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La claque (ou quelques réflexions sur les illusions post-études)

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Je me souviens très bien du jour où j’ai terminé mon dernier cours universitaire.

Le soulagement, la fierté, le sentiment du devoir accompli. Mais surtout, l’impression d’avoir «fini». Que les années de labeur étaient terminées, et que j’allais maintenant pouvoir profiter des fruits de mes efforts dans un métier passionnant et stimulant.

Ce n’est pas tout à fait comme ça que ça s’est passé.

Comme bien d’autres, j’ai reçu la «claque».

Vous savez, ce constat que trouver une première job ne sera pas aussi facile qu’on le croyait.

Le constat que, même après avoir déniché ce premier boulot, l’obtention d’un poste qui correspondra vraiment à nos aspirations sera plus longue et plus ardue que prévu.

Le constat que d’arriver sur le marché du travail, ce n’est pas la terre promise après une longue traversée du désert, mais plutôt le début d’un nouveau parcours, beaucoup moins balisé et défini.

La claque engendre le doute. S’ensuit une série de remises en questions : est-ce que j’ai choisi le bon domaine? Est-ce que je m’investis assez dans ma carrière? Est-ce normal que je n’aie pas envie d’aller bosser à tous les matins?

Ça m’a sécurisé de réaliser que je n’étais pas seul à me poser ces questions. Plusieurs personnes dans mon entourage ont vécu la même chose. Parfois, cette réflexion leur aura été salutaire; certains ont choisi de se réorienter et ont finalement trouvé un domaine qui leur sied mieux aujourd’hui. Mais généralement, c’était seulement un «reality check» nécessaire.

L’obtention d’un diplôme est une fin en soit, mais elle marque aussi le début d’autre chose. Quelque chose qui fonctionne selon des codes bien différents de ceux du système scolaire. Des codes nettement plus subjectifs. Où le succès se fait souvent aux dépens des autres. Où le savoir, le talent et la maîtrise des concepts n’assurent pas nécessairement la réussite. Et, bien souvent, plus les études sont longues, plus la claque est dure à encaisser.

Mais le choc finit par s’estomper. On apprend à composer avec les contraintes. On accepte que la job idéale n’existe possiblement pas, du moins pas telle qu’on l’avait imaginée. On comprend que la ligne est parfois mince entre une job qu’on aime et une job qu’on déteste, et que des détails comme le type de milieu, l’entreprise, le patron, les collègues, peuvent faire pencher la balance d’un côté comme de l’autre.

Ça ne veut pas dire qu’on a fait le mauvais choix de carrière; simplement qu’il existe une infinité de variables qui peuvent fausser notre perception et nous donner l’impression que c’est le cas.

Et on finit par comprendre qu’on possède une liberté. La liberté de changer : d’emploi, de milieu, de carrière. Le diplôme est une clé qui ouvre une porte, mais derrière cette porte s’en trouvent plusieurs autres. Il faut les ouvrir pour savoir ce qui se trouve de l’autre côté. Et il n’y a rien de mal à revenir en arrière pour en ouvrir une nouvelle si l’on n’est pas satisfait de ce qu’on a trouvé derrière la première.

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Simon Granger

Simon Granger s'intéresse aux enjeux touchant la formation, l'orientation professionnelle et l'accession au marché du travail. Il aime le café filtre, le point-virgule et les mots croisés.

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