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Les festivals carburent avec des emplois précaires

Source : ARGENT – Les festivals, événements et attractions touristiques québécoises ont généré 22 513 emplois directs au Québec en 2012-2013. Des emplois saisonniers, pour la plupart, et de plus en plus difficile à combler. Pendant ce temps, 50 785 Québécois ont donné gratuitement de leur temps à ce segment de l’industrie touristique.

Les bénévoles représentaient en effet 84 % de la main-d’œuvre des festivals et événements (y compris les manifestations sportives, les célébrations de la Fête nationale, etc.). Les attractions touristiques (des installations permanentes comme les musées, les sites historiques et naturels, etc.) comptaient un peu plus de 18 % de bénévoles.

Ces chiffres proviennent de deux enquêtes réalisées par Festivals et Événements Québec (FEQ, qui revendique 269 organisations membres) et la Société des Attractions Touristiques du Québec (SATQ, 247 membres).

Plus des deux tiers (65 %) de la main-d’œuvre rémunérée des festivals et événements occupe des postes saisonniers, 60 % du côté des attractions touristiques. En comparaison, 30 % des emplois du secteur touristique en général sont saisonniers.

Il y a très peu de travailleurs à l’année dans l’industrie des festivals (9 % de l’emploi total). Il faut savoir que plus de 72 % des festivals et des événements se déroulent de juin à septembre et sont généralement assez brefs (cinq jours ou moins dans la moitié des cas). Les attractions touristiques emploient davantage de salariés à l’année (36 % des effectifs).

«Les étudiants sont plus difficiles à recruter», déclare Pierre-Paul Leduc, directeur général de FEQ et la SATQ. «Avant, les étudiants travaillaient l’été. Maintenant, les étudiants travaillent à l’année. Et l’été, ils veulent prendre des… vacances!»

De plus, les Québécois ont tendance à s’accorder des vacances (et à faire les touristes) plus tard, vers la fin de juillet et au mois d’août. À la mi-août, les étudiants s’apprêtent à rentrer en classe… «La rétention des étudiants est difficile, poursuit Pierre-Paul Leduc. Pendant la fin de semaine de la fête du Travail, notre saison estivale n’est pas encore finie, mais des entreprises n’ont plus de personnel. Les parcs aquatiques, par exemple.»

Les effets de la réforme de l’assurance-emploi, enfin, sont difficiles à cerner. «Les changements vont arriver progressivement. Les travailleurs vont-ils changer d’emploi ou de secteur d’activité?», demande Pierre-Paul Leduc, qui n’a pas encore de données sur les répercussions de la réforme.

Un sondage mené à la fin de juin dernier par l’Association québécoise de l;industrie touristique auprès de 363 entreprises dans 19 régions touristiques de la province indiquait qu’en moyenne, un employé sur quatre avait quitté le secteur. Le recrutement était une source de tracas importante pour la saison estivale 2013. Et 82 % des répondants montraient du doigt la réforme.

L’Association, dans un mémoire au gouvernement fédéral, a plaidé pour la reconnaissance d’un «statut d’emploi saisonnier» qui tienne compte de la récurrence de l’emploi, des compétences spécifiques associées aux métiers, de l’accès à la formation continue, de l’étalement des heures de travail, etc.

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