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Bas-Saint-Laurent : le vent dans les voiles

Stimulée jusqu’ici par la construction de parcs d’éoliennes, l’économie du Bas-Saint-Laurent commence à montrer quelques signes d’essoufflement. Cependant, les besoins de main-d’œuvre sont tels que les jeunes et les nouveaux arrivants auront beaucoup d’occasions d’emploi au cours des prochaines années.

Les perspectives
«Près de 20 900 postes devront être pourvus dans la région d’ici la fin de 2014, dont 16 000 en raison des départs à la retraite», indique Marie-Claude Jean, économiste à Emploi-Québec.

Plusieurs secteurs se portent bien, comme la construction d’infrastructures routières et de parcs d’éoliennes. Ainsi, le prolongement de l’autoroute 20 jusqu’à Rimouski nécessitera des investissements de 900 millions de dollars. Pour sa part, la transformation de la route 185 en autoroute, entre Rivière-du-Loup et le Nouveau-Brunswick, sera complétée en 2018 grâce à des investissements de un milliard de dollars.

Le parc de 150 éoliennes du Lac-Alfred est en voie de construction sur un territoire de 16 800 hectares. Il s’agira du plus grand au Québec. Selon le promoteur, le consortium Saint-Laurent Énergies, ce projet de 700 millions de dollars générera 400 emplois directs en construction ainsi que 250 postes chez les fabricants et sous-traitants de l’industrie des éoliennes du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. Lorsqu’il sera en exploitation en janvier 2014, le parc emploiera une quinzaine de personnes.

«L’exploitation et la maintenance d’éoliennes exigent peu d’employés, admet Pierre Roberge, directeur du bureau d’affaires Bas-Saint-Laurent de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec. Si on veut créer des emplois, il faut que les fabricants spécialisés exportent leurs produits à l’extérieur de la région», dit-il. Parmi les manufacturiers du secteur des éoliennes qui commencent à exporter, mentionnons Marmen. Située à Matane, cette usine fabrique des tours d’éoliennes. La compagnie allemande Enercon s’est aussi établie à Matane. Ses 130 employés fabriquent des mâts et des composantes électrotechniques. L’entreprise haussera bientôt son effectif à 160 personnes.

Des inquiétudes
Le secteur du bois souffre de plus en plus de l’état critique de l’industrie de la construction résidentielle aux États-Unis, en panne depuis la récession de 2008. «Des signes d’essoufflement se font sentir dans ces entreprises», signale Marie-Claude Jean.

Le cas de la compagnie Bastille Portes et Fenêtres illustre bien ces difficultés. En affaires depuis 1935, cette PME de Pohénégamook a fermé ses portes en septembre 2011. Près de 120 personnes ont perdu leur emploi. L’industrie du bois de sciage traverse aussi une mauvaise passe, comme le montre la fermeture en 2011 des usines de Causapscal, Lac-au-Saumon et Price de la compagnie Bois d’œuvre Cedrico, entraînant la perte de quelques centaines d’emplois directs et indirects. Mais l’industrie pourrait trouver un second souffle grâce à la valorisation de la biomasse forestière. Il s’agit d’utiliser les arbres non commercialisables, les branches, les résidus du débroussaillage et de l’industrie du sciage (copeaux) pour alimenter des chaudières.

Par exemple, l’hôpital d’Amqui s’est doté d’une chaufferie à la biomasse. Un foyer pour personnes âgées à Saint-Léon-le-Grand est aussi chauffé de cette façon. De plus, le Service de recherche et d’expertise en transformation des produits forestiers d’Amqui travaille à développer des chaudières de petit gabarit, plus économiques, qui pourraient chauffer écoles, arénas et édifices publics. 10/11

À Signaler

>L’usine de La Pocatière de Bombardier Transport a décroché le contrat de fabrication de 468 wagons du métro de Montréal, ce qui occupera 300 travailleurs jusqu’en 2018.

> Le parc national du Lac-Témiscouata ouvrira ses portes à l’été 2012. Une centaine de personnes ont participé aux travaux d’aménagement en 2011 et il en faudra autant en 2012.

Les tendances démographiques
Selon les plus récentes données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), la population du Bas-Saint-Laurent continue à diminuer, mais beaucoup moins rapidement qu’avant 1996.

Entre 2006 et 2010, la population a décru de près de 200 personnes par année. Or, avant 1996, près de 5 000 personnes quittaient le territoire annuellement. Plus intéressant encore : l’ISQ estime que la région a maintenant commencé à enregistrer un solde migratoire positif.

Toutefois, le Bas-Saint-Laurent figure parmi les régions les plus âgées du Québec, avec un âge médian de 46,6 ans en 2010, comparativement à 41,2 pour l’ensemble du Québec. Les 65 ans et plus (18,7 %) y sont à peine moins nombreux que les moins de 20 ans (20,0 %).

Sur le terrain
Avec ses 1 400 employés répartis dans plusieurs édifices à Rimouski, la firme de télécommunications TELUS est le plus important employeur privé de l’est du Québec. Les centres d’appels occupent 400 employés; les opérations, 300; les finances, 100; le marketing, 150; et l’ingénierie, 100. «Certaines équipes ont des responsabilités à l’échelle provinciale et canadienne», dit François Cliche, vice-président aux ressources humaines.

TELUS entamera au printemps 2012 la construction d’un nouveau centre de données Internet au coût de 65 millions de dollars. Une quinzaine d’emplois seront créés. Constamment en processus d’embauche, TELUS dit se préparer à une prochaine vague de départs à la retraite, qui devrait survenir d’ici quatre à cinq ans.

«Au cours des prochaines années, les techniciens de service et les ingénieurs seront particulièrement demandés», indique M. Cliche. Il dit ne pas éprouver de difficultés de recrutement, à cause «d’un bon bassin de main-d’œuvre dans la région et de la présence de l’Université du Québec à Rimouski».

Recherchés
• Agents et courtiers d’assurance
• Ambulanciers
• Analystes et consultants en informatique
• Ergothérapeutes
• Estimateurs et évaluateurs en bâtiment
• Infirmiers
• Inhalothérapeutes
• Pharmaciens
• Physiothérapeutes
• Secrétaires médicaux
• Travailleurs sociaux
• Vérificateurs et comptables
Source : Emploi-Québec. Le marché du travail dans la région du Bas-Saint-Laurent, Perspectives professionnelles 2010-2014, 2011.

Extrait tiré du guide Les carrières d’avenir 2012.

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