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Effervescence dans les télécoms

Ennuyant, le domaine des télécommunications? Au contraire! Avec un bassin de 39 000 travailleurs répartis dans quelque 641 entreprises au Québec, les télécoms n’ont rien à envier aux secteurs du jeu vidéo ou du multimédia en matière d’effervescence et de nouveautés. Et les emplois? Il en pleut de toutes sortes : les (bons) candidats sont rois.

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Le géant de la réseautique CISCO prévoit que 71 % de la circulation de données sur le Net se fera sous forme vidéo d’ici 2016. L’effet YouTube? Sans doute. «Ce chiffre est en augmentation constante et cause une congestion très problématique. Accroître la capacité du réseau est devenu une priorité», dit Allan Benchetrit, président-directeur général de Vantrix, l’un des leaders mondiaux dans le domaine de la vidéo mobile.

Les gens veulent des commu­nications rapides et fiables.
Allan Benchetrit, président-directeur général de Vantrix

Pour faire face à cet embouteillage, les pourvoyeurs de services se tournent vers des entreprises qui développent des solutions d’optimisation de la bande passante. Un créneau qui permet, par exemple, à Vantrix d’exporter ses services aux quatre coins du monde à partir de son siège social montréalais… ou de son petit bureau de Sherbrooke. «L’Université de Sherbrooke offre un cours en encodage des données numériques qui cadre exactement avec ce que nous faisons, et c’est la seule au Québec, indique Allan Benchetrit. On a une équipe sur place pour dénicher des candidats qui ont des connaissances de pointe.»

Tous les moyens sont bons pour recruter la crème de la crème, car il faut contenter des clients de plus en plus exigeants. «Les gens veulent des communications rapides et fiables. Quand on travaille au cœur des réseaux, le niveau de stress est élevé : on n’a pas droit à l’erreur», lance Allan Benchetrit.

Sous tension

Benoît Santerre, développeur de logiciel depuis 2009 chez Octasic, est quotidiennement aux prises avec cet aspect du métier : la pression. Son employeur est un fournisseur mondial de puces et de logiciels de traitement multimédia pour les marchés des télécoms, des communications d’entreprise et des terminaux de communication. «En téléphonie, les attentes sont très élevées. On ne peut pas se permettre d’avoir un système qui plante 10 minutes chaque mois… Il faut que ça fonctionne, on n’a pas le choix!»

De plus en plus de grandes entreprises décident de créer leur propre système de téléphonie IP
Alain Létourneau, président d’Alteo

Un stress plutôt stimulant pour ce jeune travailleur qui a choisi de se spécialiser en télécoms pendant son bac en génie électrique. Au quotidien, Benoît travaille à la «passerelle média» : il s’assure de la bonne transmission des données entre un réseau de téléphonie filaire traditionnel et un réseau IP ou entre deux réseaux IP, quand ceux-ci ne sont pas compatibles. Il y côtoie autant d’ingénieurs en génie électrique que d’ingénieurs en informatique.

«Dans l’équipe, on est quasiment interchangeables, mais avec des forces différentes. Par exemple, ma formation en télécoms m’a donné une longueur d’avance sur les protocoles de communication par rapport à mes collègues qui ont un baccalauréat en génie informatique. Par contre, j’ai eu du rattrapage à faire sur le plan du développement de logiciels.»

Sans frontières

«Avec la convergence IP, la frontière entre l’électronique pure et l’informatique a tendance à s’estomper dans plusieurs métiers liés aux télécoms», confirme Alain Létourneau, président d’Alteo, une entreprise spécialisée dans le recrutement informatique située à Montréal.

Nouvelles technologies, nouveaux profils… et nouvelles ouvertures! «Les possibilités d’emploi vont être de plus en plus nombreuses, à la fois du côté des prestataires de services et des équipementiers, prévoit Sylvie Gagnon, directrice générale de TECHNOCompétences, le Comité sectoriel de main-d’œuvre en technologies de l’information et des communications. Mais les jeunes boudent les formations qui y conduisent. C’est dommage, parce qu’il y a déjà un manque de main-d’œuvre dans le domaine.» Une bonne nouvelle pour ceux qui persistent : les candidats auront l’embarras du choix.

Et les occasions d’emploi dépassent largement le cadre des entreprises spécialisées. «De plus en plus de grandes entreprises décident de créer leur propre système de téléphonie IP. Elles ont besoin de spécialistes en télécoms pour les monter et les faire fonctionner», note Alain Létourneau.

Toujours plus vite, toujours plus loin

À la différence d’autres secteurs des TIC davantage concentrés dans les grands centres urbains, les futurs travailleurs des télécoms ont un avenir partout au Québec, notamment grâce à la présence en région de TELUS et Cogeco. «Plus on équipe les régions avec la haute vitesse, plus ça prend des gens, en particulier des techniciens, pour s’occuper de l’installation et de l’entretien des réseaux», explique Sylvie Gagnon. Par exemple, les diplômés du programme Technologie de l’électronique, spécialisation Télécommunication, un diplôme qui donne notamment accès aux métiers de monteur de lignes et de câbles de télécommunications ou de technicien en montage et entretien des installations de câblodistribution, ont le vent dans les voiles : près de 97 % d’entre eux travaillent à temps plein.

Un peu partout au Québec, des organismes à but non lucratif contribuent même à déployer le réseau gratuitement. Les équipes des ZAP (pour Zones d’Accès Public) installent et entretiennent un réseau de points d’accès Internet qui permettent à tous ceux qui n’ont pas d’abonnement 3G de surfer sur le Net chez le dentiste, dans l’autobus ou à la terrasse d’un café. Leur main-d’œuvre? Des bénévoles.

«N’importe qui peut venir travailler avec nous, pourvu qu’il s’intéresse au domaine. On accueille aussi des étudiants du cégep et de l’université qui viennent chercher chez nous une expérience, explique Dave G. Pelletier, coordonnateur de ZAP Québec. Les défis sont nombreux, comme monter un réseau dans les traversiers! Ce sont des cas pratiques que les étudiants ne verront sans doute jamais dans leurs cours…» Une belle manière de se frotter à la réalité en rendant service à la communauté.

Tirer son épingle du jeu

Démontrer son enthousiasme pour les télécoms est un incontournable pour se démarquer. C’est l’avis de Marie-Josée Méthot, qui s’occupe de la configuration du réseau cellulaire chez Vidéotron en tant que superviseure du groupe Conception et Optimisation Radiofréquences. «J’encadre une équipe de 15 ingénieurs et je recrute régulièrement des stagiaires en TIC. En entrevue, je suis attirée par les jeunes qui sont passionnés et qui se tiennent à jour. Je sais qu’ils ne sont pas des experts, mais il faut au moins qu’ils soient capables de me parler du routeur Wi-Fi qu’ils ont à la maison!»

Et comme le domaine des télé­communications évolue extrêmement vite, se tenir constamment informé devient une nécessité tout au long de sa carrière, pas seulement le jour de l’entrevue. Comme le conseille Sébastien Rousseau, gestionnaire de projets en recherche et développement chez EXFO, un manufacturier d’appareils de mesure dont le siège social est situé à Québec, «il faut assister à des formations, participer à des congrès, être abonné à des revues… Même des employés expérimentés utilisent parfois les forums de discussion pour résoudre des problèmes techniques.»

«Quand on voit comment nos téléphones cellulaires ont changé en à peine cinq ans, ça en dit long sur la vitesse des améliorations technologiques en télécoms!» conclut Marie-Josée Méthot. La meilleure manière de savoir avant tout le monde à quoi ressembleront les communications d’après-demain? Tenter sa chance dans le métier…

L’après-Nortel…

C’est avec le DEC en technologie de l’électronique, spécialisation en télécommunication que Sébastien Rousseau est entré chez EXFO il y a 17 ans. Il est aujourd’hui responsable d’une équipe de 10 personnes. «J’ai profité de la croissance de l’entreprise, dit-il. Quand j’ai commencé, on était 60. On est maintenant 1 800 à travers le monde.» Voilà une preuve de la vitalité du secteur, y compris dans le domaine manufacturier, qui avait pourtant perdu des plumes avec l’éclatement de la bulle Internet et la fermeture de Nortel et de plusieurs de ses sous-traitants au milieu des années 2000. La chute du nombre d’emplois chez les manufacturiers a été sévère, en particulier dans la région de Montréal, où on est passé en 10 ans de 6 000 travailleurs à quelques centaines…

La bonne nouvelle : les emplois qui ont subsisté concernent des produits à forte teneur technologique fabriqués en petite quantité et nécessitant une main-d’œuvre plus scolarisée.

Les 5 plus grands employeurs

Voici les 5 plus grands employeurs dans le domaine des télécoms au Québec :

  • Bell Canada : 55 000 employés, dont 17 000 au Québec
  • TELUS : 41 100 employés, dont 5 500 au Québec
  • Vidéotron : 6 000 employés au Québec
  • Cogeco : 3 100 employés, dont 2 000 au Québec
  • Ericsson : 3 300 employés, dont 1 520 au Québec



Sources : TECHNOCompétences, Les Affaires et Vidéotron

Les carrières des technologies de l’information et des communications 2013

Cet article est tiré du guide
Les carrières des technologies de l’information et des communications 2013

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