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Le marché de l’emploi dans le Bas-Saint-Laurent en 2014

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L’embauche dans l’industrie éolienne est au ralenti et la situation demeure difficile en foresterie. En revanche, la fabrication des trains et wagons de métro est repartie de plus belle à La Pocatière, et le Bas-Saint-Laurent continue à prendre le virage de l’économie du savoir.

Au Québec, la construction d’éoliennes a ralenti et l’impact s’en fait sentir dans le Bas-Saint-Laurent. «Après une croissance fulgurante au cours des dernières années, le volume d’emplois ne devrait pas augmenter. Des postes seront toutefois disponibles à cause des départs à la retraite et du roulement de la main-d’œuvre», affirme Alexandre Gauthier Belzile, économiste à Emploi-Québec.

Pour faire tourner les usines et maintenir les quelque 600 emplois dans la région, les fabricants devront augmenter leurs exportations et développer d’autres marchés comme l’éolien marin ou l’éolien en milieu nordique. Ils espèrent aussi pouvoir bénéficier du dernier appel d’offres pour l’achat de 450 mégawatts d’énergie éolienne par Hydro-Québec, annoncé en août 2013.

Le Centre Bombardier de La Pocatière a embauché une vingtaine d’employés pour réaliser les contrats des métros de Montréal et de New York.

Un bloc de 300 mégawatts devra provenir du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. «Ce bloc fera tourner les usines des fabricants de la MRC de La Matanie jusqu’en 2019», prévoit Alexandre Gauthier Belzile.

C’est en 2025 que les premiers parcs éoliens du Québec atteindront leur fin de vie utile. Leurs équipements devront alors être remplacés, ce qui remplira à nouveau les carnets de commandes des fabricants. «Le défi consiste à tenir le coup jusque-là», dit l’économiste d’Emploi-Québec.

La crise du bois se poursuit

Lourdement frappée par la récession de 2008-2009, l’industrie du bois se relève peu à peu. «La crise continue, mais les entreprises qui ont survécu sont devenues plus efficaces. Elles ont amélioré leur productivité», souligne Pierre Roberge, directeur régional du bureau d’affaires Bas-Saint-Laurent à l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

Quelques producteurs de bois ont ainsi élargi leurs marchés à l’extérieur du Québec et des États-Unis. «L’industrie développe aussi d’autres produits, comme la biomasse forestière», ajoute Alexandre Gauthier Belzile.

Par ailleurs, les autorités gouvernementales ont augmenté de près de 50 % la portion de la forêt publique accessible aux usines de sciage. Cela devrait favoriser des entreprises qui manquent de matière première, par exemple le Groupe Lebel de Rivière-du-Loup. Cette compagnie, qui emploie 350 personnes, fabrique notamment des cabanons de bois prêts à assembler.

À La Pocatière, c’est reparti!

Au printemps 2013, le Centre Bombardier de La Pocatière a embauché une vingtaine d’employés pour réaliser les contrats des métros de Montréal et de New York. Au total, l’usine emploie environ 600 personnes.

Une grappe industrielle axée sur le matériel de transport se développe aussi dans la région. «Certains sous-traitants de Bombardier exportent maintenant leurs produits un peu partout dans le monde», dit Gilles Gagnon, adjoint à la direction, volet Innovation et développement économique à la Conférence régionale des éluEs du Bas-Saint-Laurent. Technologies Axion, un fabricant de systèmes audio et vidéo pour les transports, exporte en Grande-Bretagne, en Finlande et au Mexique.

Ces entreprises basées sur la «matière grise» sont de plus en plus nombreuses. «La recherche et développement dans les domaines de la forêt, de la tourbe et de l’agriculture jouent un rôle grandissant dans la région», confirme Gilles Gagnon.

Les tendances démographiques

La population du Bas-Saint-Laurent vieillit rapidement. En 2002, les plus de 45 ans représentaient près de 40 % de la population de la région. Dix ans plus tard, cette proportion avait grimpé à 47 %. «Cela favorise le pouvoir de négociation des jeunes travailleurs», affirme Alexandre Gauthier Belzile, économiste à Emploi-Québec.

Par exemple, il y a quelques années, les offres d’emploi qualifié suscitaient souvent plus de 10 candidatures. «Aujourd’hui, on recevrait seulement deux ou trois curriculum vitæ», dit-il. Les occasions d’emploi sont aussi plus nombreuses en raison des départs à la retraite. Selon ses dernières prévisions, Emploi-Québec évaluait que 18 000 postes seraient disponibles entre 2012 et 2016, dont 16 500 liés aux départs à la retraite. «Et cette vague ne s’arrêtera pas en 2016», prévoit Alexandre Gauthier Belzile.

À signaler

  • Fermée en février 2012, la cartonnerie ­RockTenn de Matane sera transformée en centrale électrique. On y produira l’énergie à partir de matières résiduelles organiques. La construction de la centrale permettra l’embauche d’une centaine de personnes. Par la suite, une quarantaine de travailleurs seront affectés à son exploitation. Les premiers mégawatts seront produits à l’été 2015.
  • Gaudreau Environnement investira cinq millions de dollars à Rimouski afin de construire un centre administratif. Spécialisée dans la gestion des matières résiduelles, la compagnie a choisi Rimouski comme lieu de gestion de ses activités du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. Le projet consolide une trentaine d’emplois existants et en créera cinq autres.
  • Canac s’implante à Rimouski et injecte cinq ­millions de dollars pour la construction d’un magasin de quincaillerie et de matériaux de construction. Le commerce devait ouvrir ses portes à la fin de 2013 et offrir de 75 à 80 emplois.


Sur le terrain

Situé à Rivière-du-Loup, le fabricant de portes et fenêtres Lepage Millwork est en expansion depuis 2002. «Nous avons réussi à traverser la crise de 2008-2009, car nous fabriquons des produits haut de gamme et sur mesure», dit Mélanie Binette, directrice des ressources humaines.

Les choses vont si bien que cette entreprise de 300 employés est en train d’agrandir ses installations. Une trentaine de nouveaux postes seront créés à la fin des travaux, au début de 2014.

Certains types d’emplois sont difficiles à pourvoir. «Les soudeurs, les mécaniciens industriels et les électromécaniciens sont très demandés. Il faut parfois recruter à l’extérieur de la région», précise Mélanie Binette.

Dans les bureaux, les spécialistes en marketing et les personnes chargées du service à la clientèle doivent avoir une très bonne maîtrise de l’anglais, puisque Lepage Millwork exporte la moitié de sa production aux États-Unis. «Là aussi, nous avons des difficultés de recrutement», convient la directrice des ressources humaines.

L’emploi au Québec

Portrait du marché de l’emploi dans les régions du Québec en 2014


Cet article est tiré du guide Les carrières d’avenir 2014.

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