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Le marché de l’emploi à Laval en 2014

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La croissance économique de Laval se heurte à une contrainte majeure : il y a de moins en moins d’espace disponible sur l’île Jésus, de sorte que les décideurs doivent repenser la nature du développement à venir.

La croissance lavalloise connaît une certaine baisse de régime après des années fastes marquées par des investissements qui atteignaient 1,5 milliard de dollars en 2012. La construction ralentit, en particulier dans les secteurs résidentiel et institutionnel. «Le marché du condo s’essouffle un peu», explique Gilbert LeBlanc, vice-président – Développement, ­investissement et immobilier à Laval Technopole, d’où la baisse du côté ­résidentiel. Quant au secteur institutionnel, la fin de la réfection des quatre usines d’épuration des eaux de la ville vient plomber les chiffres.

Il faut toutefois préciser que l’on parle seulement d’un ralentissement de la croissance. En d’autres termes, celle-ci est toujours au rendez-vous, même si elle ralentit un peu, souligne Jean-Olivier ­Guillemette, économiste à Emploi-Québec. «Nous avions atteint en 2012 un sommet historique du nombre de personnes en emploi à Laval, à 213 200. Les données du premier semestre de 2013 indiquent que la hausse se poursuit, avec 216 900 Lavallois en emploi, et que le taux de chômage diminue à 6,4 %, ce qui est très bas.»

Le commerce de gros et de détail demeure cependant l’un des secteurs les plus importants­ à Laval, employant un travailleur sur cinq.

Mais les acteurs économiques savent bien que le territoire n’est pas élastique et qu’il ne reste plus beaucoup de place pour le développement ­industriel, qui exige davantage de surface. Laval Technopole, qui concentrait ses efforts sur cinq pôles de développement – agroalimentaire, biotechnologies et pharmaceutique, technologies­ de l’information et des communications, manufacturier, récréotouristique – a élargi son champ d’activité en ajoutant un sixième pôle en 2013 : entreprises de services et sièges sociaux.

«On sent que Laval est un joueur des ligues ­majeures du côté des sièges sociaux», souligne Marie-José Reid, directrice régionale du bureau d’affaires Grand Montréal à l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec. À cet effet, elle estime judicieuse la décision de la Ville de développer des espaces agréables à fréquenter, notamment le Centropolis. «Les entreprises peuvent proposer à leurs employés un milieu de vie qui offre aussi la possibilité de sortir sans devoir se rendre au centre-ville de Montréal.»

De gros joueurs

Le commerce de gros et de détail demeure ­cependant l’un des secteurs les plus importants­ à Laval, employant un travailleur sur cinq. ­Néanmoins, dans ce domaine, la concurrence est féroce. «Il fut un temps où il était impossible de se garer au Carrefour Laval. C’est moins le cas maintenant avec les centres commerciaux qui se sont développés un peu partout», souligne Marie-José Reid. Les résidents de la couronne nord ont donc moins d’intérêt à aller magasiner à Laval, puisqu’ils trouvent désormais la même chose près de chez eux.

À l’opposé, le secteur de la fabrication, qui s’est adapté aux taux de change élevés, connaît une effervescence, entre autres dans le domaine de l’aéronautique, note Jean-Olivier Guillemette. «La CSeries de Bombardier a un impact certain et il y a aussi beaucoup d’activité chez Bell Helicopter et les autres gros donneurs d’ordres. Cela se répercute chez les sous-traitants de Laval, notamment dans la fabrication de produits métalliques.»

Les tendances démographiques

Laval a une situation particulière du point de vue démographique : les jeunes d’âge universitaire (de 20 à 29 ans) tendent à quitter le territoire, les jeunes familles (de 30 à 44 ans) viennent s’y installer en grand nombre puis, curieusement, s’en vont à l’approche de la retraite (les 55 à 69 ans), selon l’Institut de la statistique du Québec. Même si les retraités quittent la région, Laval n’est pas pour autant à l’abri des effets du vieillissement de la population, avertit Jean-Olivier Guillemette, économiste à Emploi-Québec.

En raison de leur nombre, la proportion des 65 ans et plus augmente davantage que celle des 15-64 ans. Toutefois, le fait que Laval attire des jeunes familles et des immigrants contrebalance le vieillissement et en atténue l’impact. Par ailleurs, même si les entreprises trouvent sans difficulté des travailleurs, «il faut faire en sorte d’intégrer les groupes moins présents sur le marché de l’emploi», comme les travailleurs expérimentés, les nouveaux arrivants, les jeunes et les personnes handicapées, soutient l’économiste.

À signaler

  • Les Produits alimentaires Viau ont annoncé en mai 2013 l’agrandissement et la ­modernisation de leurs installations de Laval et de Montréal-Nord, un investis­sement de 61 mil­lions de dollars qui créera 105 nouveaux emplois, tout en consolidant les 285 existants.
  • La pharmaceutique Boehringer Ingelheim a fermé son centre de recherche et dévelop­pement en mars 2013, entraînant la perte de 170 emplois.
  • Deux magasins Target ont ouvert leurs portes à Laval en 2013, dans le quartier Sainte-Dorothée et au Centre Laval. Chacun de ces commerces emploie environ 150 personnes.
  • La pharmaceutique Valeant a inauguré en mai 2013 son nouveau siège social à Laval, un investissement de 70 millions de dollars qui créera une cinquantaine d’emplois.
  • Ivanhoé Cambridge a amorcé en février 2013 la construction d’un immeuble de bureaux de 30 millions de dollars dans le secteur Centropolis; l’ouverture est prévue pour le printemps 2014.

Sur le terrain

RTI Claro, une entreprise spécialisée dans l’usinage de précision, emploie un peu plus de 310 personnes et fournit l’industrie aérospatiale, notamment Bell Helicopter, Airbus, Boeing et, bien sûr, Bombardier, avec qui la firme vient de signer un contrat sur plusieurs années.

«La CSeries ainsi que d’autres clients génè­rent de la demande, et nous avons eu une croissance des opérations extraordinaire qui nécessitait l’ajout de personnel», souligne Marie-Christine Vernier, chef de service des ressources humaines chez RTI Claro. Ainsi, durant la première moitié de 2013, RTI Claro a embauché pas moins de 47 employés, et la chef de service s’attend à ce que la compagnie soit en embauche sur une base constante au cours des prochaines années.

«Nous avons eu du mal à trouver des employés, c’est très difficile surtout en usine pour les postes de machinistes, d’ébavureurs et d’aides généraux», dit-elle. L’entreprise doit sillonner écoles et foires d’emploi, scruter les sites spécialisés, faire du bouche-à-oreille et consacrer beaucoup d’efforts à la formation des employés à l’interne.

L’emploi au Québec

Portrait du marché de l’emploi dans les régions du Québec en 2014


Cet article est tiré du guide Les carrières d’avenir 2014.

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