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Est-ce vraiment le bon moment pour demander une augmentation?

Est-ce vraiment le bon moment pour demander une augmentation?

Photo : Gonzalo Aragon / Shutterstock

«Timing is everything». C’est d’autant plus vrai quand vient le temps de demander une augmentation salariale! Même si vous êtes bien préparé, même si vous avez des arguments en béton, même si vous avez une bonne relation avec votre patron, vous vous mettrez sans le vouloir les pieds dans les plats si vous ne tenez pas compte de sa réalité actuelle, de son état et de son contexte.

Le contexte

Un patron, c’est d’abord et avant tout un être humain. Il se peut qu’il traverse une mauvaise passe. Il est possible qu’il vienne tout juste de discuter avec un client mécontent ou de rencontrer un employé qui a fait une erreur majeure. Peut-être que les ventes ne sont pas au rendez-vous et que son stress est particulièrement élevé. Et peut-être aussi que tout cela arrive en même temps.

Même s’il occupe un poste de leader, il n’en demeure pas moins que ses mécanismes de défense vont intervenir pour le protéger.

Une arrivée stressante

Comment savoir si c’est le bon moment pour aller voir votre patron? Tout d’abord, regardez-le arriver au bureau.

Il marche rapidement et bruyamment? Ses bras restent près de son corps? Son regard est focalisé et il cligne peu des paupières? Ses épaules sont figées, si bien que sa tête ne bouge pratiquement pas pendant qu’il parle au téléphone ou à un interlocuteur? Il déplace les objets sur son bureau (tasse, papiers, souris d’ordinateur) de façon brusque ou essuie son visage avec ses mains? Ce n’est pas le moment de faire une demande, quelle qu’elle soit.

Une arrivée détendue

Inversement, ses bras bougent le long de son corps quand il marche, son corps vous semble fluide et détendu, ses poignets ne présentent pas de tension particulière? Vous avez un contexte plus approprié. Observez s’il prend le temps de saluer les gens sur son passage ou s’il se rend rapidement à son bureau. Il peut être détendu, mais avoir beaucoup à faire. Il pourrait ne pas avoir le temps pour traiter votre demande.

La réception de votre demande

Avant d’entamer la discussion avec votre patron, regardez dans quelle position il est. Il «sent» probablement que vous voulez lui demander quelque chose. Il peut donc s’avancer vers vous pour converser de choses sérieuses ou, au contraire, se reculer dans sa chaise, non pas en fermeture, mais bien en réflexion. Il va recevoir et analyser votre demande.

L’échange ou la confrontation

S’il s’avance, il est alors prêt à échanger avec vous. S’il le fait en transférant son poids sur son côté droit, j’espère que vous avez de bons arguments parce que lui en a. Il va vous présenter des éléments logiques, structurés, rationnels. Tant que ses axes de tête se modifient pendant ses conversations, que les poignets sont détendus et que les deux mains sont mobiles, ça va.

Si son corps se rigidifie et que seule la main droite est active, revoyez votre stratégie de communication parce que quelque chose ne passe pas. Écoutez davantage pour bien comprendre son besoin et son point de vue. On ne peut pas convaincre quelqu’un qui sent que vous ne l’écoutez pas.

Votre propre état d’esprit

Avant toute rencontre avec votre patron, prenez le temps de vous demander dans quel état d’esprit vous êtes. Si vous vous sentez stressé, fatigué, déprimé, faites une pause de méditation pour vous énergiser. Un échange ne donne de bons résultats que lorsque les deux interlocuteurs sont dans un bon état. Ça ne veut pas dire que vous gagnerez à tous les coups, mais vous mettez plus de chances de votre côté.

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Annabelle Boyer

Annabelle Boyer, CRHA est spécialiste de la synergologie, la lecture du non verbal. Elle est auteure des livres Relations sous emprise et Je lis en vous… savez-vous lire en moi? chez Béliveau Éditeur. Elle dirige également ABC Solution, une firme spécialisée en développement organisationnel et en ressources humaines.

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