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Décrochage scolaire : une priorité, mais pas la seule…

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Alors que la dernière campagne électorale s’est déroulée sur fond de grève étudiante, l’éducation est un thème plus timide dans la présente campagne.

Les engagements formels se sont faits rares jusqu’à maintenant, mais il y a tout de même un enjeu sur lequel tous les partis semblent s’entendre : l’importance de la lutte au décrochage scolaire.

Les moyens proposés varient, mais les quatre principaux partis se sont engagés à attaquer ce problème :

  • Le PQ veut mettre en place une politique nationale de lutte contre le décrochage scolaire, dont l’objectif serait de faire en sorte que deux étudiants sur trois obtiennent leur diplôme dans les temps requis et que 80 % des étudiants l’obtiennent avant l’âge de 20 ans d’ici 2020.
  • Le PLQ propose de réduire de 40 % la bureaucratie du ministère de l’Éducation pour réinvestir dans une variété de mesures touchant notamment l’aide aux devoirs, tant au primaire et au secondaire, et le diagnostic hâtif des troubles d’apprentissage chez les jeunes enfants et leur prise en charge rapide.
  • La CAQ a promis d’investir 40 millions de dollars pour embaucher plus de conseillers d’orientation pour encadrer les jeunes dans leur choix de carrière, et améliorer le dépistage des troubles d’apprentissage chez les enfants.
  • Québec Solidaire veut réduire le nombre d’élèves par classe, augmenter les services aux élèves, et favoriser la réalisation de projets pour encourager la persévérance scolaire.

Le taux de décrochage diminue de façon relativement constante depuis une dizaine d’années. Selon l’Institut de la statistique du Québec, il s’élevait à 21,9 % en 1999-2000, mais a chuté jusqu’à 16,2 % en 2010-2011. L’amélioration est notable, mais cette proportion représente encore près de 11 000 élèves chaque année.

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Je ne me prononcerai pas sur les mesures qui semblent les plus efficaces, mais je me contenterai de dire que les partis ont raison de cibler cet enjeu. Car les décrocheurs qui n’obtiennent pas au minimum un diplôme d’études secondaires risquent de se marginaliser sérieusement du marché de l’emploi dans l’avenir.

D’ici 2021, Emploi-Québec estime que 77 % des postes qui seront créés exigeront une formation professionnelle, technique ou universitaire. Dans ce contexte, un diplôme d’études secondaires est non seulement un strict minimum, il est pratiquement vital.

Ceci dit, la lutte au décrochage est une première étape, mais il ne faudra pas s’arrêter là; une fois diplômé, tout ce beau monde devra être bien orienté et bien informé des domaines où la main-d’œuvre manque. Et ça, c’est une autre paire de manches.

Bien sûr, on ne peut forcer un jeune à se diriger vers un domaine particulier simplement pour combler les besoins des employeurs, mais avec 1,4 million d’emplois à pourvoir d’ici 2021 (20 % résultant de la croissance économique, et 80 % des départs à la retraite), dont plus de la moitié par les élèves qui se trouvent présentement sur les bancs d’école, le hasard risque de ne pas être suffisant pour pourvoir tous les postes disponibles.

Comment y parvenir? C’est l’un des défis que devra relever le prochain gouvernement. Mais une chose est sûre, le surmonter demandera avant tout de la cohésion : entre Emploi-Québec, les institutions scolaires et les employeurs. Et ça, c’est loin d’être acquis…

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Simon Granger

Simon Granger s'intéresse aux enjeux touchant la formation, l'orientation professionnelle et l'accession au marché du travail. Il aime le café filtre, le point-virgule et les mots croisés.

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