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Capitale-Nationale : bonne performance économique

La Capitale-Nationale se classe troisième parmi les régions ayant les plus bas taux de chômage au Québec. C’est facile à comprendre : les services y sont en pleine expansion, tout comme la recherche scientifique, le tourisme et les technologies de l’information. Et, malgré les coupes, le secteur public demeure un employeur important.

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Les perspectives

Les indicateurs économiques sont au vert dans la Capitale-Nationale : selon l’Institut de la statistique du Québec, la région occupe le troisième rang parmi celles qui ont les plus forts taux de croissance de l’emploi depuis 2001, immédiatement après les Laurentides et Lanaudière.

Le principal moteur de ce dynamisme? Les services. «Depuis 2000, 86 % des nouveaux emplois créés proviennent des services, incluant les soins de santé, la finance, les assurances, l’immobilier et les services professionnels, scientifiques et techniques», dit Guy Faucher, économiste à Emploi-Québec.

Autre atout, «la région se positionne davantage dans l’économie du savoir que le reste du Québec», précise Jean Laneville, analyste à l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec. En effet, la recherche-développement et les technologies de l’information et des communications (TIC), typiques de cette économie, y occupent une place de choix. Ainsi, la région accueille une dizaine de centres de recherche publics en sciences de la vie. Certains d’entre eux sont considérés comme les plus importants dans leur domaine au Canada, par exemple le Centre de recherche en infectiologie. La région héberge aussi le Centre d’optique, photonique et laser de l’Université Laval – reconnu internationalement – ainsi que, à la base militaire de Valcartier, un centre de recherches de R & D pour la défense Canada.

Les TIC, de leur côté, sont «favorisées par la forte présence régionale des bureaux gouvernementaux, des compagnies d’assurance et de l’industrie du jeu vidéo», dit Line Lagacé, vice-présidente – Soutien à la croissance des entreprises à Québec International. À elle seule, Sinapse, une firme de services-conseils en TIC, prévoit embaucher 150 personnes en 2013.

La fonction publique, pour sa part, demeure un employeur majeur. «Elle embauche un travailleur sur dix, ce qui stabilise le marché du travail», dit Jean Laneville. Les restrictions budgétaires ralentissent toutefois le recrutement. Au provincial, sur deux postes laissés vacants par des départs à la retraite, un seul sera pourvu, jusqu’en 2014.

Constructions vertes et tourisme

En 2013, la construction a également le vent en poupe. Selon les derniers chiffres de Québec International, la région compte environ 120 chantiers majeurs. Mentionnons, par exemple, la rénovation du Château Frontenac, qui se déroulera jusqu’en 2014, la construction d’un amphithéâtre multifonctionnel dont l’inauguration est prévue pour 2015 et l’agrandissement de l’aéroport Jean-Lesage, qui se terminera aussi en 2015. Mieux :la Capitale-Nationale développe une expertise dans les bâtiments verts avec la construction, entre autres, de deux écoquartiers au printemps 2013. Au total, tous ces chantiers nécessiteront l’embauche d’environ 2 100 nouveaux ouvriers de la construction par année en 2013 et en 2014, calcule la Commission de la construction du Québec.

Le tourisme est un autre poids lourd. «Le Vieux-Québec, l’île d’Orléans et Charlevoix restent des destinations recherchées, dit Jean Laneville. Plusieurs projets viendront consolider cette offre.» Mentionnons l’ouverture en 2012 de l’hôtel La Ferme au complexe récréotouristique du Massif de Charlevoix, ainsi qu’un investissement majeur au Parc de la Chute-Montmorency, à Québec, incluant la construction d’un hôtel et l’installation d’une tyrolienne.

Une main-d’œuvre formée, mais rare

Au cœur de cette économie du savoir, de plus en plus de postes requerront une formation collégiale ou universitaire. Heureusement, la main-d’œuvre régionale est prête. «Que ce soit au secondaire, au collégial ou à l’université, le nombre de diplômés dans la région est légèrement plus élevé que la moyenne provinciale», dit Guy Faucher. Ce qui fait défaut n’est donc pas la qualité des travailleurs, mais leur quantité. «Depuis 2011, plus de gens quittent le marché du travail qu’il n’y en a qui y rentrent», dit Line Lagacé. Québec International organise d’ailleurs des missions de recrutement à l’étranger pour les entreprises qui n’arrivent pas à recruter localement. «En quatre ans, ce sont plus de 700 personnes qui ont été accueillies», précise-t-elle. 10/12

Population

701 204 habitants

Des secteurs qui recrutent

  • Aliments et boissons
  • Assurances
  • Commerce de détail
  • Construction
  • Hébergement et restauration
  • Information, culture et loisirs
  • Services professionnels, scientifiques et techniques
  • Soins de santé et assistance sociale

Source : Guy Faucher, Emploi-Québec.

Principales villes

  • Baie-Saint-Paul
  • Boischatel
  • Donnacona
  • Lac-Beauport
  • La Malbaie
  • L’Ancienne-Lorette
  • L’Ange-Gardien
  • Pont-Rouge
  • Québec
  • Saint-Augustin-de-Desmaures
  • Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier
  • Saint-Raymond
  • Stoneham-et-Tewkesbury

À signaler

  • La multinationale CGI, spécialisée dans les technologies de l’information, prévoyait engager 150 travailleurs en 2012-2013, dont des chargés de projet et des experts en sécurité informatique.
  • La Ville de Québec projette de construire des centres de biométhanisation et de compostage, à un coût de 57 millions de dollars. La mise en activité est prévue pour le printemps 2014, et créera environ 450 emplois directs et indirects. La vente de biogaz engendrera aussi des revenus.
  • Deux magasins Target ouvriront à l’automne 2013, l’un à Québec et l’autre à Lévis, générant entre 300 et 400 emplois.
  • En 2012, Bagel Maguire a acheté et modernisé une usine à Québec, engageant 35 personnes. L’instauration d’un deuxième quart de travail en 2013 nécessitera une vingtaine d’embauches supplémentaires.
  • Industries Océan recrutera une quarantaine de travailleurs pour ses installations de L’Isle-aux-Coudres en 2013.
  • En 2012, la biopharmaceutique Medicago a engagé 20 personnes après avoir augmenté la capacité de production de son usine pilote de Québec.


Sur le terrain

GDG Informatique et Gestion, une PME de Québec, a augmenté son effectif d’environ 50 % en 2012, passant à 60 employés. La moitié des postes créés ont dû être pourvus par des personnes recrutées à l’étranger.

Cette forte croissance provient notamment de la diminution des effectifs dans la fonction-publique, ce qui crée des occasions d’affaires et apporte des contrats au secteur privé. La présence des compagnies d’assurance dans la région est un autre facteur. GDG recherche des candidats ayant au moins trois ans d’expérience. «Nos employés travaillent surtout dans les bureaux de nos clients; ils doivent donc être parfaitement autonomes», explique Gaétan Duchesne, président de la firme.

Pour retenir ses analystes d’affaires, ses programmeurs et autres architectes de système, GDG a diminué de 30 minutes la semaine de travail en 2011, sans couper pour autant les salaires. La PME offre aussi chaque année à ses troupes trois heures de soins prépayées dans une clinique médicale privée.

Les tendances démographiques

Selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), la population de la Capitale-Nationale augmentera de près de 12 % d’ici 2031. Mieux encore : «Plus de jeunes de 15 à 24 ans s’installent dans la région qu’il n’y en a qui la quittent», dit Guy Faucher, économiste à Emploi-Québec. Cela contribue à stimuler l’activité économique, mais ce n’est pas suffisant pour répondre aux besoins des employeurs. «Les secteurs qui embauchent traditionnellement des jeunes, comme le commerce de détail, ont déjà des difficultés à recruter», indique l’économiste.

Puisque la population de la Capitale-Nationale vieillit, cela ne va pas s’améliorer. En effet, d’ici 2031, le nombre de personnes de plus de 65 ans va plus que doubler, selon l’ISQ. Par contre, «cela réduira le taux de chômage puisque le nombre d’individus en âge de travailler augmentera moins vite que les emplois disponibles», dit Guy Faucher.

Recherchés

  • Agents et courtiers d’assurance
  • Analystes et consultants en informatique
  • Éducateurs spécialisés
  • Ingénieurs en génie civil
  • Spécialistes des ressources humaines
  • Technologues et techniciens en architecture
  • Technologues et techniciens en génie civil
  • Technologues et techniciens en santé animale
  • Traducteurs, terminologues et interprètes
  • Vérificateurs et comptables

Source : Emploi-Québec. Le marché du travail dans la région de la Capitale-Nationale, Perspectives d’emploi par profession 2011-2015, 2012.

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