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Faites avancer le monde en TIC

Travailler dans le domaine des TIC tout en contribuant à l’avancement d’une bonne cause ou en aidant son prochain, c’est possible! Portrait de quatre spécialistes des technologies de l’information qui ont des convictions.

Découvrez l’édition 2014 du guide
Les carrières des technologies de l’information et des communications.

Améliorer la qualité de vie

Marco Guilmette, président d’Infologique innovation Photo : Geneviève Trudel

Marco Guilmette, président d’Infologique innovation Photo : Geneviève Trudel

On dit de Marco Guilmette qu’il est une source inépuisable de nouvelles idées. L’une de ses récentes créations, Marti (Mon assistant à la réalisation de tâches interactif), a d’ailleurs remporté le prix OCTAS 2012 décerné par le Réseau Action TI (qui regroupe des professionnels des TI) pour l’Application de l’année au service de la société, coiffant au poteau des géants comme Desjardins et la SAQ.

À la tête d’Infologique innovation, une petite firme de consultation en intelligence d’affaires située à Trois-Rivières, ce diplômé en techniques de l’informatique, spécialisation en informatique de gestion du Cégep de Granby a toujours aimé développer des concepts. «Je voulais avoir un impact sur la société, aider les gens tout en me servant de ma créativité», explique-t-il.

L’idée derrière Infologique innovation, qu’il a fondée en 2009, est d’améliorer la qualité de vie des individus en utilisant la mobilité. «Nous voulons être un pont entre la technologie et les personnes qui en ont besoin, en développant des produits pour les aider», précise Marco Guilmette. Et c’est exactement ce que réussit à faire l’application Marti. Installé sur un iPhone ou un iPad, cet outil permet à ceux qui souffrent de déficience intellectuelle ou d’un trouble envahissant du développement, entre autres, d’effectuer seuls des tâches de la vie quotidienne.

Concrètement, Marti est un assistant virtuel qui montre étape par étape comment se faire un thé, nourrir le chat, se préparer un sandwich, etc. Les tâches sont décomposées en plusieurs séquences, en utilisant la vidéo, la photo et des instructions audio qui guident l’utilisateur.

Marti permet de programmer 50 tâches différentes et a été développée en collaboration avec des chercheurs de la Chaire de recherche sur les technologies de soutien à l’autodétermination de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

La beauté de la chose? Cet outil est incroyablement flexible et peut être adapté au quotidien de chaque individu. «Les parents d’un enfant souffrant de déficience intellectuelle peuvent programmer les étapes en fonction de ses besoins spécifiques. Par exemple, en prenant en photo les vraies armoires de la cuisine et en les intégrant à la séquence», explique Marco.

«Depuis que je suis tout jeune, je me valorise au moyen de ce que je peux rendre à ma communauté. J’ai trouvé ma voie avec Marti, qui me permet de concilier à la fois créativité et aide à autrui. D’ailleurs, le retour émotionnel des gens est énorme», confie-t-il. Il raconte que, lors d’une présentation de son produit à des parents, un couple s’est mis à pleurer en lui disant que s’il avait pu utiliser cette application alors que son enfant, aujourd’hui âgé de 39 ans, était jeune, il aurait pu lui apprendre énormément de choses…

Rendre plus autonome les personnes handicapées

Sébastien Bibeau, directeur des opérations chez kinova Photo : Josée Lecompte

Sébastien Bibeau, directeur des opérations chez kinova Photo : Josée Lecompte

Les TIC peuvent aussi améliorer la qualité de vie des personnes handicapées, celles qui ont perdu un bras dans un accident par exemple. En 2008, la compagnie Kinova, à Montréal, s’est lancée dans la création du JACO, un bras robotique destiné aux personnes en fauteuil roulant. Cet outil ultra-perfectionné est doté d’une main à trois doigts qui se fixe sur le fauteuil. Il permet de saisir des objets, de tenir une fourchette, de ramasser ses lunettes, voire de se gratter le bout du nez!

Cette petite merveille de l’ingénierie facilite considérablement la vie des personnes à mobilité réduite qui peuvent donc accomplir une foule de gestes quotidiens qui, autrement, nécessiteraient une aide extérieure.

Le directeur des opérations de Kinova, Sébastien Bibeau, ing. jr, a participé à l’élaboration du prototype et à tout le processus de développement. Il a notamment travaillé sur la programmation du «cerveau» du JACO, lequel lui permet de fonctionner adéquatement et de prendre des «décisions» sur ses activités de contrôle, de gestion des systèmes, etc.

«C’est à la fois gratifiant et motivant de pouvoir aider les personnes handicapées. C’est une véritable mission de vie. J’ai toujours voulu participer à la conception de produits qui améliorent l’existence des gens. D’ailleurs, je souhaitais que mon expertise puisse servir à une entreprise “noble”. Je n’aurais jamais pu œuvrer pour une compagnie de tabac, par exemple!» fait-il valoir. Avant de se retrouver chez Kinova, le diplômé en génie des technologies de l’information à l’École de technologie supérieure avait travaillé pour une firme de création de jeux vidéo. Bien qu’intéressant, ce domaine ne lui donnait toutefois pas l’impression «de faire quelque chose qui fait avancer le monde».

Outre la gestion des opérations quotidiennes de la compagnie, il présente aussi le produit aux clients. Ce volet qui touche aux relations interpersonnelles lui tient particulièrement à cœur. «C’est à ce moment-là qu’on se rend vraiment compte à quel point le JACO peut aider une personne handicapée», se réjouit-il.

Développer des outils dédiés à la psychiatrie

Axel Van Leeuw, chef du service informatique à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas Photo : Josée Lecompte

Axel Van Leeuw, chef du service informatique à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas Photo : Josée Lecompte

En tant que chef du service informatique de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, Axel Van Leeuw supervise le travail d’une équipe de 20 personnes. L’Institut Douglas, situé à Montréal, comprend trois entités : la fondation, l’hôpital et le centre de recherche. Autant dire que le travail ne manque pas pour ce titulaire d’une maîtrise en informatique de l’Université du Québec à Montréal et d’un baccalauréat en sciences physiques obtenu préalablement en Belgique.

Actuellement, il travaille au virage technologique de l’Institut Douglas, afin que ce dernier devienne un établis­sement entièrement numérique d’ici cinq ans. Tout un défi, qui demande à la fois de moderniser les systèmes informatiques (gestion de paie et de ressources humaines, d’archivage, de transmission d’images médicales, etc.), mais aussi de développer des outils dédiés à la psychiatrie. Il travaille notamment sur OACIS, un logiciel de dossiers cliniques informatisés. Ce système permet aux médecins d’avoir accès au bilan de santé global des patients au moyen d’un dossier électronique unique qui contient toutes les informations médicales mises à jour.

«L’Institut Douglas est reconnu pour son leadership dans le domaine de la santé mentale et le ministère de la Santé et des Services sociaux nous a confié le mandat de développer des outils informatiques spécifiques», explique Axel Van Leeuw. Pour ce faire, lui et son équipe ont travaillé de concert avec des cliniciens de l’Institut et des trois autres établissements psychiatriques de la région de Montréal. Les cliniciens ont rédigé un cahier des charges à propos des fonctionnalités qu’ils aimeraient voir dans OACIS, pour l’adapter à la pratique en santé mentale. Par exemple, des outils informatiques pour l’évaluation de la cote de dangerosité d’un patient, de son risque suicidaire, pour gérer les différents aspects légaux concernant la garde en établissement, etc.

Ce n’est pas tout à fait un hasard si Axel Van Leeuw s’est retrouvé dans le domaine de la santé, car c’est un milieu dans lequel il a toujours baigné : sa mère et sa tante étaient infirmières et il a lui-même été préposé aux bénéficiaires pendant ses études. «Dans le domaine de la santé mentale en particulier, le personnel a un côté humain très développé. Cela en fait un milieu de travail formidable, où l’on met l’accent sur le respect et l’attention qui est portée aux patients. En ce qui me concerne, je m’estime chanceux que mes compétences puissent aider à améliorer le bien-être des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale», dit-il.

Contribuer au rayonnement culturel

Xavier Normand, gestionnaire de réseaux chez De Marque Photo : Valerie Busque

Xavier Normand, gestionnaire de réseaux chez De Marque Photo : Valerie Busque

La compagnie De Marque change elle aussi le monde à sa façon, en sauvant des milliers d’arbres. L’entreprise distribue des contenus éducatifs et culturels sous forme numérique, en particulier des livres. Actuellement, près de 200 éditeurs utilisent l’entrepôt de livres numériques De Marque, totalisant des milliers de ventes chaque semaine.

Xavier Normand est gestionnaire de réseaux pour l’entreprise, où il travaille depuis 13 ans. Il y est d’abord entré comme stagiaire, alors qu’il terminait une attestation d’études collégiales en administration et gestion de réseaux dans une école privée de Québec. Au quotidien, son rôle consiste à administrer les systèmes et à gérer les plateformes sur lesquelles les éditeurs déposent leurs livres numériques. «Je dois m’assurer que les serveurs ne sont pas débordés, que les fichiers déposés sont bien stockés, qu’il y a suffisamment d’espace mémoire dans les serveurs», énumère-t-il.

En travaillant pour De Marque, Xavier a d’abord la satisfaction de contribuer au développement durable et à la préservation des ressources forestières, car un livre numérique n’a pas besoin de papier pour exister. «Cet aspect est important pour moi, et j’ai l’impression de faire mon effort dans ce sens», dit-il.

Mais il a aussi le sentiment d’aider au rayonnement et à la promotion de la culture, dans la mesure où De Marque rend les livres plus accessibles. «Grâce au format numérique, on peut tenir des dizaines d’ouvrages dans le creux de sa main! Depuis l’an dernier, De Marque rend aussi les livres électroniques disponibles dans plusieurs centaines de bibliothèques publiques», se réjouit-il. Un usager peut donc emprunter un livre par Internet, de n’importe où, en téléchargeant un fichier qui s’autodétruira de lui-même au bout de 21 jours. Pas de doute, les TIC peuvent bel et bien changer le monde!

Les carrières des technologies de l’information et des communications 2013

Cet article est tiré du guide
Les carrières des technologies de l’information et des communications 2013

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