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Formation gagnante : conduite de procédés de traitement de l’eau

Benoit Labelle cherchait un métier noble. En devenant opérateur d’une usine de filtration, il a tapé dans le mille. «Je me préoccupe de la santé des gens en leur fournissant l’eau la plus pure possible. Je contribue aussi à protéger l’environnement», se réjouit-il

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Rôle et tâches

Son DEP en poche, Benoit Labelle aurait pu travailler dans une usine qui épure les eaux usées municipales ou industrielles avant qu’elles soient rejetées dans l’environnement. Mais la Ville de Saint-Jérôme a retenu ses services pour son usine de filtration, qui traite l’eau destinée à la consommation humaine. «On prend de l’eau brute de la rivière du Nord et, par traitement physique-chimique [utilisation de produits chimiques et de techniques physiques comme la décantation], on la rend potable. Mon travail consiste à suivre le procédé de filtration.»

Benoit commence toujours sa journée en vérifiant le niveau de la réserve d’eau, le débit de production d’eau traitée et la demande des usagers. Il fait ensuite une tournée des équipements pour voir si tout fonctionne bien. «Un bris peut avoir des conséquences sur le traitement», dit-il. Il recueille ensuite un échantillon d’eau brute et fait des essais en laboratoire pour arriver au meilleur dosage possible de produits chimiques. Il compare ses résultats avec les dosages de l’eau en cours de traitement et fait des réglages si nécessaire. Quatre fois pendant son service, il prélève des échantillons d’eau un peu partout dans l’usine pour vérifier le pH (indice qui détermine le degré d’acidité ou d’alcalinité), le taux de chlore, etc.

Benoit peut aussi faire de l’entretien mécanique et de la réparation d’équipement, dresser l’inventaire des produits chimiques et acheter du matériel. Il doit enfin rédiger un rapport à l’intention de l’employé du prochain poste de travail.

Qualités recherchées

L’opérateur d’une usine de traitement passe environ 30 % de son temps à analyser des échantillons d’eau. Il doit donc aimer le travail de laboratoire. Doté d’un esprit scientifique, sensible à l’environnement, il cherche la meilleure formule pour améliorer le traitement de l’eau. Minutieux et méthodique, il a aussi des aptitudes en mathématiques, puisqu’il lui faut effectuer des calculs pour régler les dosages.

Mais, avant tout, il doit avoir le sens des responsabilités. «J’ai 22 ans et je fournis de l’eau à 60 000 personnes, déclare Benoit. C’est un travail très important. On peut faire beaucoup de tort aux gens avec de l’eau de mauvaise qualité.» Et comme l’opérateur se retrouve souvent seul durant son travail, il doit être autonome et débrouillard. «Il faut que je sache prendre les bonnes décisions au bon moment.»

Défis et perspectives

«Opérateur d’une usine de traitement, c’est le plus beau métier du monde», lance Guy Coderre, enseignant au Centre de formation professionnelle Paul-Gérin-Lajoie. Pourquoi? «Parce que c’est varié. On peut travailler dans la vente de produits chimiques ou d’équipements, en industrie, dans des usines de traitement de l’eau des municipalités, ou encore pour des firmes de consultants privées. Et puis, c’est valorisant de jouer un rôle dans la santé publique et la protection de l’environnement.»

Selon M. Coderre, le traitement de l’eau est un domaine en développement, ce qui favorise l’embauche. D’une part, on assiste à la construction de plusieurs petites usines de filtration, puisque, depuis 2004, toutes les municipalités du Québec doivent filtrer leur eau avant de la distribuer à la population (plutôt que de simplement la chlorer). D’autre part, des firmes de consultants ont des contrats de construction et de démarrage d’usines à l’étranger, ce qui ouvre la porte à une expérience de travail internationale.

L’opérateur ambitieux a la possibilité d’accéder un jour au poste de chef d’usine ou de poursuivre ses études en vue d’obtenir un certificat en environnement. Mais, au jour le jour, son plus grand défi est de s’assurer que son procédé respecte en permanence les normes de consommation d’eau potable ou de rejet des eaux usées dans les cours d’eau. 02/03

NDLR : Les personnes citées dans ce texte peuvent avoir changé d’emploi depuis l’entrevue, mais leur témoignage demeure utile à la compréhension du métier illustré.

Horaires et milieux de travail

• Le diplômé peut trouver du travail dans des usines municipales d’épuration et de filtration; dans des firmes de consultants privées; dans la vente de produits chimiques et d’équipements; ou encore en industrie, où il aura à traiter l’eau utilisée dans les procédés et rejetée dans les cours d’eau.

• Comme les usines de traitement sont ouvertes 24 heures sur 24, le diplômé doit s’attendre à travailler de nuit ou de soir, ou encore en fonction d’un horaire rotatif.

• Le diplômé devra suivre les procédures requises en matière de santé et de sécurité lorsqu’il manipulera des produits chimiques ou lorsqu’il aura accès à des milieux clos comme une station de pompage (utilisation d’un détecteur de gaz et d’un harnais). En laboratoire, il portera un sarrau, des bottes de sécurité et des verres protecteurs.

Champs d’intérêt
• se préoccupe de la protection de l’environnement
• désire se sentir utile à la société
• aime les sciences et le travail en laboratoire
• préfère le travail manuel

Aptitudes
• facilité en mathématiques
• esprit scientifique et curiosité
• méthode et minutie
• grand sens des responsabilités
• autonomie et initiative

Statistiques

Nombre de diplômés 42
Diplômés en emploi 87,0 %
À temps plein 95,0 %
En rapport avec la formation 100,0 %
Aux études 4,3 %
Taux de chômage 9,1 %
Salaire hebdomadaire moyen 780 $

Source : La Relance au collégial en formation technique, MELS, 2011.

Comment interpréter l’information

Pour connaître les établissements qui offrent ce programme, consultez l’Inforoute de la formation professionnelle et technique.

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