Les notaires et votre vie virtuelle

Illustration : Kelly Schykulski, colagene.com

Courriels, page Facebook, photos sur Flickr, documents archivés sur des serveurs externes, actions transigées en ligne… Un utilisateur d’Internet se crée rapidement un petit trésor virtuel, composé d’actifs à valeur économique ou sentimentale. Mais qu’advient-il de celui-ci lorsque l’internaute décède? Une question qui se pose de plus en plus dans la pratique des notaires.

Au Québec, en 2011, 82 % des adultes utilisaient Internet, dont 77 % régulièrement, selon l’étude NETendances du CEFRIO. En moyenne cette année-là, les internautes québécois ont navigué 8,3 heures par semaine à leur domicile, 6,5 heures au travail et 1,5 heure sur leur téléphone cellulaire. Leurs activités sur le Web laissent des traces. En fait, ce sont de véritables patrimoines virtuels qu’accumulent certains internautes.

Un patrimoine mal protégé

Marlena Pospiech, directrice senior en stratégie de planification de la retraite au Groupe financier BMO, qualifie d’«actifs incorporels» ces biens virtuels. Elle cite en exemple les actifs financiers, comme les relevés électroniques ou l’argent virtuel (par exemple sur PayPal), les documents professionnels publiés en ligne ou hébergés par un serveur ou tout ce qui compose notre identité en ligne, comme les blogues, les pages de médias sociaux ou les photos.

L’Institut Info-retraite BMO s’est intéressé au legs de ces possessions virtuelles par les baby-boomers. Son rapport, publié en avril 2012, est clair : les Canadiens de 45 ans et plus se soucient peu de leurs actifs numériques. Bien que la majorité d’entre eux jugent important de prévoir des mesures d’urgence pour ces biens, la plupart ne l’ont pas fait. La moitié des personnes sondées admettent même n’y avoir seulement jamais pensé! Et parmi ceux qui mentionnent ces actifs dans leur testament, les deux tiers ont omis de préciser ce que leurs héritiers devraient en faire.

Des conséquences fâcheuses

Cette omission peut avoir des conséquences fâcheuses, voire dramatiques. La consultante en médias sociaux Adele McAlear cite le triste cas des parents du jeune Américain Benjamin Stassen, qui s’est suicidé en 2010 à l’âge de 21 ans. Sous le choc, ceux-ci ont cherché dans son activité en ligne des indices pour comprendre ses motivations. «Sans le mot de passe de son compte Facebook, ils n’avaient pas accès à ses messages, raconte-t-elle. Le géant américain a refusé de le leur accorder, en dépit d’un arrêt de la cour lui ordonnant de le faire.»

On touche là au principal problème de la succession d’actifs virtuels. Ce que l’on télécharge sur Internet est souvent hébergé sur les serveurs de compagnies étrangères, et régi par un contrat d’utilisation que les usagers ont accepté. Certains offrent des options en cas de décès d’un utilisateur. Un compte Facebook pourra, par exemple, être réduit en un simple hommage au défunt (une page avec photo) ou carrément retiré. Mais d’autres sites et médias sociaux ne prévoient pas de procédures précises et refusent même de donner un accès aux héritiers.

«Les utilisateurs ont très peu de recours judiciaires, explique la spécialiste des médias sociaux, Michelle Blanc. Même s’ils obtenaient un jugement favorable au Québec, il faudrait le faire homologuer dans le pays de l’entreprise. C’est complexe, coûteux et très long.» Selon elle, mieux vaut faire l’inventaire de ce que l’on a en ligne, et laisser des indications claires dans son testament sans oublier les codes d’accès et les mots de passe. L’exécuteur testamentaire pourra alors accéder aux données du défunt plus facilement.

Ce qu’en dit le droit

Mais cette solution n’est qu’un pis-aller, d’ailleurs pas tout à fait légal, avertit Adele McAlear. «En général, un compte [Facebook, Twitter, Flickr, etc.] en ligne n’est pas transférable, note-t-elle. L’héritier de vos codes d’accès et mots de passe entre dans vos comptes en se faisant passer pour vous, ce qu’il n’a pas le droit de faire. Si le fournisseur l’apprend, il pourrait fermer le compte.» Pourtant, souligne Me Bertrand Salvas, notaire et spécialiste du droit des technologies de l’information et des communications, les règles successorales sont les mêmes, que les biens soient tangibles ou intangibles. «Si je lègue l’ensemble de mon patrimoine à mes enfants et que je nomme mon frère comme liquidateur, ce dernier a accès à tous mes biens, même virtuels, et mes enfants en deviennent les propriétaires.»

Selon lui, des dispositions légales assurant aux responsables de la succession un accès et un contrôle des comptes du défunt – comme celles adoptées récemment en Idaho, en Oklahoma, au Nebraska et dans l’État de New York – ne sont pas vraiment nécessaires. «Le problème est moins dans la loi que dans son application», dit-il. En effet, le droit des liquidateurs testamentaires se heurte aux dispositions de la licence d’utilisation signée par le défunt avec Facebook, Dropbox ou autre Twitter. Le défi est donc de s’assurer que ces compagnies intègrent les droits de succession dans leurs conditions d’utilisation.

Que faire alors? Adele McAlear estime qu’il faudrait ajouter une section concernant la succession parmi les réglages à effectuer en s’inscrivant à un service Internet. «L’usager pourrait alors cocher, selon ses préférences, s’il souhaite que ses données soient conservées ou détruites après sa mort, s’il souhaite les léguer à quelqu’un, etc.», indique-t-elle.

Chose certaine, ce genre de questionnement surgit de plus en plus souvent au cœur de la pratique notariale, que ce soit lorsqu’une personne fait rédiger un testament ou quand un exécuteur testamentaire doit liquider des biens virtuels.

Les carrières du droit

Cet article est tiré du guide
Les carrières du droit 2013

Les Québécois, stars du droit international

Me Pascal Paradis
Photo : Valerie Busque

Le droit international se construit sous nos yeux, à coups de procès et de négociations commerciales. Les avocats québécois sont bien présents dans ce processus, et certains sont même célèbres, comme l’ancienne procureure en chef du Tribunal pénal international à La Haye, Louise Arbour. Mais des centaines d’autres œuvrent dans l’ombre…

Nous sommes le 2 août 2011. L’atmosphère est pesante dans la grande salle du palais de justice de Ciudad Guatemala. Les juges s’apprêtent à trancher dans une sordide affaire remontant à 1982. Quatre soldats de l’armée guatémaltèque sont accusés d’avoir pris part au massacre de plus de 200 personnes, dans le petit village de Las Dos Erres. Lorsque la juge les déclare coupables et les condamne à un total de plus de 12 000 ans d’emprisonnement, les centaines de personnes présentes, dont des proches des victimes, donnent libre cours à leurs émotions.

Selon Me Geneviève Dufour, les avocats québécois sont très prisés en droit international.

Me Pascal Paradis, directeur général et membre fondateur d’Avocats sans frontières Canada, était sur place, en compagnie de bénévoles de l’organisme, qui appuyaient les avocats guatémaltèques depuis de nombreux mois. «C’est le moment le plus émouvant de ma vie, confie-t-il. Les gens pleuraient, des inconnus nous serraient dans leurs bras et nous remerciaient. Justice avait été rendue, et c’est là toute la récompense dont nous avons besoin.»

De tout pour tous les goûts

Le droit international n’est pas toujours aussi spectaculaire, mais offre d’innombrables occasions. «Tout ce que l’on fait au Québec, on peut le faire à l’international», précise Me Geneviève Dufour, responsable de la maîtrise en droit international et politique internationale appliqués à l’Université de Sherbrooke, et administratrice d’Avocats hors Québec. Cet organisme offre des services à ses quelque 800 membres, des avocats pratiquant à l’extérieur de la province, en plus de les représenter auprès du Barreau du Québec.

Pour se démarquer, les résultats universitaires comptent. Mais on peut aussi se faire un nom en rédigeant des textes dans certaines revues spécialisées, comme la Revue québécoise de droit international, ou en participant à des concours.

Les avocats travailleront aussi bien en droit commercial que pénal, au service d’un cabinet privé, d’une multinationale, d’un organisme public ou d’un État. Certains, comme Me Pierre-Olivier Savoie, avocat au ministère canadien des Affaires étrangères et du Commerce international, assistent les négociateurs de traités internationaux ou plaident des litiges dans le cadre de l’Accord de libre-échange nord-américain. D’autres font de l’observation de procès au sein d’ONG ou cherchent les témoins d’un massacre, comme le personnel des tribunaux pénaux internationaux.

Tout cela peut mener à des dossiers très sérieux, et à d’autres plus loufoques, comme le raconte Me Gabrielle Marceau, conseillère à la Division des affaires juridiques de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Celle qui a notamment travaillé sur des litiges entourant l’exportation des ressources naturelles s’est retrouvée au cœur d’une chicane sur les… pétoncles! En France, ces derniers sont appelés coquilles Saint-Jacques. La France a voulu réserver l’appellation «coquille Saint-Jacques» aux seuls pétoncles de la Méditerranée. Le Canada, le Chili et le Pérou ont protesté devant l’OMC. Cette institution a donc dû passer au crible des sondages de consommateurs français, afin de savoir si ces derniers pouvaient véritablement distinguer les pétoncles du Canada de ceux de la Méditerranée, et déterminer s’il existe de «vraies» coquilles Saint-Jacques! «Finalement, le tout s’est réglé à l’amiable», précise Me Marceau qui rit encore de ce débat pour le moins inhabituel.

Les Québécois demandés

Selon Me Geneviève Dufour, les avocats québécois sont très prisés en droit international. «La plupart sont bilingues et ont une sensibilité envers le droit civil et la common law», explique-t-elle. Un avantage indéniable dans des cours de justice où les deux traditions juridiques se côtoient, comme en témoigne Me Pierre-Olivier Savoie. «L’arbitrage international est un peu similaire au litige civil, sauf que les parties peuvent négocier une grande part des règles de procédure, dit-il. Il faut donc être ouvert aux différentes traditions juridiques.»

Le nombre imposant de juristes canadiens dans les organismes internationaux peut parfois ralentir l’embauche d’avocats québécois, note cependant Me Marc Porret, coordonnateur des programmes au Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme. Il prévient que plusieurs organisations internationales ont des quotas nationaux à respecter, et devront donc favoriser les avocats en provenance de pays moins représentés.

Manger son pain noir

Selon Me Geneviève Dufour, il n’est pas rare de devoir patienter de cinq à huit ans avant d’obtenir un bon poste. Dans l’intervalle, il faudra se contenter de stages peu ou pas rémunérés et de courts contrats. Ce qui n’est pas toujours facile, admet Me Mélanie Deshaies, candidate au doctorat en droit international, en cotutelle à l’Université de Montréal et à l’Université Paris I, qui a elle-même effectué un stage non rémunéré au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), et d’autres contrats peu payants. «Pendant que mes anciens collègues du Barreau empochaient de gros salaires et remboursaient leurs dettes d’études, moi je continuais de m’endetter, se rappelle-t-elle. Il faut accepter cette précarité financière pour acquérir de l’expérience et se faire connaître.»

Apprendre le mandarin n’est pas une mauvaise idée si vous avez envie de travailler en droit commercial.

Pour se démarquer, bien sûr, les résultats universitaires comptent. Mais on peut aussi se faire un nom en rédigeant des textes dans certaines revues spécialisées, comme la Revue québécoise de droit international, ou en participant à des concours. Pendant ses études, Me Mélanie Deshaies a ainsi plaidé au Concours Jean-Pictet, une formation en droit international humanitaire. Trois ans plus tard, alors qu’elle tentait d’obtenir un stage au TPIY, l’un des responsables l’a reconnue. Comme il avait apprécié sa performance lors du concours, il a glissé un bon mot en sa faveur. «Les contacts, c’est primordial», avance-t-elle.

Connaître le monde

Pour accéder à de grandes organisations internationales comme l’ONU, posséder une maîtrise est un atout indéniable. Mais un avocat doté d’un baccalauréat et de plusieurs années d’expérience pourra aussi faire sa place sur la scène internationale.

Il ne faut surtout pas sous-estimer l’importance d’une bonne connaissance des relations internationales. «Lors de mon entrevue pour devenir stagiaire au TPIY, j’ai bien senti qu’ils appréciaient ma connaissance du dossier», note Me Marie-Claude Fournier, devenue depuis conseillère juridique à Avocats sans frontières Canada. Cette dernière vante aussi les mérites de l’engagement parascolaire. Pendant son baccalauréat à l’Université du Québec à Montréal, elle a participé à la fondation de la Clinique internationale de défense des droits humains, dont la mission est de promouvoir les droits de la personne et de collaborer avec des ONG. Elle y a travaillé sur différents dossiers en Haïti et au Guatemala, où elle a séjourné six mois.

La connaissance des langues est également cruciale. Le bilinguisme français-anglais est un bon départ, mais posséder une troisième langue, voire plus, est un atout certain. Ces langues devraient être choisies en fonction de ses champs d’intérêt. Par exemple, apprendre le mandarin n’est pas une mauvaise idée si vous avez envie de travailler en droit commercial.

Tour de Babel

Attention, la pratique du droit international peut mener à des chocs culturels. Parlez-en à Me Mélanie Deshaies, parachutée au Sénégal pendant plus de cinq mois, sans préparation, alors qu’elle avait accepté un poste à New York, dans le cadre de la campagne du gouvernement canadien pour la création de la Cour pénale internationale. «Au bout de deux semaines, ils ont décidé que je serais parfaite pour la campagne en Afrique de l’Ouest», explique-t-elle. Elle s’est rapidement heurtée à des codes sociaux complètement différents des siens. «Au Sénégal, l’âge est très important. On écoute peu les jeunes, dit-elle. De plus, les hommes ne tiennent pas toujours compte de l’opinion des femmes. Alors, une jeune femme venue de l’étranger… Parfois, c’était comme si je n’existais pas à leurs yeux!» Elle a mis des semaines à trouver sa place, et admet avoir vécu des moments très difficiles.

Le choc culturel tient davantage à l’organisation du travail dans certains milieux. Me Marie-Claude Fournier se souvient avoir partagé son bureau du TPIY, à La Haye, avec cinq autres personnes. Au total, cette petite équipe rassemblait quatre nationalités, quatre langues et quatre traditions juridiques différentes. Une vraie Tour de Babel! Ces rencontres culturelles peuvent toutefois être amusantes. Me Pierre-Olivier Savoie se rappelle un moment fort sympathique passé en compagnie du juge Peter Tomka, actuel président de la Cour internationale de Justice, pour lequel il travaillait en 2006. «Il m’avait fait venir dans son bureau pour me montrer un dictionnaire français-tchèque doté d’une section sur la traduction de mots strictement québécois!»

C’est dans les relations interculturelles et dans les expériences hors de l’ordinaire que réside toute la richesse d’une carrière en droit international.

Par ailleurs, si s’envoler dans l’avion privé du secrétaire général de l’ONU ou rencontrer des ministres et des princes peut être emballant, confie Me Marc Porret, traverser à toute vitesse un pays en guerre à bord d’un convoi équipé de Kalachnikov est plus périlleux… Parfois, ce sont les émotions qui deviennent difficiles à gérer. Me Pascal Paradis admet que parcourir les témoignages du massacre de Las Dos Erres était éprouvant. «C’est comme si on revivait ces horreurs.» Selon lui, il faut savoir faire preuve d’empathie, sans sombrer dans la sensiblerie. «On n’est pas là pour prendre les gens en pitié, ce n’est pas ce dont ils ont besoin», dit-il.

Pas toujours facile, donc. Mais c’est dans ces relations interculturelles et dans ces expériences hors de l’ordinaire que réside toute la richesse d’une carrière en droit international.

Cet article est tiré du guide
Les carrières du droit 2013

Les occasions d’emploi de l’infonuagique

Plus qu’une tendance, l’infonuagique est une petite révolution dans notre façon d’utiliser les TIC. Promesse pour les uns, défi pour les autres, elle crée de nouvelles occasions sur le marché du travail. Un secteur à découvrir.

Chez Microsoft, 70 % des ingénieurs bossent sur l’infonuagique. C’est du moins ce que révélait, en mai 2010, Stephen Elop, alors président de la division Affaires du géant de Seattle, au WCIT, le congrès mondial bisannuel des TIC. Souvent mieux connue sous son appellation anglophone de cloud computing, l’infonuagique offre à un usager l’accès à d’énormes capacités de calcul (permettant de traiter rapidement un grand nombre d’opérations) et de stockage, peu importe où il se trouve, simplement en accédant à Internet.

Dans l’édition 2011 de son diagnostic sectoriel de la main-d’œuvre du secteur des TIC, TECHNOCompétences, le Comité sectoriel de main-d’œuvre en technologies de l’information et des communications, évalue ce marché mondial à environ 59 milliards de dollars et prévoit une forte croissance au cours des prochaines années.

Les premières applications à avoir connu un succès «grand public» ont été les messageries en ligne, telles qu’Hotmail ou Yahoo!Mail, suivies des réseaux sociaux et des services de stockage de photos, comme Flickr. Mais c’est en se mettant au service des PME que l’infonuagique donne son plein rendement, selon Serge Goulet, président d’iProTek, une firme de Québec spécialisée dans la gestion des services et parcs informatiques des PME. Environ 30 % de ses clients fonctionnent complètement en infonuagique, et l’entreprise aide les autres à migrer vers ce type de service. «Elles n’ont plus à investir dans du matériel coûteux, qui perd rapidement sa valeur, et peuvent déléguer la gestion du parc informatique à des entreprises spécialisées comme la nôtre, qui s’occupent des serveurs», avance-t-il.

La firme Gartner estime que 45 % des entreprises mondiales auront délocalisé leurs infrastructures informatiques dans le nuage en 2015.

De plus, l’infonuagique offre aux PME un accès à des services coûteux, auparavant réservés à de grandes multinationales, par exemple les infrastructures de partage à la SharePoint ou les serveurs de messagerie comme Exchange 2010. Dans le nuage, l’usager ne paiera que pour les capacités de calcul dont il aura besoin. Toutes les conditions semblent donc réunies pour que le nuage devienne… de plus en plus imposant.

Généralistes demandés

La firme Gartner estime que 45 % des entreprises mondiales auront délocalisé leurs infrastructures informatiques dans le nuage en 2015, contre 3 % présentement. Au Québec, le manque de ressources humaines pourrait contribuer à cette migration, selon Nicolas Roberge, président d’Evollia. Cette agence de Québec aide ses clients à maximiser leur utilisation du Web. «Coincées entre les départs à la retraite et le manque de finissants en TIC, les PME peineront à trouver assez de travailleurs pour répondre à leurs besoins, prévoit-il. Le nuage est une bonne avenue.»

Nous recherchons des généralistes connaissant l’ensemble des systèmes d’exploitation, des plus vieux aux plus récents.
Serge Goulet, président d’iProTek

La migration massive vers l’infonuagique suscitera toutefois des besoins de main-d’œuvre au sein des entreprises qui en font une spécialité, surtout dans l’administration des systèmes, les infrastructures informatiques, la sécurité et les tests, croit Jean Lavoie, conseiller senior au Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM). Selon lui, les bons généralistes tireront leur épingle du jeu. «Avant, on dédiait des équipements pour chaque service informatique, rappelle-t-il. On avait des spécialistes en réseau, en bases de données, en serveur Windows. Maintenant, tout cela est réuni dans un système virtuel, et l’administrateur doit avoir des connaissances dans plusieurs domaines informatiques.»

Cette prédiction concernant les besoins de main-d’œuvre trouve un écho chez iProTek, qui embauche surtout des finissants en informatique du collégial. «Nous recherchons des généralistes connaissant l’ensemble des systèmes d’exploitation, des plus vieux aux plus récents, souligne Serge Goulet. Ils doivent bien comprendre les applications et les besoins des clients, et avoir d’excellentes compétences en réseautique.»

Parfaire sa formation

Les établissements scolaires commencent tout juste à envisager les ajustements qu’ils devront faire dans les programmes de formation pour répondre à ces nouveaux besoins. À l’École de technologie supérieure (ÉTS), à Montréal, le directeur du Département de génie logiciel et des TI, Pierre Dumouchel, indique que les demandes des entreprises ne sont pas encore majeures et proviennent surtout de PME. L’ÉTS prévoit justement ajouter vingt heures de cours sur l’infonuagique dans son baccalauréat en génie des TI.

En règle générale, si les programmes de formation dotent les étudiants de bonnes connaissances de base sur les différents composants informatiques, comme les serveurs ou les réseaux, leur enseignement reste limité en ce qui concerne leur fonctionnement en commun dans le contexte d’un nuage, selon Jean Lavoie. Des limites qui n’échappent pas aux employeurs.

Chez iWeb, une entreprise montréalaise comptant plus de 235 employés, le processus d’embauche est constant. L’entreprise s’est classée au 82e rang des firmes canadiennes à plus forte croissance de Profit 200, un classement du magazine Profit, auquel elle figure depuis 2008. Elle s’est lancée depuis peu dans l’infonuagique comme telle, en offrant des serveurs virtuels, mais elle proposait déjà de l’hébergement de données et de l’hébergement partagé. Possédant plus de 18 000 serveurs actifs dans la région de Montréal, elle compte 20 000 clients de partout dans le monde.

Michel Thivierge et Claudine Legruiec, respectivement directeur des ressources humaines et conseillère en ressources humaines chez iWeb, déplorent d’une même voix l’inégalité des formations entre les différents programmes collégiaux et universitaires. Certains langages bien supportés par le Web, comme Python, Ruby ou PHP, n’y sont pas ou peu enseignés. «Plusieurs finissants connaissent très peu Linux ou le Freeware, par exemple», ajoute Michel Thivierge.

Tous les éléments technologiques sont là pour que le nuage soit un succès.
André Giroux, associé et chef de la stratégie chez SimplicITI

À tel point qu’il admet faire peu de cas du diplôme que possèdent les candidats. Il a même recruté des autodidactes qui n’en ont aucun! Ce qui compte pour iWeb, ce sont les tests à l’embauche. Dans ce processus, les candidats sont confrontés à des problèmes informatiques complexes. «On ne s’attend pas à ce qu’ils puissent les résoudre, mais en voyant comment ils tentent de les solutionner et jusqu’où ils se rendent, on a une bonne idée de leur capacité», poursuit Michel Thivierge.

Ce sont donc les compétences qui comptent. Et pour Claudine Legruiec, il ne faut pas se fier uniquement à l’école pour les développer. «Les jeunes ont tout intérêt à expérimenter, à faire leurs propres projets, voire à offrir leurs services bénévolement, dit-elle. L’expérience qu’ils acquerront ainsi leur sera très précieuse.»

Chose certaine, tous s’entendent pour dire que l’infonuagique est bien établie. «Tous les éléments technologiques sont là pour que le nuage soit un succès», lance André Giroux, associé et chef de la stratégie chez SimplicITI, une entreprise de Laval spécialisée dans la maximisation des avantages de la mise en nuage des applications informatiques. «Très peu d’entreprises quittent le nuage une fois qu’elles y ont migré», dit-il. L’avenir des travailleurs des TIC serait-il alors dans les nuages?

Quelques tendances fortes


Le passage au guichet unique.

«Actuellement, on est chez Microsoft pour le courriel, on dépose ses documents sur Google Docs, on
utilise SimplicITI pour la téléphonie IP. Les entreprises vont un jour offrir leur portail unique donnant accès à toutes ces applications», prédit André Giroux, de SimplicITI.

L’avenir appartient-il aux consultants?

Les PME pourraient délaisser les administrateurs de serveurs et rechercher plutôt des consultants qui sauront les guider vers les meilleurs services disponibles, avance Nicolas Roberge, d’Evollia.

Beaucoup d’emplois dans la sécurité informatique.

Les craintes liées à la sécurité sont le principal frein à la migration vers le nuage. Une crainte injustifiée, selon Serge Goulet, d’iProTek. «Les gens enferment leurs serveurs dans une pièce verrouillée et sont rassurés, explique-t-il. Pourtant, les serveurs sont extrêmement vulnérables au piratage, aux pannes et aux défaillances!»

Cet article est tiré du guide
Les carrières des technologies de l’information et des communications 2013

Voir loin

Martial Gagné, CPA, CMA, Président de la lunetterie New Look et de la Fondation des maladies de l’œil.
Photo : Luc Delisle

Président de la lunetterie New Look et de la Fondation des maladies de l’œil, Martial Gagné, CPA, CMA, sait s’appuyer sur les chiffres pour construire du solide. Portrait d’un visionnaire qui a aussi les deux pieds sur terre.

Questionné un jour par son fils de six ans pour savoir en quoi consistait son travail, le président de New Look s’est trouvé pris de court. En se remémorant sa journée, il s’est alors rendu compte qu’il l’avait passée à discuter avec des collègues ou des partenaires pour les convaincre d’adhérer à ses idées et à ses projets. «J’ai réalisé que c’était véritablement le cœur de mon travail. C’est bien de développer des stratégies pour faire croître une entreprise, mais l’essentiel est de savoir obtenir l’adhésion de ses collègues», dit-il.

Pour convaincre en affaires, rien de mieux que de s’appuyer sur du concret : des chiffres. L’un des faits d’armes de Martial Gagné est d’avoir relancé New Look avec le Plan 29, alors qu’il était directeur du marketing, au début des années 2000. Révolutionnaire dans le monde de la lunetterie à l’époque, cette formule proposait aux consommateurs d’acheter des lunettes et de les payer 29 dollars par mois, plutôt qu’en un seul versement. Le tout sans frais ni intérêts. Ce plan a toutefois été accueilli avec beaucoup de scepticisme par les gestionnaires… «C’était novateur, mais très insécurisant, souligne Martial Gagné. Cela ne s’était jamais fait dans notre industrie. Mais grâce à ma formation en comptabilité de management, j’avais les outils pour appuyer mon concept sur des chiffres solides.» Cette stratégie a d’ailleurs permis de reclasser New Look parmi les lunetteries les plus importantes au Québec.

Une vie dans l’optique

«Je suis tombé dans l’optique comme Obélix dans la potion magique», plaisante Martial Gagné. En 1988, c’est en cherchant un emploi d’été à Québec – ville qu’il avait adoptée pour rester auprès de celle qui allait devenir sa femme – qu’il entre dans l’industrie de l’optique. Il travaillera 13 ans pour le groupe d’opticiens et d’optométristes Gestion Centre Vision (aujourd’hui Marchand Giguère), d’abord à temps partiel, en étudiant pour obtenir un baccalauréat en administration des affaires, puis à titre de CMA. C’est aussi dans cette entreprise qu’il effectue ensuite son stage de CMA. Au fil des années, ses connaissances en comptabilité de management lui ont permis de toucher à tous les aspects de l’industrie, de la gestion des opérations à la mise en marché, en passant par les finances et la production. «J’ai tout fait à cet endroit, même poser de l’asphalte!» se rappelle-t-il.

Au fil des années, ses connaissances en comptabilité de management lui ont permis de toucher à tous les aspects de l’industrie, de la gestion des opérations à la mise en marché, en passant par les finances et la production.

Embauché en 2001 au siège social de New Look à Québec, il fait ses preuves dans divers postes, dont celui de directeur du marketing. Il accède à la présidence en 2008, une année faste au cours de laquelle il est élu «CMA de l’année» pour la région de Québec, en plus de recevoir le trophée Myosotis Élite CMA, lequel vise à récompenser un membre qui s’est illustré par ses réalisations professionnelles. À 44 ans, Martial Gagné se dit toujours aussi passionné par l’univers de l’optique. «C’est un immense terrain de jeu, car il y a de tout dans cette industrie. C’est du commerce de détail, mais lié à un aspect médical. Chaque paire de lunettes vendue est différente et a un impact important dans la vie de l’acheteur. Et il y a aussi le côté mode et esthétique, très présent dans la lunetterie.»

Martial Gagné est aussi engagé socialement, lui qui préside depuis 2006 la Fondation des maladies de l’œil, une autre fonction dans laquelle les outils acquis lors de ses études en comptabilité le servent bien. «Nous travaillons tellement fort pour organiser des événements-bénéfice, il est essentiel de bien prévoir les résultats, afin que ça rapporte réellement à la Fondation.» Par ailleurs, il doit aussi réunir autour de lui des partenaires provenant de l’ensemble de l’industrie de l’optique et les convaincre de faire cause commune contre les maladies oculaires. Ça tombe bien. Convaincre est un art que Martial Gagné maîtrise parfaitement.

Les carrières de la comptabilité 2013

Cet article est tiré du guide
Les carrières de la comptabilité 2013

Montréal : une économie en transformation

Vue du centre ville de Montréal
À Montréal, les emplois se transforment. Au fil du temps, les postes du secteur des services remplacent graduellement ceux de l’industrie manufacturière. La réfection des infrastructures routières occupe aussi de nombreux travailleurs, mais l’intégration en emploi des immigrants demeure un défi majeur pour assurer le dynamisme de l’économie de l’île.

Les perspectives

Montréal a perdu 7 % de ses entreprises depuis l’an 2000, selon Statistique Canada, et c’est surtout le secteur manufacturier qui a écopé. Encore récemment, en janvier 2012, le fabricant d’électroménagers Mabe Canada annonçait la fermeture de son usine de sécheuses en 2014. C’est près de 740 emplois qui seront perdus. «Le secteur manufacturier est le plus à risque en raison de la concurrence étrangère et de la force du dollar canadien», note Richard Deschamps, responsable du développement économique à la Ville de Montréal.

Néanmoins, le secteur manufacturier n’est pas mort pour autant. À Montréal, il survit entre autres grâce au sous-secteur de l’aéronautique, qui occupe environ 45 000 travailleurs sur l’île. Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), cite en exemples Bombardier et le fabricant de simulateurs de vol CAE. Le carnet de commandes de ce dernier ne désemplit pas. En 2012, CAE a notamment décroché deux contrats avec Air China et EasyJet, d’une valeur de 102 millions de dollars.

Après avoir été touché par une vague mondiale de restructurations, le secteur de la production pharmaceutique a repris du mieux avec l’annonce, en juillet dernier, d’un investissement de 31,7 millions de dollars à l’usine montréalaise de Pfizer. Cependant, une mauvaise nouvelle est venue assombrir ce secteur, avec l’annonce du licenciement de quelque 300 personnes par la pharmaceutique. Ces coupes affecteront notamment les travailleurs de Montréal. Toutefois, les employés touchés travaillent surtout en vente et en marketing.

Secteur sous-estimé, selon Richard Deschamps, la transformation alimentaire est bien présente sur l’île, avec des PME comme DaVinci et Stromboli, et de grands joueurs comme Metro ou Molson.

Ruee vers les services

Mais c’est le secteur des services qui arrive premier au chapitre de la création d’emplois pour les prochaines années. En 2012, les entreprises œuvrant dans ce domaine sur l’île de Montréal ont investi 9,3 milliards de dollars, soit 32 % du total des investissements de ce type au Québec, rapporte l’Institut de la statistique du Québec. Comparativement, la production de biens a bénéficié de seulement 1,2 milliard de dollars d’investissements. Hughes Leroux, économiste à Emploi-Québec, rappelle que 95 % des emplois créés d’ici 2015 à Montréal se concentreront dans les services. Déjà en 2011, 803 000 personnes y travaillaient, selon Emploi-Québec, par comparaison avec 93 000 dans le secteur manufacturier et 33 000 dans l’industrie de la construction.

Michel Leblanc s’attend à une croissance régulière d’environ 2 % au cours des prochaines années, pour les services professionnels et techniques, la finance et l’assurance. «On n’est pas dans une période d’effervescence, mais plutôt de croissance solide», explique-t-il.

Les technologies de l’information et des communications représentent toujours un pôle important, avec les firmes de jeu vidéo comme Funcom, Warner Bros. et Ubisoft. Par ailleurs, en rachetant la société britannique Logica en 2012, CGI, dont le siège social est à Montréal, est devenue la sixième entreprise mondiale dans les services-conseils en TI.

«Job de bras»

Les 33 000 travailleurs de la construction ne manquent pas de travail non plus. Les chantiers des centres hospitaliers de l’Université de Montréal, de l’Université McGill, du nouvel Hôpital-Shriners pour enfants, et la rénovation et l’agrandissement du CHU Sainte-Justine donneront du boulot aux ouvriers, avant de venir doper le secteur des sciences de la santé.

S’ajoutent à cela la réfection d’infrastructures routières, notamment le pont Honoré-Mercier, les échangeurs Turcot, Décarie et Dorval, le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, et la construction de la voie réservée sur la rue Pie IX. Des travaux nécessaires pour l’avenir économique de Montréal. «La congestion routière a un coût pour nos entreprises. Les livraisons coûtent plus cher», soutient Michel Leblanc.

Par ailleurs, la CCMM estime que les retombées du Plan Nord ont créé ou maintiendront près de 15 000 emplois par année à Montréal, pendant 25 ans, notamment dans les bureaux de Rio Tinto Alcan ou d’Alcoa, les firmes de génie-conseil et les entreprises de fabrication d’équipement stratégique. 10/12

Population

1 958 257 habitants

Des secteurs qui recrutent

  • Construction
  • Fabrication (aliments, machines, matériel de transport, produits informatiques et électroniques, produits métalliques)
  • Finance et assurances
  • Information, culture et loisir (édition de logiciel, conception de systèmes informatiques, traitement et hébergement de données, télécommunications)
  • Santé et assistance sociale
  • Services professionnels, scientifiques et techniques

Source : Hugues Leroux, Emploi-Québec.

Principales villes

  • Baie-D’Urfé
  • Beaconsfield
  • Côte-Saint-Luc
  • Dollard-des-Ormeaux
  • Dorval
  • Hampstead
  • Kirkland
  • L’Île-Dorval
  • Montréal
  • Montréal-Est
  • Montréal-Ouest
  • Mont-Royal
  • Pointe-Claire
  • Sainte-Anne-de-Bellevue
  • Senneville
  • Westmount

À signaler

  • La société américaine de technologies de l’information et de services de formation Alphanumeric Systems a établi sa filiale canadienne à Montréal. Elle y ouvrira un centre de services consacré aux applications cliniques, un centre de soutien pour les applications techniques et une unité administrative. Le tout devrait créer 150 emplois en 2013.
  • Bombardier a annoncé, en juin 2012, la vente de 275 avions d’affaires Challenger à NetJets, un contrat d’une valeur de plus de sept milliards de dollars. Il s’agit de la plus importante commande de son histoire pour ce type d’appareil. Cela permettra de consolider les 2 500 emplois de son usine de Dorval, et pourrait en créer d’autres.


Sur le terrain

GENIVAR occupe la dix-huitième place dans le classement des plus grandes firmes de services professionnels au monde. Avec 14 500 employés, dont 2 500 au Québec, l’entreprise offre des services tant en génie qu’en environnement, en arpentage et en architecture.

La firme embauche constamment, notamment dans son secteur environnement. «On doit évaluer l’impact environnemental de nos projets», explique la directrice des communications, Isabelle Adjahi.
Le secteur minier, alimenté par la hausse des prix du minerai, recrutera aussi beaucoup, entre autres des ingénieurs miniers. «Nous peinons à trouver ce type de main-d’œuvre en nombre suffisant au Québec, et nous recrutons souvent en Europe», note Isabelle Adjahi.

L’entreprise engage des ingénieurs, mais aussi des biologistes, des arpenteurs, et même des sociologues, qui évaluent l’impact social des projets. Pour les retenir à son service, GENIVAR mise sur sa philosophie d’«empowerment», grâce à laquelle les ingénieurs se voient accorder beaucoup d’autonomie.

Les tendances demographiques

Près du quart de la population -québécoise habite Montréal (24,5 %). Le taux de fécondité y est de 1,5 enfant par femme, comparativement à 1,69 dans l’ensemble du Québec. Environ 20 000 habitants par année quittent l’île. Pourtant, la population y demeure stable et plus jeune que dans la plupart des autres régions. Ces départs sont compensés par les nombreux cégeps et -universités qui attirent les 18-24 ans,-seul groupe d’âge dans lequel Montréal avait un solde de migration interrégional- positif en 2011 (+2 340). Et ce, sans compter que plus de 65 % des immigrants- récents y élisent domicile. À 20,4 %, le taux de chômage demeure toutefois très élevé chez les immigrants arrivés au cours des cinq dernières années. «C’est un défi pour Montréal de mieux intégrer les immigrants à l’emploi, en reconnaissant leur expérience et leurs diplômes», note Hugues Leroux, économiste à Emploi-Québec.

Recherchés

  • Ambulanciers
  • Audiologistes
  • Ergothérapeutes
  • Gestionnaires de services informatiques
  • Hygiénistes dentaires
  • Infirmiers
  • Ingénieurs en génie civil et mécaniciens
  • Inhalothérapeutes
  • Pharmaciens
  • Technologues et techniciens en génie civil

Source : Emploi-Québec. Le marché du travail dans la région de Montréal, Perspectives d’emploi par profession 2011-2015, 2012.