Combien de stages en TIC?

Certaines formations en TIC proposent aux étudiants de faire un stage. Pour d’autres, ce sont deux ou trois stages dans des entreprises différentes. Chacune de ces options offre son lot d’avantages. À vous d’en tirer profit!

Titulaire d’un baccalauréat en informatique de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Joey Montambeault a réalisé deux stages obligatoires à l’usine Arkema de Bécancour sous la supervision du comptable de l’entreprise. Il était le seul expert en programmation des TI pour 250 employés. «Le stage est venu appuyer ce que j’apprenais à l’université. Quand je devais affronter des défis technologiques, il fallait que je me débrouille pour trouver des solutions. Pendant le stage, j’ai compris la raison d’être des notions théoriques qui me paraissaient bien abstraites lors de ma formation», explique celui qui est maintenant responsable des TI à Creaform, à Québec. Être plongé dans l’action l’a d’ailleurs aidé au moment de sa recherche d’emploi. Un atout qui valait son pesant d’or pour se démarquer des autres candidats.

Joey Montambeault est catégorique : un seul bon stage vaut mieux que deux mauvais! «Un seul stage peut être suffisant s’il nous permet de réaliser plusieurs tâches et de développer, par exemple, une expertise sur une technologie en particulier. C’est finalement mieux que deux ou trois stages où il ne se passe rien de concret», soutient-il. Pour lui, l’important est de regarder ce qui a été produit pendant cette formation pratique. «Que ce soit un programme informatique ou de la documentation, il faut mener un projet à terme à la fin du stage pour qu’il soit profitable», précise-t-il.

Michael Lavigne a aussi su profiter pleinement de ses stages lors de la dernière session de sa formation collégiale en techniques d’intégration multimédia. En effet, le diplômé du Cégep de Matane et deux de ses coéquipiers ont tellement aimé leur expérience chez Okidoo Interactif qu’ils ont acheté l’entreprise à peine deux mois après la fin de leurs stages, soit en juin 2010!

Si un seul bon stage vaut mieux que deux stages moins pertinents, le fait de cumuler plusieurs expériences comporte néanmoins des avantages.

Deux ans plus tard, c’est au tour de Michael d’encadrer trois stagiaires et de leur offrir un environnement propice à l’apprentissage. «Mon stage de trois mois à temps plein a été l’équivalent d’un an de formation. À l’école, on apprend la base des techniques d’intégration multimédia, alors qu’en stage, on apprend à se débrouiller pour trouver les solutions à des problèmes réels plutôt que fictifs. Le stage, c’est vraiment un apprentissage en accéléré», avance-t-il.

Michal Iglewski, responsable du baccalauréat en informatique à l’Université du Québec en Outaouais, précise justement qu’au retour d’un stage les étudiants font preuve d’une plus grande ouverture. «Ils apprennent plus vite les nouvelles notions parce qu’ils savent qu’ils pourront les mettre en pratique une fois en entreprise», souligne-t-il.

Le temps d’explorer

Si un seul bon stage vaut mieux que deux stages moins pertinents, le fait de cumuler plusieurs expériences comporte néanmoins des avantages, estime Élisabeth Oudar, responsable des stages au Département d’informatique et de génie logiciel à l’Université Laval. «Plus il y a de stages, plus on peut prendre le temps d’expérimenter et de se familiariser avec plusieurs milieux de travail.» Une bonne façon d’explorer différentes réalités et de viser juste lors de son entrée sur le marché du travail.

Toutefois, pour que cette expérience soit utile, le choix d’un stage ne se fait pas à l’aveuglette. «On ne choisit pas un stage les yeux fermés. On doit vérifier que les tâches à accomplir et les habiletés à développer cadrent bien avec son programme d’études», explique-t-elle.

Autre avantage : chaque stage permet de bonifier son CV. Au Cégep de Matane, par exemple, la moitié des étudiants réalise un ou deux stages en alternance travail-études (ATE) d’environ huit semaines, en plus du stage obligatoire crédité de six semaines à la fin de la formation. «Les employeurs choisissent souvent nos meilleurs étudiants pour les stages en ATE. Ces futurs techniciens doivent travailler fort, mais sont rémunérés. Au terme de leur formation, ceux-ci ont un peu plus d’expérience que ceux qui ne font que le stage obligatoire», souligne Anne-Stéphanie Lebrun, coordonnatrice de stages et enseignante en techniques d’intégration multimédia.

Un emploi assuré?

Le stage se transforme parfois en premier boulot. C’est du moins ce qui est arrivé à Marilyne Chan, bachelière en génie informatique de l’Université Laval, qui a fait deux stages pendant sa formation. Son dernier stage dans la firme Coveo, à Québec, à l’été 2010, a été décisif pour elle, car elle y a été embauchée après l’obtention de son diplôme. «Le fait d’avoir réalisé mon stage à Coveo m’a permis de tisser des relations sur place, et ç’a été plus facile d’être engagée par la suite», mentionne-t-elle.

J’ai été en mesure, pendant mon entrevue d’embauche, de mettre en valeur tout ce que j’avais appris durant mon stage.
Joey Montambeault, responsable des TI à Creaform

Cependant, il est possible qu’un stage ne mène pas tout de suite au poste rêvé. Joey Montambeault a fait deux tentatives avant de dénicher un véritable emploi. «Mon premier emploi important a été à Olympus NDT, à Québec. J’ai été en mesure, pendant mon entrevue d’embauche pour le poste de responsable des systèmes en TI, de mettre en valeur tout ce que j’avais appris durant mon stage, comme la débrouillardise ou ma connaissance des technologies», dit-il. Il y est resté pendant cinq ans avant que Creaform, division Québec, ne le recrute.

Morale de l’histoire? Que vous réalisiez un ou plusieurs stages en entreprise, l’important est de vous y investir à fond. Dans le milieu très compétitif des TIC, il faut sortir du lot. Et chaque expérience compte.

Pas de stage? Pas de panique!

Même si cette situation est plutôt rare dans le domaine des TIC, certains programmes au collégial ou à l’université ne prévoient pas de stage. Mais comment aller chercher cette expérience ailleurs?

Selon Michel Murray, coordonnateur du programme Techniques d’animation 3D et de synthèse d’images au Collège de Bois-de-Boulogne, il est souvent plus difficile pour les étudiants qui ont choisi un domaine artistique, comme la modélisation ou l’animation 3D, de trouver un stage utile. «C’est pourquoi notre programme ne prévoit pas de stage crédité dans la formation. On préfère consacrer la sixième session à la fabrication d’un portfolio et d’une démo. Les étudiants doivent avoir un projet de création et le faire comme une vraie production. On essaie de se rapprocher le plus possible des conditions de travail de l’industrie», explique Michel Murray.

Pour bonifier son portfolio, il faut aussi miser sur des projets personnels comme des applications mobiles pour les cellulaires, des animations Flash, conseille Michael Lavigne d’Okidoo Interactif. Anne-Stéphanie Lebrun, coordonnatrice de stages et enseignante en techniques d’intégration multimédia au Cégep de Matane, abonde dans ce sens. Il suffit de rester à l’affût des occasions qui se présentent pendant la formation. Plusieurs personnes et organismes dans la communauté ont besoin de se faire valoir sur Internet. Il faut donc oser accepter des mandats, parfois bénévolement.

Sinon, il existe d’autres façons d’acquérir de l’expérience. «Certains étudiants commencent déjà à réaliser des contrats professionnels dès la deuxième année de leur formation afin d’aller chercher une expérience concrète de travail», ajoute Anne-Stéphanie Lebrun. En multimédia, les ouvertures sont nombreuses pour les étudiants. Les entreprises ont souvent besoin d’un technicien pour réaliser un site Internet ou une animation : c’est une occasion en or de se plonger dans le monde du travail, à temps partiel!

Cet article est tiré du guide
Les carrières des technologies de l’information et des communications 2013

Affronter un marché du travail au ralenti

Difficile de savoir dans quel contexte un diplômé fera son entrée sur le marché du travail. Mais, même si l’économie tourne au ralenti, il est possible de mettre toutes les chances de son côté pour trouver un premier emploi dans son domaine. À condition de saisir les occasions pendant ses études!

«En période d’instabilité économique, on n’est jamais assez préparé pour sa recherche d’emploi. À ma sortie de l’université, j’ai vite réalisé que je devais envoyer une trentaine de CV pour recevoir deux appels», raconte Étienne Gaouette, qui a terminé un baccalauréat en ressources humaines en 2005, puis une maîtrise en intervention et changement organisationnel en 2007, à l’Université de Sherbrooke.

«À cette époque, les entreprises commençaient à appréhender l’impact du ralentissement économique chez nos voisins du sud. Et je l’ai bien senti pendant ma recherche d’emploi», précise-t-il.

C’est important de s’engager à fond dans son stage pour se démarquer et se rendre indispensable dans l’entreprise, en commençant par bien s’intégrer à l’équipe en place.
— Stéphanie Gaouette, agente de liaison, Place aux jeunes en région

Heureusement pour lui, Étienne ne s’est pas contenté d’envoyer des CV et d’attendre patiemment les appels. Pour rester actif, il s’est engagé bénévolement dans l’organisation du colloque annuel de l’Association des gestionnaires en ressources humaines de l’Estrie. C’est grâce à ce nouveau réseau de connaissances qu’il a appris qu’un poste permanent dans son domaine était disponible à Montréal. «J’ai accepté de m’éloigner pour avoir ma première expérience en ressources humaines», dit-il. En utilisant des méthodes moins traditionnelles, la recherche d’Étienne n’a finalement mis que trois mois avant de donner des résultats.

Son histoire illustre bien deux règles fondamentales de la recherche d’emploi en temps de crise : rester ouvert à des postes à l’extérieur de sa région et miser sur ses relations. Avec le recul, Étienne réalise l’importance de développer son réseau pendant ses études. «J’ai des collègues qui l’ont fait durant leur formation. Quand ils ont terminé l’université, grâce à leurs contacts, ils ont décroché un premier emploi plus vite que moi et près de chez eux, en Estrie.»

Tirer profit des stages

Profiter des stages d’études est un autre bon moyen d’amorcer sa recherche d’emploi. C’est souvent la porte d’entrée pour accéder à un emploi lorsque l’économie ralentit. «Même si, en période de récession, les employeurs concentrent leurs efforts à retenir leurs employés les plus performants, ils restent ouverts aux stages de formation. Beaucoup de stagiaires demeurent ensuite en poste parce qu’ils ont réussi à se démarquer et à se faire une place dans l’entreprise», précise Florent Francœur, président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA).

Mais pour séduire les employeurs, il faut jouer les bonnes cartes. «C’est important de s’engager à fond dans son stage pour se démarquer et se rendre indispensable dans l’entreprise, en commençant par bien s’intégrer à l’équipe en place. Il faut rester ouvert et proactif pour montrer qu’on est prêt à apprendre, en posant des questions et en manifestant son intérêt à relever des défis», ajoute Stéphanie Gaouette, agente de liaison pour Place aux jeunes en région de la Capitale-Nationale, un organisme qui accompagne ceux qui veulent une première expérience de travail hors des grands centres urbains.

La polyvalence : un plus

Florent Francœur rappelle aussi que les organisations n’ont pas beaucoup de temps pour la formation et l’encadrement en période de turbulences économiques. Les candidats débrouillards, autonomes et capables d’aller chercher de l’aide au besoin ont une longueur d’avance. De bonnes aptitudes pour la communication et le travail d’équipe sont aussi des atouts pour se tailler une place.

Chercher un emploi est, en fait, un travail à temps plein, récession ou pas!
— Mélanie Forest, conseillère en emploi, Carrefour jeunesse-emploi

Dès le début de ses études, il faut saisir les occasions de développer ce savoir-être qui fera la différence, en s’impliquant dans les associations étudiantes ou les activités parascolaires, par exemple. «On peut aussi faire du bénévolat dans un organisme d’entraide, dans son ordre professionnel ou dans une organisation comme le Forum jeunesse de sa région, un groupe de concertation qui coordonne des projets et défend les intérêts des jeunes de 12 à 30 ans», énumère Stéphanie Gaouette. Autant d’expériences à faire ressortir dans son CV. Car, quand 20 diplômés convoitent le même poste, celui qui a travaillé bénévolement, tout en poursuivant ses études, est avantagé.

Miser sur le marché caché

Quand l’économie se porte moins bien, l’affichage traditionnel d’offres d’emploi suit la même tendance. Il faut donc redoubler d’efforts pour débusquer des postes dans le marché caché. «On estime qu’on trouve 70 % des emplois grâce à nos relations, qu’elles soient dans notre entourage ou dans les réseaux sociaux», indique Mélanie Forest, conseillère en emploi au Carrefour jeunesse-emploi de Laval.

Il faut donc faire savoir que l’on cherche du boulot. Et du côté des réseaux sociaux, on privilégie LinkedIn à Facebook, soutient Stéphanie Gaouette. «Les jeunes diplômés ont intérêt à afficher leur profil professionnel sur LinkedIn et à le maintenir à jour. Les recruteurs utilisent ce réseau pour dénicher de bons candidats», indique-t-elle.

Les candidatures spontanées constituent un autre moyen pour découvrir les emplois dans le marché caché. On dresse une liste d’entreprises qui nous intéressent et on va y porter son CV, même s’il n’y a pas d’offres d’emploi.

«Les employeurs se constituent toujours une banque de candidatures. Si un poste se libère, ils iront piger dans cette banque avant de recruter à l’externe», indique l’agente de liaison de Place aux jeunes.

Chercher de l’aide

Peu importe la situation économique, la recherche d’emploi exige une bonne dose de confiance en soi. «Il faut bien se connaître, savoir parler de ses forces, définir ses limites et avoir un CV et une lettre de présentation adaptés à chaque offre d’emploi», dit Stéphanie Gaouette.

Il est possible d’aller chercher de l’aide pour se préparer. Chaque établissement d’enseignement possède un service de placement qui offre une kyrielle de solutions pour outiller les étudiants. «On peut se créer un profil dans le système informatique du service de placement et commencer à consulter les offres d’emploi pour se familiariser avec les exigences des employeurs. C’est important de réaliser cette étape assez tôt pour commencer à développer les aptitudes recherchées durant sa formation», avance-t-elle.

«Certains services de placement proposent également du mentorat pour des jeunes qui souhaitent être parrainés par un professionnel d’expérience dans leur domaine. C’est une belle occasion d’élargir son réseau de connaissances et de se brancher sur le milieu qui nous intéresse», estime Stéphanie Gaouette.

«Il faut s’armer de patience et y mettre du temps et de l’énergie. Chercher un emploi est, en fait, un travail à temps plein, récession ou pas!», rappelle Mélanie Forest.

Pourquoi le taux de chômage des 15-24 ans
est-il toujours plus élevé?

Selon Emploi-Québec, en 2011, le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans atteignait 13,4 %, comparativement à 7 % pour les 25 à 34 ans. «Souvent encore aux études, les 15-24 ans ont moins d’expérience lorsqu’ils font leur entrée sur le marché du travail. Ils occupent des emplois à temps partiel, saisonniers ou contractuels qui, par la force des choses, peuvent entraîner une période de chômage entre deux contrats», explique Louis-Philippe Tessier-Parent, économiste à la Direction de l’analyse et de l’information sur le marché du travail à Emploi-Québec.

En période de récession, ajoute-t-il, cet écart devient plus marqué parce que ce groupe d’âge, moins expérimenté et comptant moins d’ancienneté, est le plus visé par les mises à pied.

Taux de chômage au Québec

15-24
ans
25-34
ans
Ensemble de la population
âgée de 15 ans et +
2007 12,5 % 6,8 % 7,2 %
2008 12,1 % 6,5 % 7,2 %
2009 15,2 % 7,6 % 8,5 %
2010 13,9 % 7,4 % 8,0 %
2011 13,4 % 7,0 % 7,8 %

Source : Emploi-Québec


Un emploi garanti?

Étudier dans une formation d’avenir peut faciliter l’obtention d’un emploi dans son domaine. Mais ce n’est pas une garantie!

Chercher du travail, peu importe son domaine d’études, demande une bonne attitude, de la préparation et des efforts, note Mélanie Forest, conseillère en emploi au Carrefour jeunesse-emploi de Laval.

Si certains diplômés restent coincés au fil de départ, il y a fort à parier qu’ils se sont mal préparés aux exigences de base du processus d’embauche. «Ils ont un CV mal fait, avec des fautes d’orthographe, ou bien ils sont incapables de nommer leurs forces et leurs limites en entrevue. Ces personnes ne se connaissent pas et manquent de préparation», estime Florent Francœur, président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

En entrevue, c’est ce genre de détails qui permettent au recruteur d’éliminer certaines candidatures pour conserver la meilleure. La façon de s’exprimer, de se présenter, d’être à l’écoute et de poser des questions est prise en compte.

«Malgré les difficultés, le chercheur d’emploi doit conserver une attitude positive et, surtout, ne doit pas se décourager. Il a tout intérêt à rappeler l’employeur pour savoir ce qui n’a pas bien fonctionné en entrevue afin qu’il puisse s’améliorer», souligne Mélanie Forest. Question d’ajuster le tir pour la prochaine fois!


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Dans ce dossier

• Travailler dans un secteur cyclique

Prêt pour la guerre des talents?


Dans un contexte de rareté de la main-d’œuvre, les prochaines générations de travailleurs auront le beau jeu. Recherchés par des employeurs en manque de personnel, ils pourront choisir leur patron… à condition d’être bien formés.

Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec, 2013 sera l’année où la population en âge de travailler commen­cera à décliner. Une situation qui causera des raretés de main-d’œuvre importantes dans ­plusieurs secteurs économiques, dont les technologies de l’information, la construction, le transport et la santé.

«Près de 1 400 000 postes devront être pourvus d’ici 2019, selon les plus récentes estimations d’Emploi-Québec. Ce qui veut dire que les jeunes diplômés qui arriveront sur le marché du travail à cette date devraient avoir l’embarras du choix», rappelle Florent Francoeur, président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Une relève qualifiée attendue

«Les jeunes vont arriver dans un contexte extraordinaire, comme on n’en a pas vu depuis plusieurs années… Il va y avoir de la job!» poursuit Jean-François Thuot, directeur général du Conseil interprofessionnel du Québec. Mais attention, ils devront être qualifiés. «D’ici 2019, 70 % des nouveaux emplois vont exiger une formation postsecondaire collégiale ou universitaire, notamment des métiers liés aux sciences comptables, à la santé, aux services sociaux et aux sciences appliquées.» Selon lui, la demande sera particulièrement forte pour pourvoir entre autres des postes d’infirmières, de pharmaciens d’établissement, de physio­thérapeutes, de travailleurs sociaux, de ­technologistes médicaux, d’ingénieurs, d’arpenteurs-géomètres et de comptables.

Pour Florent Francoeur, il n’y a pas de doute, les travailleurs de demain devront au moins obtenir leur diplôme de 5e secondaire en plus de savoir se débrouiller en français et en mathématique pour se tailler une place sur le marché du travail. «Il faut un minimum de bagage pour pouvoir fonctionner dans des métiers qui sont de plus en plus automatisés ou qui demandent des habiletés de communication et de gestion», prévient-il. Même s’il y aura beaucoup d’emplois disponibles, il recommande aux jeunes d’obtenir un diplôme qui mène à un métier, que ce soit en formation professionnelle, technique ou universitaire.

Les atouts recherchés

Outre l’importance du diplôme, le savoir-être deviendra également un élément de plus en plus considéré par les recruteurs au cours des prochaines années. «Les habiletés interpersonnelles de leadership, de communication et de maîtrise du stress de même que la facilité pour le travail en équipe vont devenir très importantes parce que les jeunes auront accès plus rapidement à des postes de gestion», soutient Florent Francoeur. En effet, le remplacement des travailleurs qui partiront à la retraite accélérera les promotions, car les cohortes de diplômés seront moins nombreuses à arriver sur le marché du travail.

Florent Francoeur souligne que nombre de recruteurs pensent déjà à long terme. Ils n’embauchent plus quelqu’un seulement pour pourvoir un poste, mais une personne qui pourra évoluer et gravir les échelons de l’entreprise. En fait, les organisations dépensent beaucoup d’énergie pour attirer des candidats qualifiés. Elles tentent aussi de les conserver le plus longtemps possible dans l’entreprise en leur proposant des projets stimulants et des défis à relever. Une tendance qui devrait s’intensifier dans un contexte de guerre des talents.

Réorganisation des tâches

La flexibilité et la capacité d’adaptation seront d’autres qualités à développer chez les jeunes, car plusieurs entreprises auront à revoir l’organisation des tâches pour fonctionner avec moins de ressources. Le secteur de la santé, qui manque déjà d’effectifs, a commencé à s’ajuster. «Il faut jouer sur plusieurs plans pour essayer de rendre le même service avec moins de main-d’œuvre», indique Pierre Gingras, directeur des ressources humaines à l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux.

«Par exemple, dans les soins à domicile et en hébergement, on peut introduire des infirmières auxiliaires au lieu de n’avoir que des infirmières. C’est la même chose dans les blocs opératoires», explique-t-il. Cette façon de faire libère les infirmières pour d’autres tâches et permet à l’établissement de diminuer ses dépenses en heures supplémentaires.

«Plusieurs établissements de santé ont aussi mis sur pied des programmes d’accueil, d’intégration et de jumelage pour que les nouvelles infirmières soient appuyées au quotidien dans leurs tâches et qu’elles puissent être rassurées dans leurs actions», poursuit Pierre Gingras. Des initiatives qui donnent de l’espoir aux prochains diplômés en santé, qui pourraient craindre d’être perdus au milieu de collègues surchargés de travail.

Pression sur les conditions de travail

Il est clair que la guerre des talents que se livreront les employeurs pour s’attirer les meilleurs candidats aura aussi un impact sur les salaires. Mais selon Pauline Brassard, conseillère en ressources humaines agréée, présidente de PB CONSEILS RH et conférencière qui s’intéresse depuis des années au vieillissement de la main-d’œuvre, les jeunes ne doivent pas s’attendre à des salaires et des avantages sociaux mirobolants. «De façon globale, les avantages sociaux se détériorent pour tout le monde dans toutes les organisations», estime-t-elle. Et les entreprises doivent respecter leur capacité de payer.

L’effet sur les salaires reste tout de même une source de préoccupation pour les PME qui n’ont pas les moyens de concurrencer les grandes entreprises à ce chapitre. «En contrepartie, une PME peut offrir plus de flexibilité et de variété dans le travail ainsi que la possibilité de remplir des mandats importants plus rapidement qu’une grande entreprise. Les possibilités d’avancement professionnel au sein des PME sont aussi des atouts souvent mal connus des jeunes, qu’il faudra mettre de l’avant», explique François Vincent, analyste des politiques à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

Du côté des ordres professionnels, on redoute aussi la surenchère des salaires entre le secteur privé et le secteur public. «Notre crainte est que le domaine de la santé, qui emploie beaucoup de professionnels, devienne moins attrayant parce que les salaires risquent d’y évoluer moins vite que dans le secteur privé», souligne Jean-François Thuot, qui rappelle que plus de la moitié des 347 000 membres d’ordres professionnels sont des salariés du secteur public.

Des idées pour la relève

Heureusement, l’attraction du personnel ne se joue pas toujours sur le plan des salaires, comme en témoigne la situation de l’entreprise de développement de jeux vidéo Frima Studio. La PME n’a pas attendu la baisse démographique pour trouver des moyens de s’attirer des recrues. La firme de Québec, qui est en expansion, pourrait servir de modèle pour aider les entreprises à recruter dans un contexte de guerre de talents. «On a eu une croissance de notre chiffre d’affaires tellement fulgurante au cours des dernières années, qu’il a fallu trouver des moyens créatifs et ingénieux pour attirer de belles candidatures et conserver nos employés», indique Maxime Roussel, directeur des ressources humaines de l’entreprise. La compagnie est passée de 25 employés en 2007 à 250 en 2010, avec l’ouverture d’un deuxième studio satellite à Matane.

Chez Frima Studio, on mise sur la créativité du personnel pour maintenir l’intérêt. Une demi-journée par semaine, les employés travaillent seuls ou en équipe sur un projet personnel, comme un film d’animation ou un jeu vidéo. Si un projet devient assez intéressant, l’entreprise investit dans sa réalisation concrète. Les retombées de la vente du produit sont ensuite divisées entre la firme, l’employé et son équipe. «Les employés apprécient parce que ça met leur créativité à l’épreuve et leur permet de voir certaines de leurs idées développées et commercialisées», dit Maxime Roussel.

Et l’initiative porte ses fruits, car le taux de roulement de la firme diminue pendant que le pouvoir d’attraction augmente. «Je reçois environ 100 candidatures par semaine, ce qui n’était pas le cas il y a trois ans! Des gens, employés par de grandes boîtes, sont prêts à faire le saut chez nous parce qu’ils ont eu vent de l’atmosphère qui règne ici», souligne Maxime Roussel. À son avis, l’employé qui vit une expérience positive au travail sur plusieurs aspects deviendra un excellent agent de recrutement pour d’autres bons candidats à l’emploi. «Ça fait un bout de temps qu’on l’a compris et ça marche!»

Le développement de mesures de conciliation travail-famille représente un autre atout. «On s’adapte à la réalité de nos employés. On essaie de tenir compte de leurs besoins pour leur faciliter la vie au travail et à l’extérieur, ajoute Maxime Roussel. On a un système de bonification au rendement où l’employé reçoit deux fois par année une quantité de points qu’il peut échanger, par exemple, pour un forfait familial dans une auberge, pour faire effectuer des menus travaux comme de la peinture à domicile ou pour les services d’un chef cuisinier. C’est un moyen de remercier nos employés et leur famille.» Des conditions qui ont de quoi faire rêver les travailleurs de demain et inspirer les employeurs! 09/11

Source: Les carrières d’avenir 2012

Rareté de main-d’œuvre : la guerre des talents

Dans un contexte de rareté de la main-d’œuvre, les prochaines générations de travailleurs auront le beau jeu. Recherchés par des employeurs en manque de personnel, ils pourront choisir leur patron… à condition d’être bien formés.

Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec, 2013 sera l’année charnière où la population en âge de travailler commencera à décliner. Une situation qui causera des raretés de main-d’œuvre importantes dans plusieurs secteurs économiques, dont les technologies de l’information, la construction, le transport et la santé.

«Près de 1 400 000 postes devront être pourvus d’ici 2019, selon les plus récentes estimations d’Emploi-Québec. Ce qui veut dire que les jeunes diplômés qui arriveront sur le marché du travail à cette date devraient avoir l’embarras du choix», rappelle Florent Francoeur, président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Une relève qualifiée attendue

«Les jeunes vont arriver dans un contexte extraordinaire, comme on n’en a pas vu depuis plusieurs années… Il va y avoir de la job!» poursuit Jean-François Thuot, directeur général du Conseil interprofessionnel du Québec. Mais attention, ils devront être qualifiés. «D’ici 2019, 70 % des nouveaux emplois vont exiger une formation postsecondaire, notamment des métiers liés aux sciences comptables, à la santé, aux services sociaux et aux sciences appliquées.» Selon lui, la demande sera particulièrement forte pour pourvoir entre autres des postes d’infirmières, de pharmaciens d’établissement, de physiothérapeutes, de travailleurs sociaux, de technologistes médicaux, d’ingénieurs, d’arpenteurs-géomètres et de comptables agréés.

Pour Florent Francoeur, il n’y a pas de doute, les travailleurs de demain devront au moins obtenir leur diplôme de 5e secondaire en plus de savoir se débrouiller en français et en mathématique pour se tailler une place sur le marché du travail. «Il faut un minimum de bagage pour pouvoir fonctionner dans des métiers qui sont de plus en plus automatisés ou qui demandent des habiletés de communication et de gestion», prévient-il. Même s’il y aura beaucoup d’emplois disponibles, il recommande aux jeunes d’obtenir un diplôme qui mène à un métier, que ce soit en formation professionnelle, technique ou universitaire.

Les atouts recherchés

Outre l’importance du diplôme, le savoir-être deviendra également un élément de plus en plus considéré par les recruteurs au cours des prochaines années. «Les habiletés interpersonnelles de leadership, de communication et de maîtrise du stress de même que la facilité pour le travail en équipe vont devenir très importantes parce que les jeunes auront accès plus rapidement à des postes de gestion», soutient Florent Francoeur. En effet, le remplacement des travailleurs qui partiront à la retraite accélérera les promotions, car les cohortes de diplômés seront moins nombreuses à arriver sur le marché du travail.

«Les habiletés interpersonnelles de leadership, de communication et de maîtrise du stress de même que la facilité pour le travail en équipe vont devenir très importantes parce que les jeunes auront accès plus rapidement à des postes de gestion.»
Florent Francoeur, Ordre des conseillers en ressources humaines agréés

Florent Francoeur souligne que nombre de recruteurs pensent déjà à long terme. Ils n’embauchent plus quelqu’un seulement pour pourvoir un poste, mais une personne qui pourra évoluer et gravir les échelons de l’entreprise. En fait, les organisations dépensent beaucoup d’énergie pour attirer des candidats qualifiés. Elles tentent aussi de les conserver le plus longtemps possible dans l’entreprise en leur proposant des projets stimulants et des défis à relever. Une tendance qui devrait s’intensifier dans un contexte de guerre des talents.

Réorganisation des tâches

La flexibilité et la capacité d’adaptation seront d’autres qualités à développer chez les jeunes, car plusieurs entreprises auront à revoir l’organisation des tâches pour fonctionner avec moins de ressources. Le secteur de la santé, qui manque déjà d’effectifs, a commencé à s’ajuster. «Il faut jouer sur plusieurs plans pour essayer de rendre le même service avec moins de main-d’œuvre», indique Pierre Gingras, directeur des ressources humaines à l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux.

«Par exemple, dans les soins à domicile et en hébergement, on peut introduire des infirmières auxiliaires au lieu de n’avoir que des infirmières. C’est la même chose dans les blocs opératoires», explique-t-il. Cette façon de faire libère les infirmières pour d’autres tâches et permet à l’établissement de diminuer ses dépenses en heures supplémentaires.

«Plusieurs établissements de santé ont aussi mis sur pied des programmes d’accueil, d’intégration et de jumelage pour que les nouvelles infirmières soient appuyées au quotidien dans leurs tâches et qu’elles puissent être rassurées dans leurs actions», poursuit Pierre Gingras. Des initiatives qui donnent de l’espoir aux prochains diplômés en santé, qui pourraient craindre d’être perdus au milieu de collègues surchargés de travail.

Pression sur les conditions de travail

Il est clair que la guerre des talents que se livreront les employeurs pour s’attirer les meilleurs candidats aura aussi un impact sur les salaires. Mais selon Pauline Brassard, conseillère en ressources humaines agréée, présidente de PB CONSEILS RH et conférencière qui s’intéresse depuis des années au vieillissement de la main-d’œuvre, les jeunes ne doivent pas s’attendre à des salaires et des avantages sociaux mirobolants. «De façon globale, les avantages sociaux se détériorent pour tout le monde dans toutes les organisations», estime-t-elle. Et les entreprises doivent respecter leur capacité de payer.

«Notre crainte est que le domaine de la santé, qui emploie beaucoup de professionnels, devienne moins attrayant parce que les salaires risquent d’y évoluer moins vite que dans le secteur privé.»
Jean-François Thuot, Conseil interprofessionnel du Québec

L’effet sur les salaires reste tout de même une source de préoccupation pour les PME qui n’ont pas les moyens de concurrencer les grandes entreprises à ce chapitre. «En contrepartie, une PME peut offrir plus de flexibilité et de variété dans le travail ainsi que la possibilité de remplir des mandats importants plus rapidement qu’une grande entreprise. Les possibilités d’avancement professionnel au sein des PME sont aussi des atouts souvent mal connus des jeunes, qu’il faudra mettre de l’avant», avance François Vincent, analyste des politiques à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

Du côté des ordres professionnels, on redoute aussi la surenchère des salaires entre le secteur privé et le secteur public. «Notre crainte est que le domaine de la santé, qui emploie beaucoup de professionnels, devienne moins attrayant parce que les salaires risquent d’y évoluer moins vite que dans le secteur privé», souligne Jean-François Thuot, qui rappelle que plus de la moitié des 347 000 membres d’ordres professionnels sont des salariés du secteur public.

Des idées pour la relève

Heureusement, l’attraction du personnel ne se joue pas toujours sur le plan des salaires, comme en témoigne la situation de l’entreprise de développement de jeux vidéo Frima Studio. La PME n’a pas attendu la baisse démographique pour trouver des moyens de s’attirer des recrues. La firme de Québec, qui est en expansion, pourrait servir de modèle pour aider les entreprises à recruter dans un contexte de guerre des talents. «On a eu une croissance de notre chiffre d’affaires tellement fulgurante au cours des dernières années, qu’il a fallu trouver des moyens créatifs et ingénieux pour attirer de belles candidatures et conserver nos employés», indique Maxime Roussel, directeur des ressources humaines de l’entreprise. La compagnie est passée de 25 employés en 2007 à 250 en 2010, avec l’ouverture d’un deuxième studio satellite à Matane.

Chez Frima Studio, on mise sur la créativité du personnel pour maintenir l’intérêt. Une demi-journée par semaine, les employés travaillent seuls ou en équipe sur un projet personnel, comme un film d’animation ou un jeu vidéo. Si un projet devient assez intéressant, l’entreprise investit dans sa réalisation concrète. Les retombées de la vente du produit sont ensuite divisées entre la firme, l’employé et son équipe. «Les employés apprécient parce que ça met leur créativité à l’épreuve et leur permet de voir certaines de leurs idées développées et commercialisées», dit Maxime Roussel.

Et l’initiative porte ses fruits, car le taux de roulement de la firme diminue pendant que le pouvoir d’attraction augmente. «Je reçois environ 100 candidatures par semaine, ce qui n’était pas le cas il y a trois ans! Des gens, employés par de grandes boîtes, sont prêts à faire le saut chez nous parce qu’ils ont eu vent de l’atmosphère qui règne ici», souligne Maxime Roussel. À son avis, l’employé qui vit une expérience positive au travail sur plusieurs aspects deviendra un excellent agent de recrutement pour d’autres bons candidats à l’emploi. «Ça fait un bout de temps qu’on l’a compris et ça marche!»

Le développement de mesures de conciliation travail-famille représente un autre atout. «On s’adapte à la réalité de nos employés. On essaie de tenir compte de leurs besoins pour leur faciliter la vie au travail et à l’extérieur, ajoute Maxime Roussel. On a un système de bonification au rendement où l’employé reçoit deux fois par année une quantité de points qu’il peut échanger, par exemple, pour un forfait familial dans une auberge, pour faire effectuer des menus travaux comme de la peinture à domicile ou pour les services d’un chef cuisinier. C’est un moyen de remercier nos employés et leur famille.» Des conditions qui ont de quoi faire rêver les travailleurs de demain et inspirer les employeurs!

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Tendances réseautage

Même si le réseautage virtuel gagne en popularité, les rencontres en personne ont toujours la cote. Voici quelques endroits où il fait bon réseauter.

Pas de surprise : «les traditionnels 5 à 7 ou déjeuners-conférences des associations professionnelles et des chambres de commerce demeurent encore en 2010 les meilleurs endroits pour entretenir son réseau de relations professionnelles», indique Érick Beaulieu, conseiller d’orientation en pratique privée et à l’Université de Montréal.

De même, les conférences, les colloques, les congrès et les journées de formation dans notre secteur d’activité sont toujours des lieux efficaces pour créer des liens avec des travailleurs et des employeurs de notre domaine.

Du virtuel au réel

«La nouvelle tendance en 2010, c’est l’organisation de rencontres entre membres d’un même réseau virtuel», dit Didier Dubois, conseiller en ressources humaines agréé à la firme HRM Group.ca. «On pensait au départ que les réseaux sociaux virtuels allaient camper les gens derrière leur clavier. Au contraire, ça amène les gens à vouloir se rencontrer en personne», explique M. Dubois.

Il donne en exemple le nouveau réseau social Foursquare qui est un mélange de Twitter et de Google Maps. «Il permet de géolocaliser ses relations. Ainsi, si on s’aperçoit qu’on se trouve à proximité de deux d’entre elles, on peut décider à l’improviste de se donner rendez-vous dans un resto du secteur pour dîner ensemble.»