Immigration et emploi : les conseils d’une pro

Fadia Younan, coordonnatrice du Service Emploi au CARI St-Laurent

À l’approche du Salon de l’immigration et de l’intégration au Québec, Jobboom rencontre une conseillère en emploi ayant plus de 20 ans d’expérience qui fournit ses recommandations aux nouveaux arrivants. Prenez des notes!

Fadia Younan passe ses journées entières avec des immigrants à la recherche d’un travail en sol québécois. C’est qu’elle travaille comme coordonnatrice du Service Emploi au CARI St-Laurent (Centre d’accueil et de référence sociale et économique pour immigrants), à Montréal, dont les usagers proviennent d’une centaine de pays.

JOBBM : Quelle est la première étape à franchir quand on vient d’arriver au Canada et qu’on veut trouver un emploi?
Fadia Younan : Il faut explorer le marché du travail. Certains pensent qu’il faut absolument retourner aux études pour trouver du travail. Il faut plutôt explorer toutes les possibilités et voir si les compétences qu’on a déjà acquises peuvent être utiles ou transférables dans un emploi ici, quitte à faire un retour aux études plus tard ou à entamer le processus de reconnaissance des diplômes.

Par exemple, un ingénieur ne pourra pas devenir immédiatement membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec, car c’est un long processus. Mais il pourra occuper un autre travail, comme dessinateur ou technicien, qui l’aidera à atteindre ensuite son objectif.

  Quelles sont les erreurs les plus fréquentes dans la recherche d’emploi?
F. Y. Certains immigrants envoient le même CV à 100 employeurs différents et sont ensuite très déçus de ne pas recevoir de réponse, ni même d’accusé de réception… On ne doit pas envoyer son CV n’importe où; il faut l’adapter pour chaque poste qui nous intéresse. Il faut montrer les compétences qu’on a et qui sont liées au poste.

Il faut que l’employeur comprenne clairement qu’il devrait vous choisir plutôt qu’un autre. Il faut mettre le paquet!

  Le CV québécois est-il différent du CV ailleurs dans le monde?
F. Y. Il est complètement différent. Dès la première page, il faut voir quel est votre objectif et vos compétences, car le Québec a une culture de compétences, pas de diplômes. Il existe différents types de CV, dont celui «par compétences» qui fonctionne mieux pour les immigrants. Dans ce CV, au lieu de détailler les expériences de travail, on détaille les compétences.

  Quels sont vos conseils pour l’entrevue d’embauche?
F. Y. Il y a beaucoup de choses à savoir et on explore ce sujet de A à Z avec nos usagers au CARI St-Laurent. Par exemple, au Québec, on doit regarder les gens dans les yeux. La poignée de main est également importante : un employeur ne peut pas savoir que vous ne voulez pas lui serrer la main pour des raisons religieuses.

  Que faire si on ne trouve pas d’emploi?
F. Y. Il faut se poser des questions : qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans ma démarche? Des organismes peuvent nous aider gratuitement. Il ne faut surtout pas se décourager! Il y a du travail pour tous, mais la recherche d’emploi est un art.

  Quelle est la chose la plus importante à savoir par rapport au marché du travail québécois?
F. Y. Les gens sont ouverts. On peut toujours donner son opinion, peu importe son statut dans l’organisation.

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