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Bas-Saint-Laurent : le vent dans les voiles

En dépit de l’interminable crise forestière, le Bas-Saint-Laurent multiplie les efforts pour diversifier ses activités et se tourner vers l’économie du savoir en misant sur la recherche et le développement.

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Les carrières d’avenir.

Les perspectives

«Il y a trente ans, on se contentait de mettre de la tourbe dans des sacs en plastique. On les expédiait ensuite par camion chez des distributeurs. Aujourd’hui, on s’en sert comme matière première pour des systèmes d’épuration d’eaux usées», indique Gilles Gagnon, responsable de l’innovation et du développement à la Conférence régionale des éluEs du Bas-Saint-Laurent.

Un exemple qui illustre bien le tournant qu’a pris l’économie régionale. Car si la tourbe permet maintenant de traiter les eaux usées, c’est grâce aux investissements en recherche et développement de la compagnie Premier Tech de Rivière-du-Loup.

Au Bas-Saint-Laurent, la tourbe procure du travail à 1 600 personnes. Or, de plus en plus de ces emplois demandent d’importantes compétences. À elle seule, l’entreprise Premier Tech emploie 200 chercheurs, agronomes, microbiologistes et ingénieurs à ses laboratoires de Rimouski. Ce qui est loin d’être terminé, puisque d’ici la fin de 2017, la compagnie investira plus de 110 millions de dollars afin de concevoir de nouveaux produits et implanter des technologies manufacturières de pointe. Premier Tech créera 100 emplois supplémentaires.

Un exemple parmi tant d’autres, alors que la région compte sur plusieurs établissements d’enseignement et de transfert technologique, comme l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), l’Institut maritime du Québec, l’Institut des sciences de la mer, le Centre de développement et de recherche en imagerie numérique du Cégep de Matane, le Centre de développement bioalimentaire de La Pocatière et le Service de recherche et d’expertise en transformation des produits forestiers (SEREX).

«Ces établissements ont permis le développement d’une main-d’œuvre qualifiée», se réjouit Marie-Claude Jean, économiste à Emploi-Québec.

Par ailleurs, ce bassin de diplômés en sciences et technologies permet au Bas-Saint-Laurent de s’éloigner progressivement de la production de produits non transformés. Par exemple, environ 600 emplois, dont 200 en recherche, sont reliés aux sciences et aux technologies marines, surtout dans la région de Rimouski. Et près de 1 700 postes sont en lien avec les technologies de l’information, dont 1 400 chez TELUS, également située à Rimouski. Environ 400 emplois découlent de l’industrie éolienne.

Une crise qui persiste

La crise forestière continue de sévir, avec son lot de fermetures d’entreprises. Des piliers de l’industrie forestière, Bois d’œuvre Cedrico et RockTenn, ont été ébranlés jusque dans leurs fondements.

Sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies depuis décembre 2011, l’entreprise Bois d’œuvre Cedrico s’est départie de deux de ses quatre usines. Toutefois, la compagnie reprend graduellement ses activités et souhaite ramener 440 employés au travail. Fermée en février 2011, la cartonnerie de Matane de la compagnie RockTenn a entraîné la perte de 110 emplois.

Malgré les mauvaises nouvelles, l’industrie ne se laisse pas abattre. Plusieurs entreprises de ce secteur, qui a longtemps été un pilier économique de la région, réfléchissent à la meilleure façon de développer leurs capacités de production. C’est le cas du Groupe Lebel, un producteur de bois d’œuvre qui s’est orienté vers les deuxième et troisième transformations du bois (clôtures, cabanons à assembler, etc.), qui participe à une recherche de l’UQAR visant à savoir comment la Finlande réussit, pour une même superficie, à produire cinq fois plus de bois que le Québec.

Par ailleurs, au cours des cinq prochaines années, 35 millions de dollars seront investis par des entreprises et le SEREX dans de nouveaux projets d’écoconstruction, c’est-à-dire la fabrication de produits de construction écologiques. Par exemple, l’usine d’Uniboard à Sayabec a mis en marché des panneaux de particules conformes à la certification LEED. L’écoconstruction pourrait changer le portrait des emplois liés à l’industrie de la forêt. «Dans ce domaine, on aura besoin d’employés spécialisés et de techniciens. Et de moins en moins de journaliers», affirme Marie-Claude Jean. 10/12

Population

200 462 habitants

Principales villes

  • Amqui
  • La Pocatière
  • Matane
  • Mont-Joli
  • Rimouski
  • Rivière-du-Loup


Des secteurs qui recrutent

  • Commerce de gros et de détail
  • Construction
  • Énergie éolienne
  • Fabrication de matériel de transport
  • Fabrication de produits métalliques
  • Hébergement et restauration
  • Santé et services sociaux
  • Services professionnels, scientifiques et techniques
  • Technologies de l’information et des communications
  • Transport et entreposage
  • Source : Marie-Claude Jean, Emploi-Québec.

À signaler

  • L’usine Bombardier de La Pocatière construira une partie des nouveaux wagons du métro de Montréal. Au moins 200 travailleurs seront embauchés d’ici la fin de 2013, pour une période de huit ans.
  • Méridien Maritime, spécialiste en construction et réparation de navires, investira 31 millions de dollars pour la construction d’une cale sèche dans le port de Gros-Cacouna, près de Rivière-du-Loup. L’entreprise créera une centaine d’emplois.
  • Placé en avril sous la protection de la Loi surles arrangements avec les créanciers des compagnies, le Groupe Pentagone (64 magasins de vêtements) a été vendu en juillet dernier. Environ 150 employés du siège social de Rimouski ont perdu leur travail.
  • Concept Mat investira 520 000 $ dans l’agrandissement de son usine de Matane. Cette entreprise, qui exporte en Russie, en France et aux États-Unis, consolidera 30 emplois existants. La compagnie produit des planchers, des murs préfabriqués, des portes et fenêtres.
  • Source : Emploi-Québec. Le marché du travail dans la région du Bas-Saint-Laurent, Perspectives d’emploi par profession 2011-2015, 2012.

Sur le terrain

Alors que la crise de 2008 a fait mal aux fabricants de portes et fenêtres et d’armoires de cuisine qui exportaient aux États-Unis, Miralis a su tirer son épingle du jeu. La raison : l’accent est mis sur le design et la qualité. Située près de Rimouski, la compagnie emploie 230 personnes, surtout des ébénistes et des charpentiers-menuisiers. «La région en produit suffisamment. Mais nous avons beaucoup de difficulté à trouver des gens expérimentés pouvant gérer des équipes de production», explique Vanessa Roussy, coordonnatrice en ressources humaines.

«Quant aux informaticiens, on se les arrache», ajoute-t-elle. La PME parvient à en recruter en offrant des stages aux étudiants universitaires en informatique. «Nous savons aussi que la beauté de la nature et du fleuve, à quelques minutes de la ville, constitue un argument de poids pour les convaincre», dit Vanessa Roussy. Chaque année, la compagnie embauche une dizaine d’employés.

Les tendances démographiques

À 44,1 ans, la moyenne d’âge dans le Bas-Saint-Laurent est sensiblement plus élevée que la moyenne québécoise, qui s’élève à 40,9 ans. La population de la région vieillit aussi plus vite que la moyenne québécoise. Selon les prévisions de l’Institut de la statistique du Québec, la proportion des 65 ans et plus passera de 19,5 % à 23,4 % en 2016, alors que celle des 15-29 ans baissera de 16,8 % à 14,9 %.
Il y a cependant une lueur d’espoir. «Les jeunes continuent à quitter la région pour faire leurs études. Toutefois, ils reviennent après, mais en plus faible proportion», dit Marie-Claude Jean, économiste à Emploi-Québec. Ainsi, en 2005-2006, 678 individus de 15 à 24 ans ont quitté la région, comparativement à 421 en 2010-2011. Le solde reste négatif, mais il y a une diminution.

Recherchés

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