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L’art du 4 %

En tant que nouveau gestionnaire, vous devrez parfois accomplir certaines tâches délicates ou carrément rebutantes. Parmi elles, il y a le congédiement des employés.

Une nouvelle recrue ne comble pas vos attentes ou des restrictions budgétaires vous obligent à restructurer votre équipe de travail en supprimant des postes? Voici quelques conseils pour montrer la porte avec diplomatie.

Et si c’était vous?

Perdre son emploi n’est jamais une bonne nouvelle. C’est pourquoi un congédiement doit être annoncé par le patron immédiat de l’employé. «Faites-le en personne et prenez le temps d’expliquer les raisons du renvoi», conseille Luc Brunet, professeur titulaire en psychologie du travail et des organisations à l’Université de Montréal.

Vous devrez aussi montrer de l’empathie pour la personne qui perd son emploi. «Soulignez les forces de l’employé que vous congédiez, suggère M. Brunet. Il ne convient peut-être pas au poste qu’il occupe, mais il a certainement montré des aptitudes intéressantes dans le cadre de ses fonctions.» Évitez d’être trop froid et distant; témoignez-lui plutôt de votre compréhension.

À deux sens

S’il faut soigner l’image de l’employé, l’entreprise doit aussi conserver une bonne réputation. Les congédiements sauvages sont mal vus. Ils peuvent nuire à l’entreprise, qui pourrait perdre sa bonne image à la suite d’un tel geste. «Vider le bureau d’un employé et laisser ses effets personnels dans une boîte est loin d’être une bonne méthode», illustre Luc Brunet. Il n’y a pas de moment idéal pour annoncer une telle nouvelle. Il est toutefois déconseillé de le faire le vendredi après-midi ou encore avant une période de vacances. «Vous feriez preuve d’un manque de respect envers l’employé», estime le professeur. Il pourrait considérer votre geste comme une tâche de dernière minute et non réfléchie.

Gare aux recours

Avant de mettre à la porte votre employé, assurez-vous d’avoir de bonnes raisons de le faire. Pour prévenir les contestations, respectez les lois et les recours offerts aux employés. En effet, une personne congédiée sans cause juste et suffisante – en raison d’activités syndicales ou d’une grossesse par exemple – est protégée par la Loi sur les normes du travail. «Assurez-vous d’avoir un dossier qui justifie votre geste et validez suffisamment les faits en vous munissant de preuves, comme des éléments qui démontrent la fraude d’un employé», explique Me André Sasseville, conseiller en relations industrielles agréé (CRIA) et avocat spécialisé en droit du travail pour la firme Langlois Kronström Desjardins.

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