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Équipes de rêve

Sandra Santos, CPA, CGA
Photo : David Simard

Sur le terrain, il n’est pas rare que des CPA, CA des CPA, CGA et des CPA, CMA se côtoient. Aperçu de la dynamique à l’œuvre au sein de ces super équipes!

Les cabinets comptables ne font pas que de la comptabilité. Depuis plusieurs années, ils accompagnent aussi les entreprises qui souhaitent améliorer leur fonctionnement. Par exemple, ils les aident à évaluer combien elles économiseront en modernisant leur structure administrative ou si elles devraient ou non investir dans de nouveaux équipements. Cette palette élargie des services offerts par les cabinets comptables exige plus d’un type de professionnel et, en particulier, des CPA, CA, des CPA, CMA et des CPA, CGA.

Comme auditeurs, nos rôles sont très variés.
Sandra Santos, CPA, CGA

Ces services additionnels, baptisés «conseils en management», ne sont pas nouveaux. Toutefois, ils prennent de l’ampleur. Chez Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT), par exemple, le bureau de Montréal a doublé le nombre de consultants du Groupe-conseil stratégie et performance au cours des cinq dernières années. «Pour répondre à la demande, nous sommes passés de 50 à 100 personnes», dit Pierre Fortin, CPA, CA, associé et responsable du service. «La multidisciplinarité est l’une de nos forces», ajoute-t-il. En clair, son équipe compte plusieurs types de professionnels, incluant des spécialistes du milieu de la santé, des ingénieurs et… des comptables professionnels de tous les profils.

Les experts en comptabilité ont tous la même formation de base. Mais chacun apporte des compétences spécifiques. «Par exemple, je confie généralement les analyses de coûts de revient à des CPA, CMA et les vérifications internes à des CPA, CGA ou des CPA, CA», explique Pierre Fortin. Une analyse des coûts de revient permet de trouver des façons de réduire les frais de production, alors qu’une vérification interne donne la possibilité de s’assurer que les processus internes fonctionnent de manière optimale. Chez RCGT, certains mandats font appel à ces deux expertises, ce qui amène les professionnels comptables des trois profils à travailler de concert.

Giancarlo Farinacci, CPA, CA
Photo : David Simard

Une collaboration quotidienne

Dans les bureaux montréalais du cabinet comptable BDO Canada, Sandra Santos, CPA, CGA, collabore étroitement avec Giancarlo Farinacci, CPA, CA. Sandra, 42 ans, est associée en Audit et Certification, responsable principalement du secteur des services financiers, alors que Giancarlo, 28 ans, est l’un des directeurs de ce même service.

La collaboration entre différentes expertises comptables favorise les apprentissages. Par exemple, elle permet à un CPA, CMA de s’initier à la vérification et à un CPA, CA de toucher au calcul des coûts de revient.
Pierre Samson, FCPA, FCGA

«Comme auditeurs, nos rôles sont très variés. Un aspect de mon rôle est de superviser la gestion des mandats et mes équipes et voir à ce qu’on réponde adéquatement aux besoins des clients, qu’ils aient une interrogation sur leurs états financiers ou, dans le cas des clients du secteur services financiers, sur les aspects comptables de leurs obligations réglementaires», dit Sandra. En tant que directeur, Giancarlo coordonne la gestion des mandats et supervise le travail fait par les équipes d’audit dans les bureaux des clients, sur le terrain. «Je m’assure que notre équipe et nos clients soient prêts lorsqu’il faudra procéder à l’audit des états financiers», dit-il.

Sandra et Giancarlo se concertent pratiquement chaque jour. «Je tiens Giancarlo au courant de toutes les communications avec nos clients qui ont un impact sur le travail d’audit, pour qu’il soit en mesure de bien gérer le dossier sur le terrain», indique Sandra. De son côté, Giancarlo tient Sandra au courant du progrès des mandats, des faits importants décelés pendant le travail d’audit, et dès qu’il s’aperçoit qu’un événement pourrait avoir un important impact financier chez un client. Par exemple, si un client du secteur services financiers ne respecte pas certains aspects des règlements auxquels il doit se soumettre, Giancarlo et Sandra discutent immédiatement entre eux et avec leur client pour déterminer les impacts et les étapes à suivre pour régler la situation.

Des expertises spécifiques

Chez Samson & Associés, un cabinet de Gatineau qui emploie une cinquantaine de comptables professionnels provenant de tous les horizons, les comptables collaborent sur des dossiers de vérification de subventions et de contributions. «En quelques mots, nous vérifions si les organismes subventionnés par le gouvernement fédéral ont bien dépensé l’argent reçu aux fins qui avaient été prévues», explique Pierre Samson, FCPA, FCGA et président de ce cabinet comptable.

Avant de former une équipe, on analyse les besoins du client, puis on détermine quels employés sont disponibles et capables d’y répondre.
Pierre Fortin, CPA, CA

Ici, l’expérience des CPA, CMA dans l’analyse des coûts de revient est très utile : elle permet de déterminer, par exemple, s’il est plausible qu’un festival réclame autant de milliers de dollars pour la location de tentes. «Les CPA, CA et les CPA, CGA participent aussi à ces dossiers, parce qu’ils ont d’excellentes méthodes de vérification», ajoute Pierre Samson.

Certaines équipes, comme celle de Sandra et Giancarlo, sont permanentes. D’autres se renouvellent à chaque mandat. «Avant de former une équipe, on analyse les besoins du client, puis on détermine quels employés sont disponibles et capables d’y répondre», indique Pierre Fortin. Chez RCGT, un mandat réunit une combinaison variable de professionnels comptables. Samson & Associés fonctionne de façon assez semblable : selon le mandat dont il hérite, le chargé de client forme une équipe qui comporte de un à six professionnels.

Pierre Fortin, CPA, CA
Photo : David Simard

Une occasion d’apprendre

Travailler avec des experts issus d’autres spécialités comptables présente des avantages et… quelques défis. Par exemple, comme seuls les CPA qui détiennent le permis de comptabilité publique sont autorisés à signer les rapports de certification, cela complique quelquefois le travail dans certains mandats. «Au sein de BDO, certaines équipes sont composées de divers professionnels comptables. Nous devons donc nous coordonner avec des CPA auditeurs, qui ont le droit de signer les rapports de certification, pour arriver à clore des dossiers souvent complexes et délicats», explique Sandra.

D’un côté, cela représente un défi pour Sandra. «Cela me demande de me coordonner avec mes collègues tout au long de mes mandats», dit-elle. D’un autre côté, cela lui permet d’échanger avec d’autres sur les dossiers. «L’application des normes comptables peut demander des choix de politique, dans le sens où une transaction peut être comptabilisée différemment. En tant qu’auditeurs, nous devons évaluer si le choix d’un client est approprié, illustre-t-elle. Ma collaboration avec un CPA auditeur m’aide à valider mon évaluation de ces situations.»

«La collaboration entre différentes expertises comptables favorise les apprentissages, renchérit Pierre Samson. Par exemple, elle permet à un CPA, CMA de s’initier à la vérification et à un CPA, CA de toucher au calcul des coûts de revient.» Travailler dans ce type de cabinet accroît aussi la variété des mandats, ajoute Marie-Joëlle Rivard, CPA, CMA, et membre de l’équipe de Pierre Fortin.

«Avant de travailler ici, j’ai exercé pendant deux ans dans un cabinet de CPA, CMA, dit la directrice de 35 ans. Je n’y faisais que du coût de revient, alors qu’ici, je touche à la stratégie des organisations, à l’analyse financière et à la gestion des risques, entre autres.» Pour son plus grand bonheur. Et celui de ses clients, bien sûr…

L’expérience ou le titre?

Ce n’est pas un hasard si la profession comptable est maintenant unifiée : les 35 400 comptables professionnels du Québec ont beaucoup de compétences en commun.

Les employeurs le savent. «C’est moins le titre comptable qui importe que l’expérience», dit Pierre Samson, FCPA, FCGA. Lorsque le président de Samson & Associés cherche de nouveaux employés, il demande surtout une expérience de travail au gouvernement canadien, puisque les ministères fédéraux forment une grosse part de sa clientèle. «Quand j’ai un poste à pourvoir, je ne pars pas à la recherche d’un CPA, CMA, d’un CPA, CA ou d’un CPA, CGA, mais d’une personne qui a de l’expérience en coût de revient ou en tenue de livres», renchérit Pierre Fortin, CPA, CA, associé chez Raymond Chabot Grant Thornton.

Par ailleurs, l’expérience acquise durant la formation colore aussi le CV d’un futur comptable. Le lieu de stage a son importance pour la formation d’un professionnel comptable. Par exemple, cela change beaucoup de choses si on fait un stage dans une PME, en cabinet ou dans une multinationale, à Montréal ou en région, ou dans le secteur des services ou une industrie manufacturière. Cela modifie l’expérience, et donc l’expertise, et ce, indépendamment du titre.

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