreprises et des services professionnels sont les plus dynamiques.

Dans le secteur manufacturier, la fabrication de produits métallurgiques et de machines contribue fortement à la croissance économique régionale. Les investissements ont d’ailleurs augmenté de 8 % pour l’ensemble du secteur de la fabrication en 2013 par rapport à 2012, selon Hubert Létourneau.

L’année 2012-2013 a toutefois été marquée par de tristes événements, notamment la fermeture définitive de la mine Jeffrey à Asbestos, l’explosion à l’usine Neptune Technologies & Bioressources à Sherbrooke et le drame survenu à Lac-Mégantic.­ Ces événements ont eu un impact négatif sur l’emploi en Estrie dans les secteurs manufacturier et des services, selon Mariette Larochelle, directrice régionale du bureau d’affaires Estrie à l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

La région ne manque pas de main-d’œuvre qualifiée pour répondre aux besoins des entreprises, compte tenu des nombreux établis­sements d’enseignement présents sur son ­territoire.

De plus, les effets de la plus récente récession se font encore sentir. Puisque 18 % des emplois de la région sont concentrés dans le secteur manufacturier, comparativement à 12 % au Québec, le ralentissement de la croissance économique crée des inquiétudes. «La santé économique des États-Unis a un impact direct sur notre industrie manufacturière, puisque nos entreprises exportent dans ce pays, confirme Hubert Létourneau. Au cours des dernières années, elles ont toutefois diversifié leur marché d’exportation en se tournant vers l’Europe. Par ailleurs, le retour de la croissance économique au Québec et au Canada a aidé à récupérer tous les emplois qui avaient été perdus dans la région.»

Selon Mariette Larochelle, l’Estrie amorce aussi un virage important vers l’économie du savoir. «Avec des infrastructures comme l’Accélérateur de création d’entreprises technologiques [ACET] de Sherbrooke, créé en 2011, la région génère de plus en plus de démarrages d’entreprises dans des secteurs porteurs», estime-t-elle. Louise Bourgault, vice-présidente et directrice générale de la Chambre de commerce de Sherbrooke, abonde dans ce sens. Elle cite en exemple la compagnie Immune Biosolutions, une entreprise spécialisée dans la fabrication d’anticorps à partir d’œufs destinés à la recherche biomédicale. Cette firme, qui a vu le jour grâce au soutien de l’ACET, devrait générer une vingtaine d’emplois sur cinq ans.

Rareté de main-d’œuvre en vue?

La région ne manque pas de main-d’œuvre qualifiée pour répondre aux besoins des entreprises, compte tenu des nombreux établis­sements d’enseignement présents sur son ­territoire. Les départs à la retraite restent toutefois une réalité préoccupante pour l’industrie des pâtes et papiers – regroupant les entreprises Kruger, Cascades et Domtar –, qui aura besoin de quelque 400 opérateurs d’ici 2017. Or, les inscriptions aux programmes de formation menant à des emplois dans le secteur sont insuffisantes.

L’Estrie fait déjà face à une rareté de main-d’œuvre pour certaines professions du domaine de la santé, comme les infirmiers et les préposés aux bénéficiaires. «La région fait d’ailleurs de la promotion à Montréal pour attirer les gens ici», indique Louise Bourgault.

Les tendances démographiques

Comme dans les autres régions du ­Québec, le vieillissement de la population est un enjeu en Estrie. D’ici 2031, le nombre de personnes âgées de 65 ans ou plus devrait augmenter de 80 % et représenter près du quart de la population.

Cette situation poussera probablement à la hausse les taux d’activité et d’emploi des personnes de 55 ans et plus. «On constate déjà que le taux d’activité des 55-59 ans a augmenté de 14,7 % de 2000 à 2012», précise Hubert Létourneau, économiste à Emploi-Québec.

Par ailleurs, la population des 15-64 ans a décru de 17 000 individus entre 2012 et 2013, selon l’Institut de la statistique du Québec. Cette baisse pourrait compliquer le recrutement de main-d’œuvre pour les employeurs de la région. En 2012, l’âge médian des Estriens était de 42,7 ans, comparativement à 41,5 ans pour l’ensemble du Québec.

Le solde migratoire interrégional demeure positif, puisque les jeunes disposent d’un bon réseau d’enseignement postsecondaire, et les retraités apprécient la région et viennent s’y installer.

À signaler

  • Tout en demeurant à Magog, Boréalis a déménagé son siège social en avril 2013 afin de pouvoir réunir sa centaine ­d’employés sous un même toit, créant du même coup une cinquantaine de postes. Cette firme est spécialisée en service-conseil et en conception de logiciels de gestion dans les domaines minier, pétrolier et gazier.
  • Le parc éco-industriel Valoris comprendra bientôt un centre de tri ainsi qu’une usine de biométhanisation visant à valoriser les matières résiduelles et minimiser leurs effets sur l’environnement. Le centre de tri devrait être en activité au début de 2014 et créer une trentaine d’emplois.
  • Les travaux d’agrandissement du Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel, un projet de 31,7 millions de dollars, devraient être finalisés en 2014. La construction du nouveau bâtiment de trois étages, adjacent à l’ancien, permettra de doubler la superficie du centre de recherche.

Sur le terrain

Située à Sherbrooke, l’entreprise Les Aciers Orford est spécialisée dans la fabrication et la pose d’acier d’armature et de treillis métalliques. À la fin de 2013, l’entreprise a terminé l’agrandissement de son usine de fabrication et l’ajout d’une chaîne de production.

La directrice générale, Catherine Marquis, mentionne qu’au moins 20 postes seront créés en 2014. Ce nombre pourrait tripler si le carnet de commandes est bien rempli. L’entreprise recherche des techniciens en génie civil, des estimateurs et des dessinateurs en bâtiment ou en génie civil. «Le recrutement de techniciens, quel que soit le poste, est plus difficile, affirme-t-elle. Il nous arrive d’aller chercher des stagiaires à l’extérieur de la région, à Montréal et à Québec.»

D’ici le printemps 2014, l’entreprise aura terminé la construction d’un nouveau bâtiment qui comprendra une cafétéria, une salle d’entraînement et une garderie. Ces services devraient favoriser l’attraction et la rétention du personnel, selon Catherine Marquis.

L’emploi au Québec

Portrait du marché de l’emploi dans les régions du Québec en 2014


Cet article est tiré du guide Les carrières d’avenir 2014.

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