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Jamais sans Facebook

Jamais sans Facebook

Êtes-vous capable de vous passer des réseaux sociaux… au moins durant les heures de travail?

Selon une étude de la firme de recherche américaine Nucleus Research, seuls 13 % des salariés se connectent sur Facebook pour des raisons professionnelles. Mais consulter le dernier statut culinaire d’une cousine ou les photos de chats d’un ami du secondaire nuit-il vraiment à la productivité au travail?

Il n’y a pas de consensus sur la question. Nucleus Research évalue que les réseaux sociaux réduisent de 1,5 % la productivité aux États-Unis. Mais d’après d’autres études, les pauses sur le Net aideraient plutôt les travailleurs à mieux se concentrer ensuite. Le mystère reste donc entier.

À la veille de la Journée mondiale sans Facebook, le 28 février dernier, Jobboom a sondé quelques travailleurs ‒ au moyen des réseaux sociaux pour être cohérent, et souvent pendant leurs heures de travail! ‒ pour savoir si Facebook, Twitter et autres LinkedIn nuisent à leur productivité au boulot.

La prof et ses notifications sonores

«Présentement, mes élèves travaillent et je réponds à ce vox pop sur Facebook au lieu de circuler dans la classe et de leur dire d’arrêter de manger leur gomme à effacer, comme une prof responsable!

«De façon générale, je vais uniquement sur les réseaux sociaux lorsque les élèves sont en jeux libres. Je “taponne” sur FB, je publie des photos et j’émets des commentaires sur Twitter. D’ailleurs, les élèves connaissent les bruits que font l’iPad et l’iPhone lorsqu’on reçoit une notification et ils me disent que j’ai un message quand ça arrive en classe! Je suis consciente que je serais davantage présente avec eux si je n’avais aucune connexion Internet durant les heures de classe.

«Mais c’est surtout à moi que ça nuit. Je devrais plutôt corriger les travaux ou planifier les jours à venir. Ça me cause des retards que je dois rattraper à la maison…»

Mariève, enseignante à la maternelle

La réceptionniste et ses photos de femmes nues

«Ça ne nuit pas à ma productivité, parce que je ne vais sur Facebook que lorsque je n’ai pas de travail, c’est-à-dire quand il n’y a pas de client. Je pense même que ça me tient éveillée dans les moments de gros vide d’achalandage.

«Par contre, c’est déjà arrivé que ça me perturbe beaucoup. Par exemple, récemment, une mauvaise nouvelle familiale inattendue m’a profondément déprimée. Mais ça aurait pu arriver sur mon cellulaire ou dans ma boîte de courriel aussi, donc Facebook n’est pas forcément à blâmer.

«Le seul aspect qui pose problème, c’est que mes amis et mes fanpages ont souvent un rapport avec le cinéma de genre, donc il m’arrive très souvent d’ouvrir Facebook et, bang, 12 femmes nues apparaissent! Du coup, j’ai une réputation d’obsédée sexuelle au travail.»

Sabine, réceptionniste dans un commerce de tapis et de bois de plancher

L’électricien débranché… au travail, du moins

«J’ai un compte Facebook, mais je ne m’y connecte jamais durant les heures de travail, même si mon iPhone me permet d’y accéder en tout temps.

«En tant que salarié, je ne me vois pas utiliser du temps où je suis payé, pour me divertir. Ce qui se déroule sur Facebook pendant qu’on travaille sera toujours actif à la fin du quart de travail. Est-ce si grave d’être en retard de 10 heures sur ce qui s’est écrit dans le fil d’actualité?

«Facebook nuit plutôt à ma productivité à la maison… Quand j’ai des tâches à faire, je les décale parfois afin d’aller fouiner sur Facebook. Je peux perdre de 5 à 15 minutes chaque fois que je me connecte. Ma copine n’aime pas trop cela…»

Frédéric, électricien compagnon en construction

L’employée démotivée

«Je regardais auparavant d’un mauvais œil mes collègues qui perdaient du temps sur les réseaux sociaux. Ce n’est vraiment pas mon genre; je suis habituellement une personne très dévouée dans mon travail.

«Les choses ont changé. C’est aujourd’hui mon tour de perdre du temps sur les réseaux sociaux, parce qu’à vrai dire, mon emploi m’emmerde royalement sur le plan intellectuel. De plus, je ne cadre pas du tout avec l’équipe, mes collègues étant assez immatures pour la plupart.

«Pour ces raisons, je me retrouve parfois à la salle de bain à texter quelques amies pour me désennuyer ou à fouiner sur Facebook!»

Une intervenante psychosociale montréalaise qui cherche un nouvel emploi

Le gestionnaire de réseaux sociaux

«À mon ancien travail, je devais utiliser les réseaux sociaux à titre professionnel, pour suivre et animer les conversations autour de notre marque. Bien sûr, j’utilisais aussi ces réseaux à titre personnel. Prendre soin de son « e-réputation » est incontournable dans plusieurs secteurs.

«J’utilisais donc Tweetdeck, une plate-forme qui sert à gérer plusieurs comptes en même temps. Ce type d’application peut nuire à la productivité parce que les notifications, tant professionnelles que personnelles, s’affichent au bas de l’écran. On peut les désactiver, mais je me dis que c’est peut-être le meilleur compromis : au lieu d’aller directement sur Twitter, on voit passer les notifications du coin de l’œil. En considérant qu’on est limité à 140 caractères sur ce réseau, le temps pris pour répondre est minime et nuit peu à la productivité.

«En fait, les risques de distraction ne sont pas liés uniquement aux réseaux sociaux, mais aussi aux nombreux courriels professionnels qu’on reçoit en copie conforme. Sans oublier les échanges de liens marrants entre collègues!»

Un ex-gestionnaire de communauté qui travaille aujourd’hui en marketing

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Quel est le meilleur tour que vous ayez joué au travail? Ou quel est le meilleur tour qu’on vous ait joué au boulot? Écrivez à melissa.guillemette@jobboom.com.