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Formation gagnante : Techniques de thanatologie

Formation gagnante : Techniques de thanatologie

Les thanatologues ont beau côtoyer la mort sur une base quotidienne, il n’en reste pas moins qu’ils exercent un métier diversifié et stimulant. Entre l’accueil des familles éplorées et l’entretien des installations funéraires, ils ne savent jamais exactement ce que leur réserve leur journée. Portrait d’une profession vivante, peuplée de gens passionnés et enthousiastes.

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Rôle et tâches

«En première et deuxième secondaire, je ne savais pas ce que je ferais plus tard, mais lorsque j’ai découvert la thanatologie, je n’ai plus changé d’idée», explique Amélie Chabot, une jeune femme d’une vingtaine d’années qui travaille pour le Groupe d’entreprises funéraires Yves Légaré.

Lorsque survient un décès, le technicien en thanatologie accueille la famille du défunt et la conseille relativement aux dispositions funéraires et au choix de la sépulture. Il transporte la dépouille au salon funéraire et il procède à l’embaumement. Pour ce faire, il vide les cavités du corps et injecte un fluide dans les vaisseaux sanguins afin de favoriser la conservation de la dépouille; il habille, coiffe et maquille le défunt, en restant fidèle le plus possible à son apparence naturelle. Il organise et dirige les rites funéraires.

Au quotidien, Amélie Chabot apprécie l’absence de routine et le fait que son métier requiert une grande polyvalence. «Ça rejoint plusieurs de mes champs d’intérêt, notamment la biologie, l’administration, la chimie et la psychologie, puisqu’on est en relation avec des gens en deuil. Dans une seule journée, je peux préparer une exposition funéraire, faire du classement et même tondre le gazon.»

Qualités recherchés

Sens de l’éthique professionnelle et discrétion, sociabilité, empathie, capacité d’écoute, tact et dévouement sont nécessaires pour traiter avec les familles. La préparation des corps demande quant à elle de la patience, de la dextérité manuelle et un sens de l’esthétique. Les aptitudes en gestion sont de rigueur pour prendre en charge l’administration d’une entreprise funéraire.

Il faut aussi avoir un bon équilibre psychologique et être fondamentalement positif. «Je vois tous les jours des gens qui pleurent. Il me serait impossible de les guider si j’étais moi aussi déprimée», dit Amélie Chabot.

Une bonne capacité de détachement est requise, surtout quand on a affaire à des cas de suicide ou de mort d’enfant. «Je dois garder une attitude profes­sion­nelle. Je n’ai pas à pleurer avec les gens endeuillés.» Elle apprécie d’ailleurs le fait que son travail en laboratoire lui permette de s’éloigner un moment des familles éplorées. Le thanatologue doit aussi être disponible. «Les maisons funéraires sont ouvertes 365 jours par année, 24 heures par jour. On peut être dérangé au milieu d’un party de Noël pour aller chercher une dépouille.»

Défis et perspectives

«Les gens nous demandent encore si les corps sont empaillés ou si les organes sont retirés, dit en riant David Émond, coordonnateur en techniques de thanatologie au Collège de Rosemont. Plus sérieusement, ils pensent que c’est un métier très lourd, parce qu’on côtoie constamment la tristesse et le désarroi. Au contraire : il y a beaucoup de solidarité entre collègues et l’atmosphère de travail est familiale.»

M. Émond précise que le stress, dans les maisons de petite envergure, est plus difficile à gérer que le fait de travailler avec des gens endeuillés. Comme on y trouve un nombre réduit d’employés, la charge de travail y est importante.

Les diplômés en thanatologie seront de plus en plus recherchés, croit-il. Les entreprises funéraires réalisent la pertinence d’embaucher des employés pleinement qualifiés pour assurer un service de haut niveau, alors que la person­nalisation des funérailles est un phénomène en plein essor. «Il faut être capable d’adapter les pratiques religieuses traditionnelles aux besoins des clients», dit-il. Comme le métier de thanatologue est multidimen­sion­nel, le programme Techniques de thanatologie ne met pas l’accent uniquement sur l’embaumement, acte réservé légalement aux thanatologues, mais aussi sur la gestion informatique, la mise en marché, l’éthique, la communication. 03/07

NDLR : Les personnes citées dans ce texte peuvent avoir changé d’emploi depuis l’entrevue, mais leur témoignage demeure utile à la compréhension du métier illustré.

Horaires et milieux de travail

  • Les techniciens en thanatologie peuvent travailler pour des entreprises funéraires, des crématoriums, des cimetières, des columbariums, ou encore des fournisseurs d’équipement et de matériel spécialisés pour l’industrie funéraire.
  • Le diplômé peut être thanatopracteur (embaumeur), conseiller funéraire, directeur de funérailles, directeur ou administrateur d’un funérarium ou préposé à la crémation, au transport ou à l’accueil. Il peut remplir une de ces fonctions ou en cumuler plusieurs selon l’entreprise pour laquelle il travaille.
  • Le thanatologue doit être disponible en tout temps.

Champs d’intérêt

  • s’intéresse à l’anatomie et à la physiologie
  • aime l’observation et le travail de précision
  • aime analyser et comprendre un problème
  • aime écouter, expliquer, réconforter
  • aime le travail en équipe
  • aime la vente (produits et services)

Aptitudes

  • habileté pour la médecine
  • dextérité et grand sens de l’observation
  • sens esthétique
  • sens des responsabilités, tact et facilité à communiquer
  • résistance émotionnelle et physique

Statistiques

Nombre de diplômés 21
Diplômé en emploi 93,8 %
À temps plein 86,7 %
En rapport avec la formation 92,3 %
Aux études 6,3 %
Taux de chômage 0,0 %
Salaire hebdomadaire moyen 718 $

Source : La Relance au collégial en formation technique, MELS, 2011.

Comment interpréter l’information

Pour connaître les établissements qui offrent ce programme, consultez l’Inforoute de la formation professionnelle et technique.