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François Drolet, responsable des lames des patineurs de vitesse

François Drolet, responsable, Équipement et innovations pour l’équipe de patinage de vitesse courte piste  Photo : Patrice Bériault (singenu.com)

François Drolet, responsable, Équipement et innovations pour l’équipe de patinage de vitesse courte piste
Photo : Patrice Bériault (singenu.com)

François Drolet est médaillé d’or des Jeux olympiques de Nagano en patinage de vitesse, au relais de 5 000 mètres. Il se remémore cette époque : «Dans l’équipe, c’était pas mal moi qui m’occupais des berceaux et Marc [Gagnon], des bananes.» Pardon? Des berceaux et des bananes?

Ce sont deux éléments de base dans la préparation des lames de patin, a-t-on appris en visitant l’atelier de cet expert en la matière, à l’aréna Maurice-Richard à Montréal.

La banane, c’est la cambrure latérale de la lame, qui est toujours vers la gauche, puisque les patineurs tournent du même côté. Le berceau, c’est la courbe en arc sous la lame. «Plus c’est plat, plus tu as une bonne glisse. À l’inverse, plus c’est arrondi, plus c’est facile de tourner. Le casse-tête, c’est de trouver le juste milieu.»

Et c’est là la grande spécialité de François Drolet, célèbre pour avoir conçu, durant ses années de compétition, un gabarit de berceau particulièrement apprécié des athlètes. «Après ma retraite, les entraîneurs me disaient qu’ils utilisaient encore mon modèle.»

Le retour aux sources

François Drolet pensait mettre ces histoires de berceaux derrière lui quand il a accroché ses patins. Après avoir remporté l’or, il s’est retiré de la compétition pour tenir une auberge à Neuville. Puis il a dû mettre la clé sous la porte en 2011, car le bâtiment nécessitait trop de rénovations.

L’année suivante, un poste de spécialiste des lames s’est ouvert au sein de l’équipe nationale de courte piste, et son nom est venu aux oreilles du directeur du programme, Yves Hamelin.

Ce dernier connaissait le modèle de berceau développé par François Drolet pour l’avoir reproduit à l’intention de ses patineurs. C’était dans la poche.

L’usine à lames

Le travail de François Drolet consiste aujourd’hui à adapter son fameux modèle en plus de trouver la banane idéale en fonction des préférences de chaque athlète.

Pour préparer le berceau d’une nouvelle paire de lames, il utilise une grosse machine bruyante qu’on imaginerait trôner dans une usine plutôt que dans un aréna. Elle est reliée à un ordinateur sur lequel un logiciel détaille les paramètres des lames de chaque patineur, au dix millième de pouce près. Il nous a été impossible d’obtenir le nom de ce fameux appareil, car il s’agit d’une information stratégique. Top secret!

Pour reproduire facilement une paire de lames existante, François Drolet peut aussi utiliser un scanneur. «Quand un patineur aime une configuration à laquelle on est arrivés après des tests, on scanne sa lame et on peut la reproduire à l’aide de la “grosse machine”.»

La banane se façonne quant à elle à l’aide d’une cintreuse manuelle.

Un autre aspect du rôle de François Drolet consiste à gagner la confiance des athlètes. Entré en poste à un an et demi des Jeux, il dit avoir réussi. «Mais avec deux mois d’avance, ça aurait été impossible.»

Plus de stress qu’à Nagano

François Drolet vivra ses premiers jeux olympiques en tant que responsable des lames. «C’était quasiment moins stressant de patiner! À l’époque, j’avais le contrôle sur ma performance, alors que maintenant, je vis le stress de chacun des athlètes.»

Entre deux épreuves, il n’aura parfois que quelques minutes pour aiguiser et réajuster les lames d’un patineur. «Je dois bien me préparer et prendre les décisions au meilleur de mes connaissances et après, c’est advienne que pourra. C’est l’athlète qui performe.»

Dans ce dossier sur les Jeux olympiques de Sotchi :

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