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Case départ

Ça y est! Les études et les stages sont terminés. Le diplôme est encadré. Prochaine étape : plonger au cœur du marché du travail. Par où commencer? Il faut avant tout faire le tri dans les offres… Et dans vos envies!

Éplucher les offres d’emploi en sortant de l’école est parfois intimidant. Et en TIC, le mélange de titres interminables (technologue intégrateur en informatique et réseautique, conseiller en conception de systèmes organiques) et de «soupe alphabet» (SYRH, .NET, C++, J2EE) peut s’avérer indigeste. Heureusement, plusieurs variables facilitent la sélection.

Premier critère : les postes d’ingénieurs sont réservés aux diplômés en génie (logiciel, électronique, des technologies de l’information ou encore informatique) membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Ceux d’infographistes ou de techniciens Web sont généralement pourvus par des diplômés collégiaux en infographie ou en informatique. Toutefois, plusieurs postes sont ouverts aux diplômés universitaires comme à ceux du collégial. C’est le cas, notamment, des emplois d’administrateurs de bases de données, d’intégrateurs, de programmeurs ou d’artistes 3D.

Pour obtenir certains postes, il faut parfois satisfaire à des exigences particulières. Selon ses besoins, une entreprise peut chercher un programmeur qui connaît bien Java, ou MySQL, ou encore les technologies comme PHP ou ASP.NET.

Si votre formation ouvre sur plusieurs professions, discutez avec vos professeurs pour voir ce qui peut vous intéresser.

Zéro expérience

Les offres qui vous intéressent demandent deux à trois ans d’expérience? Pas de panique. Les stages, souvent obligatoires pendant la formation, sont pris en compte. «Chez nous, les étudiants en dernière session de techniques de l’informatique ont 15 semaines de stage en entreprise. Ils ont donc déjà une certaine expérience en arrivant sur le marché du travail», explique Johnny Gauthier, conseiller d’orientation et responsable du placement au Cégep de Chicoutimi. Les projets personnels ont aussi un poids, notamment dans les postes où il faut présenter un portfolio, comme animateur 2D-3D ou artiste 3D.

CGI, une des plus grandes firmes de consultation informatique au Québec, ne trouve pas toujours les candidats d’expérience qu’elle recherche – les débutants sont alors bienvenus dans des postes plus élevés, confirme Mireille Castonguay, chef du service de recrutement. «On les place en équipe avec des travailleurs expérimentés, qui leur montrent le travail», raconte-t-elle.

Moteur de recherche

Pénurie de main-d’œuvre oblige, les employeurs cherchent à mettre la patte sur les finissants rapidement. «En 2010, dans les programmes liés aux logiciels et aux TI, 75 % de nos étudiants en dernière session avaient déjà un contrat en poche», soutient Pierre Rivet, directeur à l’École de technologie supérieure.

Pour les autres, plusieurs avenues de recherche existent. En tête de liste : Internet, avec des sites généralistes comme celui de Jobboom, mais aussi des sites spécialisés (itjobs.ca) et les réseaux sociaux (Facebook et autres LinkedIn).

Chez Pyxis, une PME spécialisée dans le développement logiciel, on va jusqu’à donner l’avantage à ceux qui postulent au moyen des réseaux sociaux. «Comme on place nos offres sur les pages de groupes spécialisés hébergés par ces sites, on déduit que ces postulants sont déjà dans notre domaine. Il y a une connivence», soutient Anne-Laure Miquel, responsable du marketing et des communications.

Gros vs petit

La taille de l’entreprise peut sembler une considération triviale dans le contexte d’une recherche d’emploi. Elle a néanmoins des effets au-delà du nombre de collègues avec qui dîner. La nature des tâches y est souvent directement reliée.

Dans les grandes compagnies, les travailleurs ont des postes précis, avec des tâches et responsabilités bien cernées. Les grandes firmes de consultation informatique comme CGI embauchent beaucoup de diplômés (collégiaux et universitaires) pour pourvoir des postes en centres d’appels. Ils sont alors en première ligne pour résoudre les problèmes de systèmes informatiques les plus communs éprouvés par des clients comme Desjardins, Postes Canada, etc. «Selon la qualité de leur travail et les occasions qui se présentent, ils peuvent passer à un poste de consultant en deux ou trois ans», soutient Mireille Castonguay. Les diplômés universitaires y progressent généralement plus vite que ceux du collégial.

À l’inverse, dans une PME, la description de tâche peut être plus souple. Chez Pyxis, les travailleurs sont rapidement appelés à contribuer à la gestion. Ainsi, les diplômés universitaires qui se voient confier des postes de développeurs participent parfois au recrutement ou à d’autres tâches de gestion. «Pyxis est géré par les employés eux-mêmes, sans hiérarchie, explique Anne-Laure Miquel. Et comme on est une petite entreprise, les travailleurs touchent tous un peu à tout.» L’entreprise privilégie donc les candidats très autonomes.

Les débutants ont tout intérêt à commencer dans une petite entreprise, selon Sylvie Gagnon, directrice générale de TECHNOCompétences, le Comité sectoriel de main-d’œuvre en technologies de l’information et des communications. C’est bon sur le plan de la formation, puisque les tâches sont diversifiées, mais aussi pour le chèque de paie! «Notre enquête sur la rémunération montre que les employés de PME gagnent parfois plus que s’ils occupaient un poste similaire dans une grande entreprise», fait-elle remarquer.

Combien?

Excellente nouvelle : les conditions de travail sont bonnes dans le secteur, même pour les néophytes. Entre 2008 et 2010, le salaire médian a augmenté, en moyenne, de 8 % dans le domaine des TIC, par rapport à 6 % sur le marché du travail en général, selon TECHNOCompétences. Un programmeur-analyste débutant peut gagner autour de 45 000 $ par année, et un représentant en centre d’appels, près de 40 000 $. Dans d’autres domaines, notamment le génie logiciel et le génie électronique, les salaires annuels à l’entrée dépassent fréquemment 50 000 $.

En plus, les employeurs rivalisent d’imagination pour adapter les conditions de travail aux désirs des travailleurs. Chez Pyxis, on mise sur la flexibilité et la conciliation travail-famille. «Chacun est maître de son temps, dans la mesure où il atteint ses objectifs», explique Anne-Laure Miquel. Certains vont encore plus loin. Sylvie Gagnon a vu des employeurs carrément noliser un avion pour emmener les travailleurs et leur famille en vacances au Mexique.

Bref, de belles occasions à saisir… À condition de cerner ses désirs!

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