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La retraite, pas le burn-out

Repousser l’âge de la retraite, une belle idée, pourvu que les travailleurs concernés soient en santé.

Ainsi, le ministre Sam Hamad veut nous faire travailler plus longtemps afin d’augmenter la productivité du Québec.

Déplorant que l’âge moyen de la retraite soit de seulement de 61 ans chez nous comparativement à 62 ans dans le reste du Canada, il compte employer des incitatifs fiscaux pour encourager les sexagénaires à reporter leur exode du marché du travail.

Le Québec n’est pas le seul endroit au monde où l’on songe à garder l’expérience à l’ouvrage. En Europe, l’âge de la retraite fait aussi l’objet de débats compte tenu de l’inversion de la pyramide démographique : il y a de moins en moins de jeunes pour financer les retraites des vieux, lesquels de surcroît vivent de plus en plus… vieux.

Et l’usure professionnelle?

Or modifier l’équation suppose de tenir compte d’un nouvel élément : il faut être en santé non seulement pour travailler plus longtemps, mais aussi pour profiter de la vie de rentier le moment venu. C’est essentiellement l’idée exprimée dans une récente étude de l’Union confédérale des retraités, un regroupement français.

Car après tout, le travail à un âge avancé suppose une exposition prolongée à toutes sortes de facteurs de risque, qu’ils soient physiques (comme les produits toxiques) ou psychologiques (comme l’insécurité ou le harcèlement). C’est pourquoi les auteurs recommandent entre autres un suivi à long terme des travailleurs par des médecins du travail, afin de prévenir et déceler les maladies professionnelles.

«La volonté européenne de faire reculer l’âge d’ouverture des droits à la retraite doit s’accompagner d’une prévention exceptionnelle concernant les conditions de travail et l’usure professionnelle tout au long de la carrière», dit en introduction le document intitulé La santé tout au long de la vie : Le «bien vieillir» indissociable du «bien travailler».

Quand on est dans la force de l’âge, il est facile que de dire qu’on n’arrêtera jamais de travailler. Mais personne ne sait de quoi il aura l’air une fois soufflé 65 ou 70 bougies. Sera-t-on seulement capable de les souffler, ces bougies, si on a respiré de la poussière pendant 40 ans?

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