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Le marché de l’emploi dans le Nord-du-Québec en 2014

mine

Le sous-sol du Nord-du-Québec regorge de richesses. Et malgré le ralentissement du marché des métaux, de nouvelles mines voient le jour. Pendant ce temps, l’industrie forestière reprend du poil de la bête et le secteur touristique continue à se développer.

Le Nord-du-Québec compte sept mines en activité. Mais ce n’est qu’un début, indique Cyrille Djoman, économiste à Emploi-Québec. Car le sous-sol est si riche que la région devrait en avoir au moins 17 en développement ou en exploitation d’ici 2021, selon les prévisions du Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie des mines. Le Nord-du-Québec détrônerait alors l’Abitibi-Témiscamingue en tant que principale région minière du Québec.

Le secteur minier occupait 3 140 personnes en 2011. D’ici les sept prochaines années, on s’attend à ce que plus de 10 500 postes soient à pourvoir pour répondre aux besoins générés par les nouveaux projets, les départs à la retraite et le roulement de personnel.

Toutefois, le ralentissement de la demande de minerais à l’échelle mondiale se fait sentir, ce qui retarde quelques mises en chantier. Par exemple, le démarrage du mégaprojet du producteur de diamants Stornoway est plus complexe que prévu. La mine, qui sera située à 350 kilomètres au nord de Chibougamau, emploiera 450 personnes en 2015… dès que l’étape du financement sera bouclée.

«En tout et pour tout, les pertes d’emplois ont été peu nombreuses et elles ont surtout affecté les activités d’exploration. Lorsque les prix des métaux repartiront à la hausse, l’exploration se remettra en marche», estime Chantal Routhier, économiste au Mouvement Desjardins.

Et signe que le ralentissement minier n’affecte pas tous les projets, la mine d’or Éléonore de Goldcorp inaugurera ses opérations, tel que prévu, à la fin de 2014. «Il y a déjà près de 600 travailleurs sur le chantier», dit Cyrille Djoman. Goldcorp prévoit augmenter ses effectifs à au moins 800 employés par la suite.

La forêt reprend ses couleurs

Après des années de vaches maigres, l’industrie forestière s’est stabilisée. Rachetée par Fortress Paper, l’ancienne usine Domtar de Lebel-sur-Quévillon s’est reconvertie dans la production de pâte destinée à la fabrication de rayonne, un tissu synthétique utilisé dans la confection de vêtements. Elle a pu ainsi conserver ses 300 employés. Pour sa part, Produits forestiers Résolu a investi neuf millions de dollars dans son usine de Lebel-sur-Quévillon.

Par ailleurs, l’entreprise Chantiers Chibougamau s’est tirée d’affaires grâce à des contrats octroyés par des minières. Cette compagnie de plus de 600 employés a notamment construit une quinzaine de ponts en bois sur la route menant au site de Stornoway. Malgré cette embellie, rien n’est encore gagné, et les économistes demeurent prudents.

Tourisme nordique

«De plus en plus de gens du Sud veulent vivre des expériences nordiques. Que ce soit pour voir des ours polaires, des icebergs ou faire des excursions», dit Sandra Lafleur, directrice du bureau d’affaires Abitibi-Témiscamingue – Nord-du-Québec à l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

Afin de rehausser l’offre touristique de la Baie-James, Tourisme Québec, Tourisme Eeyou Istchee et l’Administration régionale crie ont conclu en août 2013 une importante entente, qui prévoit des investissements de 1 425 000 $ d’ici 2015.

Les tendances démographiques

Selon l’Institut de la statistique du Québec, 36,4 % des habitants de la région ont moins de 20 ans, comparativement à 21,4 % à l’échelle québécoise. Toutefois, avec 43 000 habitants, le Nord-du-Québec est également la région la moins peuplée du Québec. «Le bassin démographique est insuffisant pour répondre aux besoins en main-d’œuvre», constate Cyrille Djoman, économiste à Emploi-Québec.

Par ailleurs, les travailleurs miniers qui exercent leur métier dans des zones éloignées ne font pas leur vie dans la région. Ils habitent dans des campements pendant un certain temps, puis retournent à la maison par avion afin d’y passer leurs vacances.

Par contre, lorsque les sites miniers sont situés près des villes, les déménagements permanents sont favorisés. Avec ses 7 500 habitants, Chibougamau est la plus grande ville de la région. «Beaucoup de gens pourraient s’y établir afin d’ouvrir des commerces ou travailler dans les services de santé et d’éducation», dit Cyrille Djoman.

À signaler

  • Tourisme Québec investira 521 000 $ pour la construction du bâtiment principal du relais routier du kilomètre 381 sur la route de la Baie-James. Le bâtiment aura une capacité d’hébergement de 20 chambres. Des emplois permanents seront créés, mais on ne sait pas encore combien. Ce relais, qui comprend un poste d’essence, est le seul entre Matagami et Radisson, sur une route de plus de 700 kilomètres.
  • Métaux BlackRock envisage l’exploitation d’un gisement de fer et de vanadium – un métal rare qui augmente la résistance de l’acier –, situé à environ une heure de route de Chibougamau. Ce projet, qui nécessitera des investissements d’un milliard de dollars, pourrait être lancé d’ici l’été 2015 et créera de 250 à 320 emplois. BlackRock doit cependant obtenir les autorisations environnementales nécessaires.
  • L’entreprise Chantiers Chibougamau fabriquera la structure en bois de la toiture du futur centre de soccer intérieur de Montréal et du nouveau centre d’entraî­nement des Sabres de Buffalo, de la Ligue nationale de hockey. Des contrats d’une valeur totale de 10 millions de dollars, qui consolident les quelque 600 emplois de la compagnie.

Sur le terrain

La compagnie Services métallurgiques Metchib est située à Chibougamau. Employant sept personnes à temps plein, la PME se spécialise dans l’analyse du minerai en laboratoire.

«Par exemple, supposons qu’un site minier dispose de 500 000 tonnes de minerai. Nous chercherons à déterminer, en analysant des échantillons, comment il faut s’y prendre pour extraire les métaux précieux qui s’y trouvent, et aux meilleures conditions possible», explique le président, Jonathan Lapointe. La compagnie emploie des ingénieurs, un technicien d’analyse de minéraux et un diplômé du DEP en conduite de machines de traitement du minerai.

L’entreprise effectue des analyses pour des minières au Canada, aux États-Unis et même en Afrique. «Metchib prend de l’expansion», dit Jonathan Lapointe. Cependant, il n’est pas simple d’attirer de nouveaux employés à plus de 500 et 700 kilomètres de Québec et de Montréal. «Bien que Chibougamau offre beaucoup à ceux qui veulent une vie familiale et rester proches de la nature, nous pensons développer le travail à distance», indique le président.

L’emploi au Québec

Portrait du marché de l’emploi dans les régions du Québec en 2014


Cet article est tiré du guide Les carrières d’avenir 2014.

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