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Le coaching parental en entreprise

Plus que des horaires flexibles, la conciliation travail-famille, c’est aussi obtenir des réponses.

Elle refuse de se laver, de s’habiller, de déjeuner. Ses cris de protestation déchirent les tympans. Elle se réveille la nuit, hurlant qu’il y a des «zanimaux» dans sa chambre. Un cas de psychiatrie? Non, juste une banale phase de terrible two – par laquelle tout être humain doit passer, au grand désespoir de ses géniteurs.

Contrairement aux générations précédentes, les parents d’aujourd’hui n’ont plus beaucoup d’énergie pour endiguer les débordements émotifs de leurs enfants. Près des trois quarts des couples québécois avec enfants ont deux revenus d’emplois. En semaine donc, le contact avec leur progéniture se limite souvent à la routine du lever et du coucher.

En gros, ça veut dire répéter 22 fois mange-tes-céréales-ferme-la-télé-viens-mettre-tes-chaussures puis, neuf heures plus tard, contraindre un esprit rebelle à s’endormir. Si on réussit cette dernière épreuve à temps sans s’épuiser, on a droit à une petite heure pour décompresser.

Cette complainte a su obtenir la sympathie de plusieurs employeurs. Certains offrent des horaires flexibles ou le télétravail pour amoindrir le stress de la conciliation travail-famille. Les plus avant-gardistes proposent du coaching parental.

Acquérir un sentiment de compétence parentale permettrait de diminuer le stress en plus d’augmenter l’estime de soi et la motivation.

Offertes dans 60 % des 500 plus grandes entreprises américaines, les formations sur l’art d’être parent sont en émergence au Québec. La psychologue Nadia Gagnier, aussi connue sous le nom de Docteure Nadia, donne depuis un an des conférences sur ce thème dans les milieux de travail. «Quand l’employé éprouve des difficultés relationnelles avec son enfant ou son ado, ça crée des tensions qu’un surplus de temps ne permet pas nécessairement de gérer.»

Selon la spécialiste, il peut en découler des problèmes d’humeur ou de stress susceptibles de déborder au boulot. «Ça n’amène pas l’employé à faire une dépression, mais ça peut causer de l’absentéisme, des pertes de productivité, des remises en question de l’horaire de travail ou même de la carrière qu’on est en train de mener.» Inversement, d’après différentes études, acquérir un sentiment de compétence parentale permettrait de diminuer le stress en plus d’augmenter l’estime de soi et la motivation.

Les parents les plus débrouillards se tournent vers Internet ou les bouquins pour savoir comment s’y prendre, mais ils n’y trouveront pas toujours la solution qui leur convient. C’est pourquoi Nancy Doyon, fondatrice de SOS Nancy, qui offre des ateliers de coaching parental en entreprise, croit aux approches personnalisées. «Si je fais un atelier avec 10 personnes et qu’on parle du dodo, je vais leur demander de raconter leur histoire pour les aider à se poser les bonnes questions : leur enfant refuse-t-il de se coucher à cause de l’anxiété ou parce que son encadrement manque de rigueur? Je les incite à observer pour bien connaître leur enfant et ajuster leur intervention.»

La Capitale Assurance a fait appel à ces deux expertes au cours des derniers mois, dans le cadre de ses activités de promotion de la santé. «Nos statistiques démontrent que certains de nos employés sont touchés psychologiquement par les situations qu’ils vivent à la maison. Nous sommes sensibles à cela», dit Shirley Brown, vice-présidente ressources humaines et développement organisationnel.

La culpabilité n’est jamais bien loin quand on a un temps limité à consacrer à la famille. Mais on ne peut plus évaluer notre rôle parental avec les critères d’hier, apprend-on dans les ateliers de groupe. «On apprend à être indulgent envers soi-même en constatant qu’on se pose tous les mêmes questions», dit Nancy Doyon.

En prime, ce qu’on y acquiert peut servir au travail. «Encadrer un enfant et encadrer des employés demandent des habiletés de base similaires», affirme Nadia Gagnier. Formuler des attentes claires ou encore refuser une demande en limitant la frustration, par exemple. Il est également question de tolérance au changement, aussi essentielle lors du passage à l’adolescence que lors d’une mise à jour technologique.

«Ça permet de faire une introspection et de nous faire évoluer comme individu, croit Shirley Brown. On devient plus sensible au fait que les autres peuvent penser autrement et qu’on doit être à l’écoute.»

Les caprices de nos petits auront finalement servi à quelque chose.

Dans ce dossier

Les erreurs à éviter avec les enfants, matin et soir

Pour en savoir plus sur les ateliers de coaching parental :

www.drenadiapsychologue.com
www.sosnancy.com

commentez@jobboom.com

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