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Entrepreneuriat : conseils de pros

Selon Raymond Lafontaine et Dennis Wood, deux entrepreneurs à la feuille de route exemplaire*, le Québec constitue une terre d’accueil incomparable pour une nouvelle entreprise. Voici leurs conseils pour maximiser les chances de succès.

Épargner

Une fois qu’il a dépisté un marché et bâti un plan d’affaires, c’est l’argent qui est le nerf de la guerre de l’entrepreneur débutant, estime Raymond Lafontaine. Le piège à éviter : l’emprunt de sommes de loin supérieures à la mise de fonds personnelle. «Le tout premier capital doit provenir des épargnes. Si tu as trop de dettes, les fins de mois reviennent vite… Il faut faire un exercice mathématique et supposer que tous les clients paieront dans trois mois. Dans les coffres, il doit donc toujours y avoir une marge équivalant au salaire des employés pendant ce délai.»

Savoir s’entourer

Vous ne connaissez rien du secteur dans lequel vous souhaitez vous lancer? Ce n’est pas un problème, pourvu que vous sachiez vous entourer de gestionnaires compétents, explique Dennis Wood, qui ne comprenait rien aux circuits électroniques en achetant C-Mac… et pas davantage quand il a vendu l’entreprise, lance-t-il à la blague. «Il faut s’entourer de gens qu’on estime meilleurs que nous dans le domaine. Pour le reste, tout s’apprend. C’est sûr qu’il faut être impliqué à tous les niveaux de l’entreprise. Mais connaître les grandes lignes suffit.»

Bien choisir ses associés

Les associés sont absolument nécessaires au succès, selon les deux hommes d’affaires. «Quand deux associés voient les choses sous des angles différents, ils se complètent, constate Raymond Lafontaine. Dans mon entreprise, j’étais davantage orienté vers la stratégie et le marketing tandis que mon associé était fort en finance. C’est important d’avoir des forces complémentaires.»

Croître en douceur

L’expansion d’une entreprise est une étape cruciale mais difficile, assurent les deux entrepreneurs. «Small is beautiful», affirme Dennis Wood. Il ne faut pas faire de l’expansion uniquement dans le but de devenir gros, mais savoir attendre le moment idéal pour investir de nouveaux capitaux. Pendant ce temps, mettez votre argent à la banque et attendez.»

 

Les meilleures et les pires raisons
de se lancer dans les affaires

Rehausser ses revenus : excellent motif… mais difficile à atteindre pendant les premières années. Le salariat ne permet pas, sauf exception, de s’enrichir. De leur côté, les entrepreneurs peuvent valoriser un capital, vendre leur entreprise à profit et bénéficier d’une fiscalité avantageuse. «Aujourd’hui, les gens se disent que la seule façon d’être riche, c’est de se lancer en business, dit Yvon Gasse. Ils n’ont pas tort!»

Exploiter ses talents : effectivement, vous pourrez mettre davantage toute la palette de vos talents à profit pour vous-même que pour votre employeur.

Bénéficier d’horaires flexibles, concilier travail et vie privée : à oublier! «Être son propre employeur, c’est plus une responsabilité que des avantages, assure Olivier Trudeau. Il faut être prêt à faire beaucoup de sacrifices.»

Influencer son milieu : absolument. Quasi inexistant avant la révolution tranquille, l’entrepreneuriat a profondément modifié la société québécoise. Les PME créent la majorité des emplois et stimulent le développement local.

Vivre un trip de pouvoir, devenir une star du Québec inc. : pourquoi pas, quand on brasse des millions (réels ou sur papier). Mais attention, le quotidien de l’entrepreneur moyen n’a rien à voir avec celui de Donald Trump.

 

Écouter les employés

Les employés constituent aussi une précieuse source d’information. Ce sont eux qui traitent avec les clients, prennent le pouls quotidien de l’entreprise, pataugent dans les problèmes. «Ils nous renseignent sur la façon dont ils perçoivent tel projet, nous donnant ainsi des clés pour savoir comment orienter la croissance de l’entreprise, dit Dennis Wood. C’est toute une habileté que de savoir obtenir leur confiance. Il suffit souvent de les écouter, ce que peu de gestionnaires font.»

Savoir vendre à temps

Les sentiments et les affaires ne font pas bon ménage. «Un conseil : ne devenez pas amoureux de votre entreprise! clame Dennis Wood. Sachez vendre quand c’est le temps.» Ainsi, pendant que valsaient les millions chez C-Mac et que le carnet de commandes débordait, son président a senti la fin approcher. «On avait de grosses ventes, mais 49 % d’entre elles étaient liées à une seule entreprise, Nortel, et 80 % à une seule industrie, les circuits électroniques. Et l’industrie s’est écrasée… Je l’ai senti venir. J’ai vendu beaucoup plus cher avant l’éclatement que si je l’avais fait six mois plus tard.»

* Groupe LGS, l’entreprise que Raymond Lafontaine a fondée en 1979, est devenue l’une des plus importantes firmes-conseils en technologies de l’information au Canada. Son chiffre d’affaires atteignait 275 M$ lorsque l’homme d’affaires l’a cédée à IBM Corporation en avril 2000.

* Dennis Wood a débuté dans les pâtes et papiers avant de fonder sa propre cartonnerie, puis une usine de papier peint. À partir de 1985, il a hissé C-Mac, un concepteur et manufacturier de composants électroniques, au septième rang mondial de sa catégorie avant de céder l’entreprise à des intérêts américains il y a deux ans.

 

Pour consulter d’autres ressources Web

Guides — Centre d’entrepreneurship HEC-Poly-Université de Montréal
www.hec.ca/entrepreneurship/guides.htm
Trois guides pratiques : le démarrage, le plan d’affaires, les formes juridiques d’entreprises.

Fondation de l’entrepreneurship
www.entrepreneurship.qc.ca
Informations sur la culture entrepreneuriale : études, guides pratiques, conférences, service de parrainage, etc.

Info entrepreneurs
www.infoentrepreneurs.org
Centre de référence sur les services aux entreprises.

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