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Éternels, les boomers?

retraite

Les 55 ans et plus sont maintenant plus nombreux que les 15-24 ans sur le marché du travail québécois. L’ère Liberté 55 est bel et bien terminée!

Voilà plusieurs années que l’on se fait rebattre les oreilles avec la retraite imminente des babyboomers. Or, de récentes données de l’Institut de la statistique du Québec laissent croire que les travailleurs les plus âgés n’ont pas encore dit leur dernier mot.

En 2009, alors que le Québec en pleine récession perdait 37 500 emplois (soit 1 % de tous les jobs de la province), les 55 ans et plus en obtenaient à eux seuls 30 500, une hausse de 5,4 % par rapport à l’année précédente.

Si bien que, pour la première fois depuis que l’on compile des statistiques à ce sujet, le nombre de 55 ans et plus en emploi (597 200) a dépassé celui des 15-24 ans (539 900)! Le facteur démographique y est pour beaucoup (les boomers sont les plus nombreux de la pyramide des âges), mais il n’explique pas tout.

Progression constante

Certes, le Québec est encore le paradis des retraites anticipées, comme le déplorait en janvier dernier un rapport du CIRANO intitulé La longévité : une richesse. À peine un tiers des Québécois de 55 ans et plus sont sur le marché du travail, un taux d’activité sous la moyenne canadienne, qui est de 36 %.

Toutefois, leur progression à ce chapitre est constante depuis 2002. D’autant plus que la récente crise financière en a contraint certains à prolonger leur vie active. Selon un sondage de la Régie des rentes du Québec, le fait de voir ainsi fondre leurs économies a poussé 30 % des 55-64 ans à retarder l’âge auquel ils prévoyaient dire bye bye boss.

Et que font-ils en attendant? Une analyse du CETECH montre que les gains d’emplois des 55 ans et plus entre 2008 et 2009 ont été particulièrement élevés du côté du commerce (+ 22 %) et du travail autonome (+ 16 %). Comme si, contraints de continuer à travailler, plusieurs avaient créé leur propre emploi ou réussi à convaincre un gérant de magasin que leur longue expérience en valait le coup.

Travailler passé 65 ans

Que ce soit par envie de poursuivre l’œuvre d’une vie ou par manque de chance (ou de prévoyance) au plan financier, les travailleurs plus âgés prendront peut-être le chemin de la Floride un peu moins vite dans les années à venir. Une forte proportion (44 %) de Québécois envisagerait même de continuer à travailler après 65 ans.

Comme l’écrivait récemment un représentant du Conference Board, le marché du travail de 2020 pourrait donc ressembler davantage à un cocktail intergénérationnel qu’à une déferlante de relève.

Toutefois, fait remarquer le sociologue Richard Lefrançois, les boomers ne resteront pas à n’importe quel prix. Cette génération qui s’est battue pour obtenir de meilleures conditions de travail connaît sa valeur et n’a que faire des emplois précaires et mal payés.

De quoi compliquer l’équation que doivent résoudre les employeurs déjà aux prises avec les revendications des Y.

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