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Le marché de l’emploi au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2014

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Le Saguenay–Lac-Saint-Jean vit un renversement des tendances dans les deux filières motrices de son économie : l’industrie forestière commence à voir la lumière au bout du tunnel, alors que celle de l’aluminium connaît un ralentissement en raison d’une chute de prix sur les marchés internationaux.

«Le sourire commence à revenir sur les visages des scieurs», souligne Donald Hudon, directeur régional du bureau d’affaires Saguenay–Lac-Saint-Jean à l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

Bien qu’il ne soit pas encore question d’une relance de l’industrie forestière, les signes sont encourageants, confirme Marc-Antoine Tremblay, économiste à Emploi-Québec. «Le prix que nos scieries peuvent obtenir pour le bois de sciage a augmenté en 2013», dit-il, précisant que le nombre de mises en chantier aux États-Unis, principal marché pour le bois d’œuvre, avait dépassé le million dans les premiers mois de 2013.

Quant au papier, même si le prix du papier journal demeure en baisse, celui de la pâte kraft, utilisée pour les papiers d’emballage par exemple, est reparti à la hausse.

À l’opposé, l’industrie de l’aluminium subit les contrecoups de la chute des prix. La valeur d’une tonne de ce métal a dégringolé à environ 1 700 $ durant l’année 2013, comparativement à un sommet de 3 200 $ en 2008.

Ralentissement dans la filière aluminium

Rio Tinto Alcan, qui avait des projets d’investissement de 3,6 milliards de dollars dans ses alumineries d’Alma et de Jonquière, a complété et mis en production en 2013 la première phase de l’usine AP60 de Jonquière, la plus moderne au monde.

Toutefois, l’entreprise a aussi annoncé au cours de la même année la mise en veilleuse des phases 2 et 3. Le report de cet investissement de plus de 1 milliard de dollars s’ajoute à la mise sur la glace de l’agrandissement de 1,3 milliard de dollars de l’aluminerie AP30, à Alma.

Par conséquent, équipementiers et fournisseurs de ces alumineries subissent des dommages collatéraux que Marc-Antoine Tremblay décrit comme étant un essoufflement et un ralentissement, mais pas au point de créer des pertes d’emplois.

De l’espoir

L’avenir n’est pas sombre pour autant, fait cependant remarquer Claudia Fortin, directrice générale du Centre local de développement de la ville de Saguenay. «L’AP60 est une vitrine technologique et nos entreprises y ont développé une grande expertise qui leur permettra de participer à la construction d’usines similaires à l’extérieur.»

Elle note aussi que, malgré ce ralentissement, les entreprises de construction ont su tirer leur épingle du jeu dans leur champ d’activité respectif en transportant l’expertise acquise durant la ­construction des barrages Péribonka et Eastmain-1-A vers le mégachantier de la Romaine, sur la Côte-Nord.

La région se découvre également un potentiel minier intéressant avec des projets d’investissement importants. IAMGOLD, qui exploite la mine de niobium Niobec à Saint-Honoré, prévoit ajouter 200 employés aux 400 déjà sur place grâce à des investissements de 1,4 milliard de dollars afin de tripler sa production. Un autre projet de mine de niobium de la compagnie MDN, qui créerait 125 emplois, est aussi dans les cartons à Girardville.

Par ailleurs, le déboisement a commencé en marge du projet de la compagnie Arianne Phosphate pour la construction d’une mine de phosphate destiné à la production d’engrais minéraux, au lac Paul. Cet investissement de 1 milliard de dollars devrait générer 300 emplois, à terme.

Les tendances démographiques

Après des années d’érosion de sa popu­lat­ion au profit des autres régions, le Saguenay–Lac-Saint-Jean a enfin vu le solde migratoire interrégional se stabiliser en 2010-2011, et même connaître une modeste hausse en 2011-2012.

Claudia Fortin, directrice générale du Centre local de développement de la ville de Saguenay, note qu’avec des taux d’emploi plus robustes, l’exode des jeunes s’est résorbé, exception faite de ceux qui quittent pour suivre des études postsecondaires. «Mais ils reviennent parce qu’il y a de l’emploi, et ils sont attirés par la qualité de vie», dit-elle.

La région n’échappe toutefois pas au vieillissement. «Le Cégep de Jonquière dit avoir des difficultés à remplir les classes de ses programmes techniques, même si les taux de placement frôlent 100 %.

Au Cégep de Saint-Félicien, on sait qu’il va y avoir des débouchés en foresterie, mais on est incapable de recruter des étudiants pour le programme», dit Donald Hudon, directeur régional du bureau d’affaires Saguenay–Lac-Saint-Jean à l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

À signaler

  • Amorcée à la fin de 2012, la construction du nouveau centre de détention de Roberval sera complétée en 2014. Cette infra­structure de 115 millions de dollars aura créé 250 emplois pendant sa construction, auxquels s’ajouteront une centaine de postes permanents par la suite.
  • Les Serres Belle de jour de Saint-Nazaire ont investi 2,2 millions de dollars en efficacité énergétique en 2013, permettant des économies en frais de chauffage de 225 000 $ par année. Cette mesure aidera à consolider les 55 emplois.
  • L’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) a inauguré en 2013 son Centre de transfert et de développement d’affaires, un investissement de 22 millions de dollars qui permet déjà aux entreprises d’utiliser un équipement ultramoderne de soudage par malaxage de l’aluminium.

Sur le terrain

La Fromagerie Boivin, à Saguenay, a obtenu en 2013 un important contrat pour la fabrication des bâtonnets de fromage aMOOza!, de Kraft. Du coup, l’entreprise a dû porter le nombre de ses travailleurs de 110 à 125.

«Nous n’avons pas de difficulté à trouver des employés. Nous sommes chanceux parce que Saguenay offre un bassin de population important, mais aussi parce que les fermetures dans le secteur du papier et des scieries nous ont fourni une réserve de travailleurs», explique le directeur général, Luc Boivin.

L’entreprise a à son service des préposés à la clientèle, des chauffeurs de camions, des opérateurs et mécaniciens de machines ainsi que différents professionnels en génie et en alimentation. Par ailleurs, la formation des employés recrutés ne suffit pas toujours. «Il faut donner beaucoup de formation à l’interne pour répondre aux normes alimentaires actuelles», précise Luc Boivin.

L’expertise est aussi très prisée, ajoute-t-il. L’entreprise a notamment embauché la fromagère de sa concurrente Les Bergeries du Fjord, lorsque celle-ci a fermé ses portes, en août 2013.

L’emploi au Québec

Portrait du marché de l’emploi dans les régions du Québec en 2014


Cet article est tiré du guide Les carrières d’avenir 2014.

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