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Commerce électronique : ruée vers le Web

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Alors que la concurrence mondiale fait rage, de plus en plus d’entreprises québécoises se tournent vers le commerce électronique. Les diplômés en TIC doivent se tenir prêts à cliquer sur les bonnes occasions!

Tiré du magazine Les carrières des TIC 2014.

«Au Québec, le commerce électronique se porte de mieux en mieux depuis 2001. Aujourd’hui, la plupart des gens utilisent une tablette, un ordinateur ou un téléphone intelligent pour s’informer sur un produit ou un service avant d’acheter en magasin ou sur le Web. La sécurité entourant les transactions en ligne n’est plus considérée comme un frein», constate Abdel Mekki Berrada, professeur en administration et spécialiste de la gestion du commerce électronique à l’Université de Sherbrooke.

L’enquête NETendances du CEFRIO (Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations) portant sur le commerce électronique et les services bancaires en ligne révèle qu’en 2012, un Québécois sur deux a effectué des achats sur Internet. La valeur totale de ces transactions est estimée à 6,8 milliards de dollars, soit une progression d’environ 20 % en un an.

Que ce soit pour faire mousser leurs ventes ou simplement informer leur clientèle, les entreprises sont désormais obligées d’intégrer le Web dans leur stratégie de développement.

«Sous la pression de la concurrence et des offres à prix cassés des Américains, des petits et moyens commerçants doivent ouvrir leur boutique virtuelle. Leur objectif n’est pas forcément d’atteindre le marché international, mais plutôt de conserver ou d’élargir leur présence locale», explique François Gaumond, directeur services-conseils chez Umen Innovation, une société experte en commerce électronique et marketing Web implantée à Montréal et à Québec.

Dans le domaine du commerce électronique, la jeune pousse québécoise Frank & Oak, détaillant de vêtements pour hommes en ligne, fait figure de modèle. En misant sur une stratégie Web performante, elle affiche, depuis son lancement au début de 2012, une croissance fulgurante. Avec déjà plus de 500 000 membres enregistrés sur son site, Frank & Oak réalise 70 % de ses ventes aux États-Unis, et le reste au Canada.

Des technologies plus abordables

Il existe aujourd’hui de nombreuses solutions adaptées aux besoins d’affaires de chaque entreprise en matière de commerce électronique.

«Cela va de la vitrine virtuelle de base aux systèmes complexes intégrés. Depuis dix ans, des standards ont été développés : des logiciels à code source ouvert comme Magento ou osCommerce, gratuits ou peu coûteux, et d’autres fournis par des entreprises comme Microsoft. Désormais, on peut trouver des solutions approuvées, préconfigurées et faciles à intégrer. C’est notre responsabilité de suggérer le logiciel adéquat à notre client», affirme Alexandre Morin, président fondateur de Groupemedia, une agence Web spécialisée en développement d’entreprises en ligne.

Grâce à la multiplication des plateformes automatisées, des PME dont la gamme de produits reste limitée peuvent aussi ouvrir un magasin en ligne, en passant par Amazon ou eBay entre autres, à moindre coût et avec un minimum de ressources en entreprise. La technologie permettant le paiement en ligne est aussi plus accessible, fiable et sécuritaire.

Le marketing Web et la gestion des opérations ne sont pas toujours traités en profondeur dans les cours collégiaux ou universitaires.

«Pour des compagnies comme La Baie ou Walmart, par contre, la gestion quotidienne de leurs nombreux produits en ligne [construction du catalogue, mises à jour, outils de recherche, etc.] nécessite une solution puissante et plus coûteuse qui sera fournie la plupart du temps par des firmes spécialisées en Web ou en commerce électronique», souligne Vincent Corbeil, gestionnaire de projets à l’information sur le marché du travail chez TECHNOCompétences, le Comité sectoriel de main-d’œuvre des technologies de l’information et des communications.

La popularité grandissante des tablettes et téléphones intelligents vient influencer ce qui se fait sur le Web. «Les entreprises ont tout intérêt à adopter d’ores et déjà la technologie HTML5 – Responsive Web Design. Grâce à elle, le site Internet s’adapte de façon automatique au support sur lequel il est consulté», conseille Vincent Corbeil.

Profils recherchés

Le développement du commerce en ligne crée de nombreuses ouvertures pour les professionnels des TIC.

«Des fournisseurs de services, qui conseillent ou accompagnent les entreprises dans la réalisation de leur site marchand, vont, par exemple, recruter des programmeurs d’applications capables de maîtriser les différents langages de programmation ainsi que des stratèges en commerce électronique», explique François Gaumond.

«Du côté des détaillants, qui se servent du commerce électronique pour promouvoir leurs ventes, on va plutôt chercher un profil rare, à cheval sur la technologie et le marketing Web : un chargé de projet en commerce électronique, avec une formation en administration et gestion des TIC. Celui-ci doit collaborer avec l’équipe des opérations dans l’entreprise et veiller à la bonne exécution des tâches [commande, expédition, livraison, etc.], analyser et gérer les indicateurs de performance d’un compte Google Analytics et développer des promotions.»

Afin de bénéficier d’une expertise en commerce électronique qu’elles ne peuvent pas se payer à l’interne, des entreprises font parfois appel à des consultants autonomes. «Comme à peine deux PME sur cinq sont sur le Web, les besoins sont énormes», affirme Abdel Mekki Berrada.

Être à l’écoute du marché

Hormis quelques rares formations notamment données à HEC Montréal ou à l’Université de Sherbrooke, le marketing Web et la gestion des opérations ne sont pas toujours traités en profondeur dans les cours collégiaux ou universitaires.

«Les futurs diplômés doivent pourtant se familiariser avec l’ensemble de la chaîne logistique de distribution du commerce électronique et avec les différentes techniques pour attirer les consommateurs sur un site. C’est primordial», précise François Gaumond.

L’ère du marketing à la trace a commencé.

«L’an prochain, la grande majorité des Québécois aura un téléphone intelligent entre les mains. Imaginez que le mobile soit utilisé, encore plus largement, dans un processus décisionnel d’achat. Les personnes capables d’analyser les masses d’informations recueillies au moyen du mobile, grâce à la géolocalisation par exemple, et de les intégrer dans des stratégies pour fidéliser les consommateurs, seront très recherchées», conclut Abdel Mekki Berrada.

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