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Le marché de l’emploi dans Lanaudière en 2014

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Avec un bon taux de croissance de l’emploi et une population en augmentation, la région de Lanaudière se taille une place de plus en plus remarquée dans le paysage économique du Québec.

Lanaudière affiche, avec les Laurentides, le taux de croissance annuel moyen de l’emploi le plus élevé de la province (1,5 %). Le secteur tertiaire occupe une place importante dans la région, principalement grâce à l’essor démographique. Il s’agit de la deuxième région dont la croissance de la population est la plus rapide après Laval, ce qui accentue les besoins en services, comme en santé et en éducation.

Pierre Lacoursière, directeur régional à l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, indique d’ailleurs que 72 % de la main-d’œuvre de Lanaudière travaille dans ce secteur d’activité, qui n’est pas près de se tarir. En effet, celui-ci devrait croître en moyenne de 1,8 % chaque année d’ici 2016.

L’économie de la région est diversifiée. Si un secteur perd un contrat, cela n’a pas d’impact sur le marché du travail global.
–Corinne Desfossés, Emploi-Québec

L’augmentation de la population génère aussi un boum dans le domaine de la construction. Le taux de croissance annuel moyen de l’emploi prévu dans ce champ d’activité est de 1,5 % pour la période 2012-2016. «Un travailleur de Lanaudière sur dix travaille dans la construction, et la majorité des investissements annoncés en 2013 concernent ce secteur», souligne Corinne Desfossés, économiste à Emploi-Québec.

Signe que la croissance démographique contribue à alimenter ce domaine, le Cégep régional de Lanaudière à Terrebonne agrandit ses locaux, tandis que la Commission scolaire des Affluents fera construire 4 gymnases et 63 classes répartis dans 7 écoles en 2014-2015.

Une économie solide et diversifiée

La dernière récession a eu peu d’effets sur l’économie régionale, bien que les industries du plastique et de la forêt aient été fragilisées et aient subi des pertes d’emplois. «Cependant, la reprise de la construction aux États-Unis laisse croire que les pires moments sont derrière nous et qu’une certaine activité va reprendre en foresterie, un secteur important dans le nord de Lanaudière», estime Pierre Lacoursière.

«L’économie de la région est diversifiée. Par conséquent, si un secteur perd un contrat, cela n’a pas d’impact sur le marché du travail global, souligne Corinne Desfossés. Ainsi, malgré le ralentissement économique, les investissements ont atteint un sommet historique à 3,6 milliards de dollars en 2012 dans Lanaudière.»

L’absence de centres collégiaux de transfert de technologie, à l’image du Centre de développement des composites du Québec, à Saint-Jérôme, dans les Laurentides, nuit toutefois à la région, déplore Pierre Lacoursière. Selon lui, la mise sur pied d’un établissement de ce genre permettrait de créer de l’emploi dans Lanaudière, d’améliorer la productivité des entreprises et d’assurer leur pérennité. «Pour décrocher un contrat, il faut que nos entreprises offrent des prix concurrentiels. Certains produits sont en compétition avec ceux de la Chine et du Brésil. La solution est de réduire les coûts de production des entreprises et d’augmenter leur productivité par l’innovation, notamment», estime-t-il. Néanmoins, cela demeure encore à l’état de projet et rien ne semble indiquer une concrétisation à court terme.

Les tendances démographiques

Entre 2006 et 2011, le nombre d’habitants a augmenté de 10 % dans Lanaudière. Cette croissance représente plus du double de celle observée à travers la province, qui s’élève à 4,7 %. «Notre solde migratoire est positif, note Corinne Desfossés, économiste à Emploi-Québec. Ce sont souvent de jeunes familles qui viennent s’établir chez nous. Nous sommes l’une des régions où le poids démographique des moins de 20 ans est le plus élevé au Québec. Les retraités sont également nombreux à s’installer.»

«Les gens restent parce qu’il y a de l’emploi chez nous, ce qui améliore notre développement économique par rapport à d’autres régions du Québec», mentionne pour sa part Guy Raynault, directeur général de la Conférence régionale des élus(es) Lanaudière. Toutefois, le solde migratoire positif tend à s’amenuiser. Selon l’Institut de la statistique du Québec, le taux net de nouveaux arrivants a diminué de façon constante au cours des dernières années, passant de 1,23 % en 2007-2008 à 0,88 % en 2011-2012.

À signaler

  • Le Train de l’Est devrait être mis en service à la fin de 2014. Il permettra de combler le manque d’infrastructures permanentes de transport collectif desservant l’est de Montréal et la banlieue nord-est de la région métropolitaine. Ce projet d’envergure pour l’Agence métropolitaine de transport comporte notamment la construction de 10 nouvelles gares. Cette ligne pourra accueillir 5 500 passagers en période de pointe.
  • Le quartier écoresponsable Urbanova, formé d’îlots et situé à Terrebonne, pourra accueillir jusqu’à 35 000 nouveaux résidents d’ici 20 ans.
  • Un nouveau CHSLD devrait ouvrir ses portes à l’été 2014 à Terrebonne. Le Centre d’hébergement des Moulins, qui représente un investis­sement de 20 millions de dollars, aura une capacité de 100 lits et créera plus de 150 emplois.
  • La construction d’un supermarché Metro Plus et d’une dizaine d’autres commerces s’achèvera au début de 2014 dans la MRC de L’Assomption. À lui seul, le Metro Plus entraînera la création d’une centaine d’emplois.
  • Le fabricant de pneus Bridgestone Canada investira 38,4 millions de dollars pour accroître la productivité des installations de son usine de Joliette. Ce plan consolidera les 1 300 emplois de l’usine et contribuera au maintien des activités de ses fournisseurs de la région et de partout au Québec.

Sur le terrain

La chaîne de rôtisseries Benny&Co. possède 30 restaurants un peu partout au Québec, dont 8 dans Lanaudière, région d’origine des frères Benny. En 2013, 250 personnes travaillaient dans les succursales lanaudoises.

La vice-présidente aux ressources humaines, Andrée Tousignant, affirme que chaque ouverture de restaurant permet de créer 25 emplois (gestionnaires, chefs d’équipe, rôtisseurs, aides-cuisiniers et caissiers). «D’ici trois ans, nous prévoyons inaugurer deux autres restaurants dans la région», dit-elle.

Même si elle parvient à mettre la main sur des travailleurs qualifiés, l’entreprise leur fournit une formation complémentaire, débouchant sur une attestation de ­reconnaissance professionnelle.

Pour favoriser la rétention de ses employés, la chaîne de restauration rapide propose, entre autres, des horaires flexibles et des possibilités d’avancement intéressantes. «Nous offrons également une prime aux employés lorsqu’une personne qu’ils nous ont envoyée est embauchée», précise Andrée Tousignant.

L’emploi au Québec

Portrait du marché de l’emploi dans les régions du Québec en 2014


Cet article est tiré du guide Les carrières d’avenir 2014.

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