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Éloge du désordre

Heureux les bordéliques, car ils sont plus productifs et plus créatifs. En effet, laisser les documents s’empiler sur son bureau est plus efficace qu’interrompre sans cesse son travail pour les ranger… et le fouillis favorise l’éclosion de nouvelles idées!

C’est du moins ce que soutiennent Eric Abrahamson, professeur en gestion à l’Université Columbia de New York, et David H. Freedman, journaliste et collaborateur au Atlantic Monthly et à la Harvard Business Review.

Dans leur livre A Perfect Mess: The Hidden Benefits of Disorder (Un peu de désordre = beaucoup de profit(s)), ces deux défenseurs du désordre démontrent que les intégristes de l’organisation ont tout faux. Le bordel est rentable, disent-ils, au contraire de l’ordre qui, lui, coûte cher sans nécessairement offrir un retour sur l’investissement. Car à force de garder leur bureau aussi propre et ordonné qu’un jardin japonais, les gens hyper organisés perdent non seulement un temps fou, mais ils briment leur créativité.

Les grandes idées naissent du chaos

Selon les deux auteurs, non seulement le bric-à-brac est-il plus productif, mais il est aussi un terreau fertile pour les nouvelles idées. En font foi de nombreux progrès scientifiques et découvertes révolutionnaires résultant d’une piètre aptitude au ménage. Ainsi, en 1928, Alexander Fleming a accidentellement découvert la pénicilline, une moisissure aux propriétés antibactériennes, grâce à une boîte de Pétri contaminée dans laquelle il cultivait des staphylocoques. Le compositeur classique du XVIIIe siècle, Jean-Sébastien Bach, a quant à lui pondu plusieurs de ses chefs-d’œuvre en improvisant. Tandis que le géant Microsoft conçoit ses logiciels dans le désordre le plus complet.

C’est qu’en mélangeant des idées, des informations, des gens qui ne devraient normalement pas se trouver au même endroit, le désordre engendre la créativité. Chercher un article en particulier dans une pile de documents et trouver par hasard un article oublié (mais ô combien utile)? C’est le désordre à l’œuvre. Fouiner dans les tablettes d’une librairie de livres d’occasion et dénicher LE bouquin inattendu mais tout à fait à propos? Encore le désordre qui règne.

De la même manière, Abrahamson et Freedman estiment que les entreprises trop organisées — dans lesquelles on planifie les journées dans les moindres détails — ratent des occasions en or. Parce que l’innovation ne fait pas partie d’un système ordonné. Ainsi, des trucs aussi simples que rassembler les employés de divers services sur un même étage permettent un choc des idées et l’ouverture des esprits.

L’essentiel des conseils des deux auteurs : agissez sans méthode, laissez traîner vos affaires, manquez de cohérence, improvisez, débarrassez-vous de tout ce qui s’apparente à un système de classement… Votre patron vous remerciera tôt ou tard.

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A Perfect Mess

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