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Faux pas dans les réseaux sociaux

Oubliez Pinnochio : le mensonge pourrait ne pas survivre à l’ère 2.0. Quant aux fuites d’information stratégique, elles pourraient proliférer sur les réseaux sociaux. Quelques données et cas d’espèce.

Mauvais tuyaux

La compagnie de sécurité Internet Proofpoint révèle qu’en 2010, 20 % des compagnies américaines ont enquêté sur une fuite d’information stratégique sur un réseau social et que 53 % se disent «très préoccupées» par ces nouvelles brèches difficiles à colmater.

Méfiez-vous des blondes

En 2010, la compagnie de sécurité informatique BitDefender s’est prêtée à une expérience révélatrice. Elle a créé une page Facebook pour une jolie blondinette fictive de 21 ans et a demandé à 2 000 professionnels de différents domaines, hommes et femmes, de devenir ses amis. Plus de 90 % d’entre eux ont accepté, souvent sans même avoir échangé un message avec la blonde. Dans une deuxième étape, ces personnes ont engagé des conversations avec 20 des nouveaux amis de l’inconnue. Après deux heures de conversation, 83 % évoquaient les nouveaux produits non dévoilés de leurs entreprises et 72 % dévoilaient des stratégies de leur compagnie.

L’espion en maillot de bain

Dans le domaine de la fuite d’information stratégique, difficile de faire mieux que le chef des services secrets britanniques. En juillet 2009, sa femme avait publié des photos de famille sur Facebook, qui permettaient de découvrir le domicile, les amis et les lieux de vacances favoris de l’espion en chef. Le ministère des Affaires étrangères a vite effacé les informations… mais pas assez rapidement pour empêcher des photos de l’espion en maillot de bain de circuler sur la toile!

Facebook ne prend pas de vacances

Les fuites d’information ne proviennent pas forcément d’une mauvaise intention d’un employé, explique Annabelle Richard, avocate française spécialisée en technologies de l’information. Elle cite l’exemple d’un représentant d’une agence de voyages française qui publiait systématiquement sur Facebook le nom des hôtels où il dormait. Seul problème : il négociait des tarifs préférentiels avec ces hôtels, mais ses concurrents le suivaient à la trace sur Facebook et négociaient les mêmes tarifs à leur tour!

Malades de Facebook

En 2008, Tom Stones, un magasinier de la chaîne de supermarchés britannique Tesco, appelait son employeur, prétextant qu’il ne pourrait travailler ce soir-là, car il se sentait malade. Quelques heures plus tard, il se vantait pourtant sur Facebook d’être sorti dans un bar et d’avoir passé une très bonne soirée. Un collègue jaloux a imprimé le statut et l’a transmis à son employeur, qui a sanctionné le travailleur.

Pas très kascher

En Israël, où le service militaire est obligatoire pour tous, l’armée a enquêté sur 1 000 jeunes femmes qui avaient déclaré être des orthodoxes pratiquantes, seule manière pour elles d’être dispensées de service. Toutefois, une visite sur la page Facebook de certaines d’entre elles permettait de les voir en «tenue indécente» ou attablées dans un restaurant non kascher. Certaines d’entre elles ont même répondu à de fausses invitations à des soirées du vendredi soir, début du shabbat…

Ne souriez pas, vous êtes googlé

L’histoire de la Québécoise Nathalie Blanchard a fait le tour du monde. À l’automne 2009, cette employée d’IBM était en congé maladie pour dépression depuis un an, lorsque son assureur santé a soudainement cessé de lui verser son allocation. L’assureur a en effet prétexté que les photos Facebook de Mme Blanchard (sur une plage des Caraïbes ou en compagnie de danseurs nus dans un bar) attestaient qu’elle n’était plus déprimée. La jeune femme a depuis repris le travail, mais a intenté un procès à son employeur et à son assureur quant à leur jugement en matière de dépression. Une affaire à suivre en 2012.

La face cachée du CV

Les chasseurs de têtes ne se contentent plus de votre CV. Ils fouillent désormais les réseaux sociaux à la recherche des «zones grises d’un candidat», prévient Marko Boyer de la firme de recrutement Courtech, à Montréal. Ce dernier se souvient d’un candidat modèle, marié et père de famille, qu’il avait retrouvé en vedette de la page d’accueil d’un site de rencontres, à la recherche de relations coquines… En 2009, selon une étude du site de recherche d’emploi careerbuilder.com, 45 % des employeurs américains ont utilisé les réseaux sociaux pour enquêter sur un candidat, et 35 % y ont trouvé des raisons de ne pas le recruter : photos compromettantes, propos indécents, etc.

Téléphone intelligent… et honnête

Le blogue spécialisé ReadWriteWeb met en garde ses lecteurs contre le géomarquage, qui consiste à ajouter des données GPS à ses photos Twitter ou Facebook, le plus souvent avec son téléphone intelligent. Cette technique est déjà utilisée depuis longtemps dans les transports routiers pour pister les employés, mais elle pourrait se répandre à tous les salariés qui utilisent un cellulaire professionnel. Alors, si vous êtes en déplacement pour le travail, évitez de référencer ce nouveau bar que vous venez de découvrir…

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