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De La Havane à la Montérégie

Félix González Rodríguez

Félix González Rodríguez
Photo : Mélissa Guillemette

À l’approche du Salon de l’immigration et de l’intégration au Québec, Jobboom rencontre des travailleurs venus d’ailleurs au parcours inspirant. Un travailleur qui a su faire sa place dans le milieu de la santé lance le bal.

Félix Gonzalez Rodriguez, Montréalais de 40 ans, dit souvent à la blague qu’il est né à Rimouski. Passionné de sports d’hiver, ce Cubain d’origine a embrassé la culture québécoise. Après avoir appris la langue, il a trouvé un emploi stimulant en visant un secteur où la main-d’œuvre est très recherchée.

JOBBM : Pourquoi êtes-vous venu au Québec?
Félix Gonzalez Rodriguez : Je me suis marié avec une Québécoise à Cuba et comme on dit : qui prend femme prend pays! Je suis arrivé en décembre 2007 comme résident permanent.

  Quel conseil donneriez-vous à un nouvel arrivant?
F. G. R. Apprendre le français. On ne perd pas sa culture pour autant. Et c’est nécessaire pour trouver un travail.

J’ai suivi des cours de francisation pendant environ un an et demi à mon arrivée. L’espagnol ressemble au français, mais c’est quand même très différent. Nous, les Cubains, avons la bouche paresseuse : on ne prononce pas toutes les syllabes. Mais cette technique ne fonctionne pas en français!

  Comment s’est passée votre recherche d’emploi?
F. G. R. J’avais toujours travaillé dans le monde de la santé à Cuba, comme technicien en réadaptation physique, alors je ne me voyais pas travailler dans un autre secteur. Par contre, mon diplôme cubain n’était pas reconnu par les employeurs d’ici.

J’ai donc décidé de faire une formation de sept mois pour devenir préposé aux bénéficiaires. Je cherchais une formation courte qui me permettrait de travailler rapidement et on m’avait dit qu’il manquait beaucoup de travailleurs dans ce métier.

La majorité de mes collègues de classe ont abandonné en cours de formation. J’ai persévéré, même si ce n’était pas toujours facile. Ma femme m’a beaucoup aidé à apprendre tous les noms de maladies et leurs symptômes : il y avait de grands cartons partout sur les murs à la maison et elle m’avait aussi fait une bande audio où elle prononçait ces mots en français.

  Avez-vous trouvé un emploi facilement après votre formation?
F. G. R. Ça a pris environ deux mois. Des employeurs m’ont dit que mon manque d’expérience de travail canadienne était un problème. J’avais pourtant fait trois stages. C’était frustrant.

Mais un ami infirmier avec qui j’avais étudié m’a dit d’apporter mon CV à l’hôpital où il travaillait en Montérégie. Le lendemain j’avais une entrevue et trois jours plus tard, j’étais embauché. J’étais tellement heureux!

  Avez-vous remarqué des différences entre le monde du travail québécois et le monde du travail à Cuba?
F. G. R. Au début, je trouvais ça stressant, parce qu’une pause de 30 minutes ici doit vraiment durer 30 minutes, pas 31. À Cuba, c’était plus flexible…

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