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Jongler avec ses clients : un art difficile

Certains travailleurs autonomes ont peu de clients; s’ils perdent l’un d’entre eux, ils se retrouvent dans le pétrin. D’autres, au contraire, multiplient clients et contrats, de crainte d’en manquer, et ils ne suffisent plus à la tâche.

Vous avez fait le grand saut. Vous travaillez à votre compte.

Serez-vous plus libre qu’avant? Ce n’est pas si sûr.

«De nombreux contractuels en viennent à servir majoritairement une seule entreprise qui détient un droit de vie ou de mort sur leur carrière, déplore Sylvain Boisjoli, directeur général de l’Institut de formation Summus, une entreprise de services-conseils aux travailleurs autonomes. S’ils perdent ce client, les voilà privés de revenus.»

Autre inconvénient : un contractuel au service d’un seul client peut cesser d’être considéré comme «travailleur autonome» par le ministère du Revenu. Il perd alors le droit de déduire ses dépenses professionnelles comme les frais de téléphone, de loyer ou de déplacement.

Par définition, un travailleur autonome sert plusieurs clients. «Un contractuel constamment monopolisé par le même employeur est comme un employé sans salaire fixe ni vacances payées. Celui-ci doit également oublier les avantages sociaux et la sécurité d’emploi. Il n’a pas accès, notamment, à l’assurance-emploi», résume M. Boisjoli.

Trop, c’est trop
Certains travailleurs indépendants tombent dans l’excès inverse. «Ils se retrouvent écartelés entre plusieurs clients et ils se tuent à l’ouvrage», poursuit M. Boisjoli. Pour ces bourreaux de travail, la catastrophe survient lorsqu’ils craquent sous la pression.

Les avantages du travailleur autonome – l’horaire flexible, la liberté de choisir ses contrats – diminuent comme une peau de chagrin pour ceux qui acceptent intégralement les propositions de n’importe quel client.

Être payé à sa juste valeur
Comment choisir les meilleurs contrats parmi une variété de clients?

«Il faut savoir ce que l’on vaut dans le marché où l’on évolue, répond Louise Lapointe, présidente d’Affaires et développement québécois (AEDQ), une association réunissant quelque 200 travailleurs autonomes. Notre association invite parfois des conférenciers qui apprennent à nos membres à facturer correctement leurs services.»

Le directeur de Summus déplore, lui aussi, qu’une majorité de travailleurs autonomes axent leur promotion, à leur détriment, sur leurs tarifs peu élevés…

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