Navigation des articles

louis-philippe-messier

Ces travailleurs autonomes qui craignent de dire non

Afin de plaire à un client, un travailleur autonome ne devrait jamais céder à des exigences déraisonnables. Il doit apprendre à dire non… et à maîtriser cet art de refuser!

Le secret des travailleurs autonomes heureux en affaires se résume à cette vérité : le client n’a pas toujours raison et ses offres sont parfois mauvaises. «Les bêtes noires de ces professionnels sont le n’importe qui et le n’importe quoi, résume Sylvain Boisjoli, directeur général de l’Institut de formation Summus, une entreprise de services-conseils aux travailleurs autonomes. Travailler pour n’importe qui, c’est sous-facturer ses services et accepter beaucoup de clients peu payants. Travailler à n’importe quoi, c’est accepter des contrats qui ne conviennent pas à sa spécialité parce que l’on a trop mal défini son domaine d’expertise.»

Les bonnes façons de dire non

Un travailleur autonome avisé maîtrise l’art de refuser des contrats sans froisser ses clients. «Refuser un client parce que son emploi du temps est complet, ça montre au client que l’on gère bien ses affaires et ça peut lui inspirer confiance», dit Louise Lapointe, présidente d’Affaires et développement québécois, une association comptant quelque 200 travailleurs autonomes.
Un client ne sera pas fâché si le travailleur autonome qui vient de lui dire non lui offre une bonne solution de rechange. «Qui se fâcherait d’être référé à quelqu’un d’autre, plus à même de bien le servir? explique M. Boisjoli. Celui à qui l’on a dit non avec tact va peut-être rappliquer plus tard avec une offre encore plus intéressante ou pendant une période moins occupée où l’on a le temps de travailler pour lui.»

Refuser un contrat ou embaucher un sous-traitant?

Un travailleur autonome débordé d’offres intéressantes doit parfois sous-traiter et devenir lui-même un patron. «Cette étape pose souvent problème parce que les travailleurs autonomes, pour la même raison qu’ils préfèrent œuvrer en solo plutôt que dans un bureau, n’ont pas toujours le profil d’un bon patron et doivent acquérir l’art de traiter avec des subordonnés», dit Mme Lapointe.
L’Institut Summus de M. Boisjoli offre ses conseils aux contractuels qui font leurs premiers pas comme employeurs. Certains ont la piqûre et se consacrent à bâtir une entreprise. Chez certains travailleurs autonomes, un patron sommeille parfois!

Partager