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Entrevue : comment répondre à la question «Quel est votre pire défaut?»

Comment répondre à la question «Quel est votre pire défaut?»

Photo : ruigsantos / Shutterstock

Même si l’on sait bien que nul n’est parfait et que chacun a droit à ses faiblesses, la question «Quel est votre pire défaut?», posée 8 fois sur 10, demeure épineuse. Pourtant, il faut faire face à la musique. Le défi est d’être à la fois honnête et stratégique. Voici comment y arriver.

Lorsque je prépare un client à une entrevue, je lui demande d’abord de me dire très honnêtement quels défauts il se reconnaît au travail. Souvent, il y a là une faiblesse réelle que l’on peut modeler afin de la communiquer adéquatement sans nuire à ses chances.

Jusqu’où être vrai?

Par contre, toute vérité n’est pas bonne à dire. Un client m’a déjà avoué son pire défaut ainsi : «Les soirs de semaine, je sors tard dans les bars, et le lendemain matin, je ne suis vraiment pas en forme lorsque je me présente au travail.» Oups!

Je me souviens lui avoir dit : j’apprécie votre honnêteté dans le contexte d’une simulation, mais je vous conseille de taire cette mauvaise habitude, et surtout, de comprendre et régler ce problème, qui a sûrement un impact sur votre performance au travail et, par conséquent, nuit à votre carrière!

Rappelez-vous cet adage : «Si tu es trop cru, tu es cuit…».

Reconnaître et relativiser

Au fond, il s’agit de trouver une façon de communiquer votre défaut sans porter ombrage aux aspects positifs de votre profil, et d’expliquer de quelle façon vous compensez cette faiblesse.

Voici 7 exemples de faiblesses, exprimées d’abord spontanément et sans nuance, suivis d’une version reformulée stratégiquement pour le contexte d’une entrevue d’embauche.

1. «Je suis intolérant devant l’incompétence ou la paresse de certains de mes collègues.»

Dites plutôt : «Je suis porté à être quelque peu impatient quand je constate que certains de mes collègues sont lents ou pas très organisés. J’ai appris à être plus tolérant, mais parfois, je dois respirer par le nez. J’ai compris que chacun travaille à son rythme et à sa façon.»

2. «J’étire au maximum mon temps de pause et l’heure allouée au dîner. Ça exaspère mes collègues qui attendent que je prenne la relève.»

Dites plutôt : «Il m’arrive d’oublier de surveiller le temps alloué pour la pause ou le dîner, mais je fais attention et c’est de plus en plus rare. Je ne veux pas impatienter mes collègues qui attendent de prendre leur moment de repos.»

3. «J’arrive souvent en retard ou juste à l’heure, essoufflé, sans avoir pris le temps de déjeuner ou même de prendre un café.»

Dites plutôt : «J’ai tendance à me lever trop juste. J’ai été en retard quelques fois et je trouve ça stressant. Toutefois, je m’efforce de me lever plus tôt et je prends même le temps de déjeuner et d’écouter les nouvelles du matin. C’est une habitude que je veux conserver.»

4. «Je suis très compétitif, jusqu’à être injuste et même désagréable avec mes collègues.»

Dites plutôt : «J’ai un côté compétitif. J’ai remarqué que cette attitude dérangeait mes collègues. Comme je tiens à maintenir un bon climat de travail, j’évite de lancer des défis et de susciter de la compétition. L’envie me vient parfois, mais je me retiens.»

5. «Je me compare souvent aux autres, je ne me sens jamais à la hauteur. Je ne me fais pas confiance et j’ai toujours besoin qu’on me rassure sur la qualité de mon travail.»

Dites plutôt : «Il m’arrive de ne pas me faire suffisamment confiance, mais je travaille fort sur ce point. De plus en plus, je constate que je travaille bien et je n’ai pas besoin d’approbation.»

6. «Je suis une personne d’action, d’innovation et de démarrage de projets, et j’avoue que je bâcle le travail lorsqu’il s’agit de peaufinage et de retouches pointues qui ne m’inspirent pas.»

Dites plutôt : «Comme je préfère lancer et démarrer un projet, si je m’écoute je serais porté à expédier à la hâte les détails de finition. Mais je sais que ceux-ci sont importants, alors je travaille ma patience et ma persévérance, et j’attaque cette étape, car je tiens à ce que le tout soit parfait.»

7. «Je n’aime pas l’autorité. Si on me donne un ordre ou une consigne, j’ai toujours besoin de protester ou de commenter.»

Dites plutôt : «Je peux être sensible à un style d’autorité très directif. Je suis toutefois à l’écoute et respectueux face aux directives et consignes de mes supérieurs pour livrer un bon travail.»

Vrai, stratégique et cohérent

Le recruteur appréciera votre honnêteté quant à l’impact de votre faiblesse sur les autres, sur le climat de travail ou sur vos résultats. Il sera aussi content de savoir qu’elle est maîtrisée et, surtout, que vous soyez ouvert à vous améliorer.

Soyez également honnête envers vous-même : engagez-vous à être cohérent avec la version améliorée de votre défaut. Aussi, soyez prêt à donner un exemple de l’amélioration dont vous faites part.

Comme vous voyez, il est possible de répondre à cette question de façon franche et stratégique. Faites-vous confiance. Bonne chance !

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Monique Soucy

Monique Soucy cumule plus de 25 ans d’expérience en tant que coach en gestion de carrière. Elle a aidé des milliers de personnes à réussir leur réorientation, à préciser leur profil professionnel, à personnaliser leur CV et à obtenir l’emploi convoité. Elle a écrit le livre J’ai mal à mon travail, publié aux Éditions de l’Homme et distribué partout dans la francophonie.

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