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Le lièvre et le diplômé en sciences humaines

Lapin et une tortue

Photo : Antonio Jorge Nunes/Shutterstock

Je suis un ardent défenseur des études en sciences humaines. Alors que plusieurs dénigrent ces programmes en affirmant qu’ils n’offrent aucun débouché et ne sont pas payants, je crois fermement qu’une formation dans ce secteur peut être tout à fait utile pour gagner sa vie convenablement.

Récemment, une étude de Statistique Canada est toutefois venue donner des armes aux détracteurs des sciences humaines.

Les chercheurs ont calculé les gains cumulatifs des diplômés postsecondaires sur une période de 20 ans, en fonction du domaine d’études. Sans surprise, ceux qui ont accumulé les gains les plus importants sont les diplômés en génie, en santé et en administration des affaires.

Les diplômés en sciences humaines et sociales sont parmi ceux qui ont accumulé les gains les moins importants, évitant de peu le dernier rang détenu par les diplômés en beaux-arts et en arts appliqués.

Précisons tout de même qu’ils ont accumulé davantage que la moyenne des diplômés du collégial et du secondaire, ce qui confirme que les études postsecondaires demeurent généralement un choix payant, peu importe le domaine.

Bien qu’un tel constat puisse paraître décevant pour les étudiants en sciences humaines et sociales, une autre étude émanant de l’Université d’Ottawa donne une nouvelle perspective fort intéressante sur les perspectives salariales dans les différents domaines d’études.

En étudiant l’évolution de la rémunération des diplômés de l’université sur une période de 13 ans, les chercheurs ont constaté que les diplômés des sciences humaines et sociales étaient moins vulnérables aux fluctuations du marché.

Les salaires de départ sont certes plus faibles dans ces domaines, mais ils tendent à s’accroître de façon plus régulière au fil des années. En comparaison, les salaires d’entrée dans des domaines comme les sciences de l’informatique ont fluctué de plusieurs milliers de dollars au cours de la période étudiée – et pas toujours à la hausse.

Voilà un élément à garder en tête lorsqu’on évalue les perspectives d’emploi et de rémunération d’un diplôme. Les secteurs en effervescence – caractérisés par des besoins de main-d’œuvre importants et de salaires alléchants – sont souvent cycliques, et leurs perspectives sont donc plus volatiles. C’est le prix à payer pour profiter d’un laissez-passer express pour le marché du travail.

Si les carrières tendent à démarrer un peu plus lentement pour les diplômés en sciences humaines, ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent aspirer à une rémunération intéressante et qu’ils travailleront au salaire minimum toute leur vie. Faut-il rappeler une certaine fable de La Fontaine?

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Simon Granger

Simon Granger s'intéresse aux enjeux touchant la formation, l'orientation professionnelle et l'accession au marché du travail. Il aime le café filtre, le point-virgule et les mots croisés.

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