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Dominique Anglade : dame de cœur

Dominique Anglade, ingénieure et présidente de la Coalition Avenir Québec
Photo : Josée Lecompte

Présidente de la Coalition Avenir Québec, fondatrice d’un organisme d’aide internationale, ingénieure dans des entreprises de renom. En à peine 15 ans de carrière, Dominique Anglade a cumulé les postes de prestige. Rencontre avec une femme de tête et d’action.

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D’entrée de jeu, ce qui frappe en parlant avec Dominique Anglade, ce sont sa détermination et sa grande humanité. «Deux choses indépendantes de notre volonté déterminent en grande partie notre destinée : le pays où l’on est né et les parents que l’on a eus», raconte cette ingénieure industrielle de 38 ans diplômée de l’École Polytechnique Montréal. «Pour ma part, j’ai été chanceuse, et j’ai le devoir de redonner à la société une partie de ce que j’ai reçu.» Une philosophie en filigrane de tout son parcours.

Ainsi, pendant plusieurs années, Dominique Anglade a siégé au sein de conseils d’administration de plus d’une douzaine d’organisations comme Centraide et la Conférence canadienne du Gouverneur général sur le leadership. Plus de 25 distinctions ont souligné cet engagement. Mais elle souhaitait aller plus loin.

Née au Québec, elle a gardé des liens très étroits avec la terre d’origine de sa famille où elle a passé trois ans durant son adolescence : Haïti. Plusieurs proches, notamment ses parents, ont péri lors du séisme du 12 janvier 2010.

En juillet 2010, elle a donc fondé KANPE – qui signifie «debout» en créole – un organisme qui vise à enrayer le cycle de la pauvreté en favorisant l’autonomie financière des familles les plus vulnérables à Haïti. Par exemple, la fondation aide des familles à trouver de nouvelles sources de revenu et à accéder au microfinancement.

Real products, real people

Ses activités professionnelles sont tout aussi remarquables. Après avoir décroché son diplôme, Dominique Anglade a amorcé sa carrière en 1996 comme ingénieure industrielle chez Procter & Gamble, dans une usine en Ontario. Elle a rapidement accédé à un poste de chef de service. À l’âge de 24 ans, elle se retrouvait à la tête d’une centaine d’employés. «J’étais une femme, jeune, noire et de surcroît francophone…», se souvient-elle. Pas facile d’établir sa crédibilité! «Pour y parvenir, j’ai rencontré chacun des membres de l’équipe et j’ai écouté. Cela a tout de suite créé un lien.»

En 2000, elle est revenue au Québec pour assumer les fonctions de directrice des affaires externes et gouvernementales chez Nortel, avant d’être recrutée quelques années plus tard par la prestigieuse firme McKinsey & Company comme consultante en gestion auprès de dirigeants de multinationale. En janvier 2012, alors que le benjamin de ses trois enfants n’était âgé que de quelques semaines, elle a fait le saut en politique et est devenue présidente de la Coalition Avenir Québec.

Le fil conducteur de ce parcours hors du commun? Peut-être ce qui l’a conduite initialement vers le génie industriel. «J’aime le concret, j’aime l’action, mais j’aime aussi les gens. Le génie industriel me ressemble, car on travaille en usine, sur le plancher des vaches, avec des machines mais aussi avec des individus. Real products, real people…»

Elle compte appliquer la rigueur de la gestion opérationnelle à la politique, aussi tissée de relations humaines. «J’aime rêver, mais je veux aussi du concret. Et dans ce sens, je veux avoir une société qui fonctionne. Aujourd’hui, le Québec n’est pas le reflet de ce que nous sommes. On peut faire mieux…»

Cet article est tiré du guide
Les carrières de l’ingénierie 2013

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