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Formation gagnante : Forage et dynamitage

Chaque fois qu’elle pose la main sur le détonateur, Élisabeth Lemay a des palpitations. Quelques secondes suffisent à faire de ses longues heures de travail une réussite absolue ou mitigée. Quand on est dynamiteur, notre coeur aussi fait parfois «boum»!

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Rôle et tâches

Élisabeth travaille pour Forages St-Laurent, une entreprise spécialisée en forage et en dynamitage. Dès l’aube, elle doit charger les camions de dynamite et remplir soigneusement un bordereau de transport avant de se rendre sur le chantier de construction où l’on réclame ses services. «La dynamite, ce n’est pas un jouet, prévient-elle. Il faut bien gérer les quantités qui circulent.»

Dans la construction de sous-sols de maisons, de routes ou encore de piscines creusées, le dynamitage est parfois nécessaire pour éliminer le roc qui empêche l’excavation. Comme son nom l’indique, le DEP en forage et dynamitage prépare aussi au métier de foreur, qui consiste à tailler un chemin dans le roc pour que l’on puisse y déposer la dynamite. Sur le terrain, les tâches de forage et de dynamitage sont habituellement assurées par deux personnes différentes, pour des raisons d’efficacité. Élisabeth travaille donc en collaboration avec un foreur, qui perce le trou pendant qu’elle prépare les explosifs.

Après avoir évalué la quantité de dynamite dont elle aura besoin, elle doit la transporter sur ses épaules jusqu’à l’endroit désigné. «Il arrive que la charge atteigne 25 kilos et que nous ayons une distance relativement longue à parcourir sur un terrain qui n’est pas toujours plat. Il faut être fait fort!» Arrivée sur les lieux, Élisabeth insère le détonateur dans un bâton appelé «amorce», attache les fils, place la dynamite dans le trou foré et érige un périmètre de sécurité.«Nous avons une grande responsabilité. Il faut s’assurer que tout est en ordre et que personne ne se trouve trop près du site avant d’appuyer sur le détonateur.» Et «boum»! En quelques secondes, tout saute!

«Ce n’est jamais pareil, poursuit Élisabeth. Parfois, nous réussissons très bien et parfois les pierres sont plus grosses qu’on l’aurait souhaité. Il y a des impondérables, et on ne peut pas toujours obtenir un résultat parfait. »

Qualités recherchées

Comme la moindre erreur peut avoir de graves conséquences, le dynamiteur doit être minutieux et savoir bien gérer son stress. «C’est certain que l’adrénaline fonctionne au maximum, lance Élisabeth. Chaque fois que j’enclenche le détonateur, c’est un défi pour moi. Il faut être capable de vivre avec ce sentiment, car il est très présent dans ce métier.»

Élisabeth estime aussi que l’esprit de collaboration est très important. «Les tâches du foreur et du dynamiteur sont directement liées. Plus les deux collaborent ensemble, plus les chances de réussite sont grandes.»

Enfin, sur le plan physique, il faut être en forme et avoir une bonne coordination des yeux et des mains, puisqu’il y a plusieurs tâches à accomplir en même temps, (par exemple, tenir le fil du détonateur et vérifier la quantité de dynamite déposée, tout en s’assurant que personne ne s’aventure près du site du dynamitage). Souvent, l’action se déroule dans des quartiers résidentiels, et il y a parfois des curieux. À ceux que le métier intrigue, Élisabeth conseille de participer aux journées portes ouvertes des établissements offrant la formation. C’est ainsi qu’elle a elle-même pu saisir toute la nature du travail.

Défis et perspectives

Selon Daniel Williams, enseignant au Centre de formation professionnelle 24-Juin, il n’y a pas de développements majeurs à prévoir dans le domaine du forage et du dynamitage au cours des prochaines années. «Le principe reste toujours le même, souligne-t-il. Toutefois, les techniques sont de plus en plus sécuritaires.» Par exemple, il existe depuis peu des détonateurs électroniques qu’il est possible de programmer, ce qui les empêche d’être activés accidentellement. Voilà donc une nouveauté que les dynamiteurs devront apprendre à maîtriser. «Le défi constant est de faire son travail de façon la plus sécuritaire possible, enchaîne Daniel Williams. Il faut être conscient que les conséquences des accidents peuvent être très sérieuses.» 03/03

Horaires et milieux de travail

  • Les foreurs et les dynamiteurs travaillent pour des compagnies de forage et de dynamitage qui agissent à titre de sous-traitantes pour divers entrepreneurs de construction. On trouve aussi les foreurs et les dynamiteurs dans les compagnies pétrolières, dans les mines souterraines et dans les carrières.
  • Selon la période de l’année, les journées des foreurs et des dynamiteurs peuvent être assez longues : elles débutent à 7 h pour se terminer à la tombée du jour.
  • En été, quand les heures de clarté et la demande de construction sont à leur maximum, certaines semaines de travail peuvent atteindre 60 et même 90 heures.
  • Il y a souvent des périodes de relâche durant l’hiver, alors que les foreuses hydrauliques ne peuvent résister au grand froid.


Champs d’intérêt

  • aime résoudre des problèmes
  • aime les responsabilités et les défis
  • aime le travail d’équipe
  • aime manipuler des outils et de la machinerie


Aptitudes

  • bonne gestion du stress
  • grand sens des responsabilités
  • débrouillardise et discipline
  • minutie
  • bonne faculté de concentration
  • mobilité géographique

Statistiques

Nombre de diplômés 97
Diplômés en emploi 80,4 %
À temps plein 100,0 %
En rapport avec la formation 94,6 %
Aux études 4,3 %
Taux de chômage 11,9 %
Salaire hebdomadaire moyen 1 610 $

Source : La Relance au secondaire en formation professionnelle, MELS, 2011.

Comment interpréter l’information

Pour connaître les établissements qui offrent ce programme, consultez l’Inforoute de la formation professionnelle et technique.

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