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Le marché de l’emploi dans le Centre-du-Québec en 2014

drummondville

Grâce à l’ambition de ses entrepreneurs et à la présence de grandes entreprises étrangères, le Centre-du-Québec profite d’une économie qui carbure à la production manufacturière. Et l’arrivée d’un nouveau campus universitaire rendra bientôt la région encore plus compétitive.

«Le Centre-du-Québec est le champion de la fabrication manufacturière», souligne Éric Lampron, analyste du marché du travail à Emploi-Québec. Ce secteur représente près d’un emploi sur quatre, la proportion la plus élevée parmi les dix-sept régions du Québec.

Une place que le Centre-du-Québec n’abandonnera pas de sitôt, d’autant plus que ses parcs industriels continuent de s’étendre. La MRC d’Arthabaska en a ouvert deux en 2013, et la municipalité de Plessisville agrandira le sien de 278 700 m2.


La région a dix secteurs industriels. Quand un secteur va moins bien, d’autres prennent le relais.
– Martin Dupont, Société de développement économique de Drummondville

Et les projets d’investissement se succèdent à bon rythme. Soprema, filiale d’une multinationale française, injectera 43 millions de dollars pour la construction d’une usine spécialisée en fabrication de matériaux d’étanchéité. Une fois terminée, fin 2014 ou début 2015, l’usine emploiera 55 personnes.

Le fabricant d’échangeurs d’air Aldes Canada, quant à lui, doublera sa production et créera une centaine d’emplois en 2014 grâce à un investissement de 3,1 millions de dollars.

À Bécancour, la compagnie indienne IFFCO Canada pourrait investir 1,2 milliard de dollars dans la construction d’une usine d’engrais. Ce projet, qui mènerait à la création de 200 à 300 emplois, ira de l’avant en 2017 s’il obtient les autorisations environnementales nécessaires et si l’étude de faisabilité est positive.

Toujours à Bécancour, Innovation Metals Corp. envisage d implanter une usine de traitement de terres rares, des minéraux qui entrent dans la fabrication de produits de haute technologie. La réalisation de ce projet de 300 millions de dollars pourrait créer 300 emplois. La mise en chantier repose toutefois sur l’évolution de la demande de terres rares à l’échelle mondiale.

Dynamisme local

La région regorge aussi d’entrepreneurs dynamiques. «Plusieurs compagnies régionales ont débuté comme sous-traitantes. Avec le temps, elles ont développé leurs propres produits et elles ont élargi leur clientèle», dit Georges Arseneau, directeur du bureau d’affaires Centre-du-Québec à l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

C’est le cas du Groupe Soucy. À l’origine fabricante de pièces pour Bombardier, la compagnie a lancé en 2012 un projet de modernisation et de diversification de ses usines. Quelque 300 nouveaux emplois vont s’ajouter progressivement aux 1 325 existants.

Un autre ancien sous-traitant, Annexair, a acquis un terrain de 157 930 m2 à Saint-Germain-de-Grantham pour la construction d’une nouvelle usine, ce qui créera des emplois.

«La région a dix secteurs industriels. Quand un secteur va moins bien, d’autres prennent le relais», dit Martin Dupont, directeur général de la Société de développement économique de Drummondville.

Par ailleurs, l’Université du Québec à Trois-Rivières ouvrira un campus à Drummondville à l’automne 2015. Au cours de ses deux premières années d’activité, le campus accueillera annuellement 500 étudiants, puis 1 000 par la suite. «La région gardera davantage ses jeunes et deviendra encore plus compétitive», dit Éric Lampron.

Les tendances démographiques

Comme ailleurs dans la province, la population du Centre-du-Québec vieillit. Par conséquent, les jeunes sont moins nombreux. En 2012, les jeunes de 0 à 29 ans formaient le tiers (33,9 %) de la population régionale, comparativement à 40,2 % en 1996, selon les dernières données de l’Institut de la statistique du Québec. La proportion des 65 ans et plus a grimpé à 17,8 % de la population, comparativement à 12,7 % en 1996.

Ce vieillissement a de profonds effets sur le marché du travail. «Une enquête réalisée en 2013 auprès des entreprises du Centre-du-Québec montre que 49 % d’entre elles anticipent des difficultés de recrutement. C’est notamment lié au nombre important de départs à la retraite qui surviendront au cours des prochaines années», signale Éric Lampron, d’Emploi-Québec.

Toutefois, par rapport aux autres régions, il y a plus de naissances dans le Centre-du-Québec. L’indice de fécondité y est de 1,97 enfant, comparativement à 1,68 pour la moyenne québécoise. Et l’âge moyen de la maternité, 28,8 ans, est également plus bas que la moyenne à l’échelle de la province, qui est de 30,2 ans.

À signaler

  • Situé à Drummondville, le constructeur de charpentes métalliques Structure d’acier BRL 2000 a investi 5 millions de dollars pour l’aménagement d’une usine de 3 900 m2. Au début de 2014, de 15 à 20 nouveaux emplois s’ajouteront aux 45 existants.
  • L’entreprise Planchers de bois franc ­Wickham a injecté quatre millions de dollars pour l’agrandissement de son usine de Wickham et l’achat de nouveaux équipements. La centaine d’emplois existants sera consolidée.
  • L’entreprise RER Hydro a lancé un projet de 130 millions de dollars pour construire la première fabrique d’hydroliennes au monde à Bécancour. Plus de 600 emplois directs et indirects pourraient être créés au cours des cinq prochaines années. L’usine pourra produire 500 hydroliennes annuellement.
  • Minéraux rares Quest installera un complexe de 1,3 milliard de dollars à Bécancour pour traiter des terres rares. L’entreprise prévoit la création de 500 emplois pendant la construction de l’usine, et de 300 postes lors de son entrée en fonction, en 2017.


Sur le terrain

Sixpro, un fabricant en revêtement de surfaces métalliques, emploie 190 personnes. Environ 80 % du personnel – peintres industriels, journaliers et superviseurs – travaille à l’usine. Les 20 % restants – service à la clientèle, personnel administratif et informaticiens – exercent leurs fonctions dans les bureaux.

«Depuis 2011, il est devenu difficile de recruter parce que la région a presque atteint le plein emploi. On demande à nos employés de nous proposer des candidatures, et si on embauche parmi ces personnes, les employés qui nous les ont envoyées reçoivent alors des bonis», dit Richard Bourbeau, PDG et propriétaire de l’entreprise.

La compagnie Sixpro préfère former elle-même ses futurs représentants et spécialistes du service à la clientèle. «Ce que l’on fait n’est pas enseigné dans les écoles. Par exemple, un représentant doit connaître à fond les propriétés des différents métaux. Ce qui ne s’apprend qu’à l’usine», dit Richard Bourbeau.

À l’usine même, Sixpro favorise la formule du compagnonnage. C’est ainsi que les peintres industriels transmettent leurs connaissances à ceux qui veulent exercer ce métier.

L’emploi au Québec

Portrait du marché de l’emploi dans les régions du Québec en 2014


Cet article est tiré du guide Les carrières d’avenir 2014.

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