Profession : propriétaire d’une perroquetterie

Ghyslaine Piette

Ghyslaine Piette, Perroquetterie Nostalgia, Mont-Saint-Hilaire
Photo : Patrice Lamoureux

Sa demeure est un hôtel pour perroquets.

Je garde des perroquets en l’absence de leurs maîtres. Les clients viennent aussi pour les soins : taille des griffes, taille des ailes, changement de pansement des oiseaux blessés.

Je possède moi-même sept perroquets et j’en accueille en moyenne quatre ou cinq autres. Les périodes les plus occupées sont les vacances d’été et le temps des fêtes. Il n’y a que cinq ou six perroquetteries dans la grande région de Montréal et la Montérégie, c’est pourquoi ma clientèle s’élargit rapidement depuis 2003.

Un perroquet n’est pas fait pour vivre en cage, et surtout pas seul à la maison. Les oiseaux sont toujours en liberté quand moi ou mon conjoint sommes là.

On taille les griffes pour le confort : si elles sont trop longues, le perroquet aura de la difficulté à se percher et souffrira. La taille des ailes – une pratique controversée – sert à limiter les déplacements du perroquet, soit pour le rendre plus dépendant de l’humain ou empêcher la fuite de ceux qui vont à l’extérieur. On lave aussi les oiseaux, soit sous la douche, dans le lavabo ou au vaporisateur.

Les perroquets sentent bon! Ils dégagent une odeur de fruits tropicaux, surtout les aras et les perroquets à moustache. Mais la poussière blanche qui protège leur peau se dépose partout sur les cages et les meubles!

Certains clients amènent leur oiseau seulement pour une heure ou deux afin de le faire interagir avec d’autres, généralement de taille et de tempérament semblables. Il y a une hiérarchie chez les perroquets. Il faut leur apprendre que l’humain est au sommet. Ici, c’est le plus ancien et le plus gros qui domine. Il occupe le perchoir le plus haut et ne laisse pas les autres toucher ses choses.

L’attachement du perroquet envers son maître est aussi fort que celui du chien. D’ailleurs, le perroquet appelle souvent son maître «papa» ou «maman»!

Le soin des perroquets comporte des risques de morsures. Mon conjoint a déjà eu un doigt sectionné, et moi, je me suis fait perforer trois fois la lèvre par un cacatoès de Goffin… Mais les perroquets ne crient et ne mordent jamais pour rien. Il y a toujours une raison : la faim, la peur, un inconfort.

Les gris d’Afrique sont les plus intellectuels. Ils ont besoin de logique dans le jeu. Par exemple, ouvrir des coffres au trésor avec des clés pour accéder à une récompense comme une arachide. On dit que cette espèce a un vocabulaire d’environ 300 mots : l’un de nos oiseaux en connaît le double… Les gris d’Afrique adorent aussi s’amuser, en imitant la sonnerie du téléphone, par exemple. Ils comprennent très bien ce qu’ils disent : l’un d’eux a même rendu fou notre caniche. Il l’appelait en imitant ma voix, puis prenait celle de mon conjoint pour le réprimander et lui dire de partir!

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Cuisiner comme un chef à Noël

Préparation d’un dessert turc, chez Les Touilleurs
Photos : Bianca Joubert

Les petits sandwichs pas de croûte ont perdu de leur lustre depuis que foodies, émissions culinaires et livres de recettes griffés ont envahi le Québec. Si l’idée de recevoir pour le temps des fêtes vous donne la migraine, c’est le moment de réveiller le chef qui sommeille en vous en participant aux ateliers de cuisine offerts par des professionnels. Une expérience culinaire ludique, sans courses ni vaisselle!

C’est l’heure de la fermeture à la boutique d’accessoires de cuisine Les Touilleurs, avenue Laurier, à Montréal. Mais tout au fond, dans une cuisine ultramoderne, une pétillante soirée s’annonce. Fisun Ercan, du restaurant de fine cuisine turque Su, s’active aux fourneaux, qui commencent à répandre leurs effluves. Ses élèves d’un soir arrivent, une bouteille de vin à la main, et prennent place autour de la grande table de bois. Au menu, soupe de lentilles rouges, lapin aux griottes et künefe, un dessert croquant aux cheveux d’ange et fromage.

Fisun Ercan et Sylvain Côté

Fisun Ercan et Sylvain Côté, chez Les Touilleurs


Trois fois par semaine, les plus grands chefs de la métropole défilent derrière le comptoir de la boutique-atelier pour livrer leurs secrets à un public avide et curieux. Très conviviale, la formule permet d’échanger avec le chef et l’animateur – François Longpré ou Sylvain Côté, cofondateurs et associés de la boutique Les Touilleurs et coanimateurs de l’émission du même nom, sur ARTV. On prend des notes, on pose des questions, on se rapproche du comptoir pour regarder ce qui se mijote… «Les gens repartent toujours avec au moins un petit truc», assure Sylvain Côté.

Ça, c’est pour la version paresseuse… Pour passer de la théorie à la pratique, plusieurs établissements offrent de mettre la main à la pâte. Le prix (qui varie entre 80 et 150 $ environ) comprend en général la démonstration, l’exécution des plats, la dégustation, un ou deux verres de vin et un livret de recettes.

Le secret est dans la sauce

«Ici, ce n’est pas “regardez et apprenez”», explique Olivia Lecomte, chef aux Ateliers & Saveurs, situés dans le Vieux-Montréal et dans le quartier Saint-Roch, à Québec. «Tout le monde s’y met pour préparer le repas qui sera partagé. Notre concept, c’est d’apprendre en s’amusant.» La jeune chef, qui a la langue aussi aiguisée que son couteau, n’hésite pas à taquiner les participants dès les premières minutes : «Deux hommes, deux oignons! dit-elle en désignant des volontaires pour hacher des légumes. J’espère que vous allez vous en sortir, messieurs…»

Les cours sont faits pour monsieur et madame Tout-le-monde, mais il y a assez d’information et de technique pour intéresser ceux qui cuisinent beaucoup.
– Vanessa Gianfrancesco, directrice générale de Chef en Vous

Aux Agitateurs Gourmands, à Montréal, le chef Johan Priolet a concocté un atelier quatre services où se décline le cidre de glace de l’entrée au dessert. Pendant qu’il assaisonne les carrés d’agneau, les apprentis cuisiniers compétitionnent en humour autour de l’épluchage des artichauts, fouettent les œufs, prennent une gorgée de vin. L’atmosphère se réchauffe pendant que les odeurs de romarin et de panais grillé se mélangent. On commence par cuisiner le dessert et on finit par l’entrée, que l’on mangera tout de même en premier : pétoncles poêlés, chutney de poires et émulsion à l’aneth et au cidre de glace. On note comment saisir les pétoncles, la façon de laver les champignons, les quantités pour une crème brûlée parfaite. Sur le comptoir où l’on vient de cuisiner, on dresse enfin la table tous ensemble, l’appétit bien avivé. Mission accomplie : c’est un régal!

Selon Mariève Sirois-Leduc, responsable des relations publiques pour Les Agitateurs Gourmands, les gens viennent chercher des techniques, élargir leur répertoire de recettes, pour épater la famille, les amis. Aussi pour se sentir plus à l’aise dans la mise en place d’un repas, apprendre à bien dresser les assiettes, en créant des effets de hauteur, par exemple.

La cuisine s’amuse

À La Guilde Culinaire, boulevard Saint-Laurent, dans Rosemont-La Petite-Patrie, le cours se divise en trois segments : une démonstration magistrale, la pratique proprement dite, par petits groupes, et la dégustation autour de vins choisis selon le menu. Pour Jonathan Garnier, chef-propriétaire et juge à l’émission Ça va chauffer!, sur les ondes de TVA, chaque recette présentée doit pouvoir être reproduite à la maison : «Ce n’est pas un show!» Sa prestation ne manque toutefois pas de piquant. Le public, jeune et tout ouïe, s’amuse ferme lorsqu’il évoque Hannibal Lecter durant l’atelier de tartare ou risque une blague grivoise. Au fil du cours, le chef distribue ses petits trucs, comme fabriquer de l’essence de vanille en faisant macérer des restes de gousses évidées dans de la vodka pendant quatre mois.

Jonathan Garnier

Démonstration de Jonathan Garnier, à La Guilde culinaire


À Chef en Vous, à Pointe-Saint-Charles, une quinzaine de chefs s’activent à tour de rôle, selon leur spécialité, lors des différents ateliers offerts : verrines et hors-d’œuvre, canard et foie gras, cuisine indienne, tapas… «Les cours sont faits pour monsieur et madame Tout-le-monde, mais il y a assez d’information et de technique pour intéresser ceux qui cuisinent beaucoup», explique Vanessa Gianfrancesco, chef spécialisée en cuisine italienne et directrice générale de Chef en Vous.

Un luxe, les ateliers de cuisine? «La clientèle est très large, estime Jonathan Garnier. Certains économisent pour s’offrir cette expérience, d’autres se paient ça comme soirée au lieu d’aller au resto.» Ça va du jeune qui vient d’emménager au couple de retraités, en passant par la gang de filles et les gourmets qui veulent sortir de leur zone de confort. Beaucoup d’entreprises, aussi : la formule est toute désignée pour le team building et les fêtes de bureau.

Chez toi ou chez moi?

Guillaume Barry mène seul sa petite barque avec son concept Un Chef à Québec, démarré il y a un an. Le jeune homme a quitté un poste de chef dans la capitale pour répondre à la demande. Pour un prix qui en vaut la chandelle (50 $ pour l’atelier de macarons, par exemple), il débarque chez vous avec tout le matériel – nourriture, tabliers, linges, vaisselle –, laissant votre cuisine propre comme un sou neuf, ou vous invite chez lui. «J’essaie de faire travailler les participants le plus possible, sinon ils n’arrivent pas à reproduire les recettes à la maison.»

La nourriture est par essence conviviale. Et mène à tout… Julien Dupeyroux, d’Ateliers & Saveurs, en a vu des vertes et des pas mûres dans les ateliers : batailles de nourriture entre avocats respectables, convives qui échappent leurs plats, enterrements de vie de garçon avec célibataire en lycra et talons hauts qui reçoit la fessée… «Ce n’est pas ce qu’on propose ici, mais il se crée parfois une certaine atmosphère et… les choses arrivent!» relate le mixologue, qui dirige les ateliers de cocktails. À La Guilde Culinaire, on a même déjà vu une demande en mariage. «On avait mis une bouteille de champagne au frais!» rigole Jonathan Garnier.

Fini la migraine : on a l’embarras du choix pour apprendre à traiter ses invités aux petits oignons… de son propre chef!

Noël zen

Huîtres, verrines et hors-d’œuvre, canard et foie gras, tapas, pâtisseries, chocolats fins et bûches sont les ateliers vedettes à l’approche du temps des fêtes. À La Guilde Culinaire, on offre deux formules de cours : recevoir en grand et recevoir en express. «La tendance actuelle, ce sont les petites bouchées. À notre ère individualiste, chacun y trouve son compte», selon le chef Garnier.

«À Noël, il faut s’organiser un peu plus pour ne pas passer tout son temps en cuisine et être avec ses convives», insiste Sylvain Côté, des Touilleurs. En novembre, la boutique donne carte blanche aux chefs pour revisiter le repas du temps des fêtes, de l’apéro au dessert. «On peut faire des verrines et des hors-d’œuvre la veille pour gagner du temps, conseille Vanessa Gianfrancesco, de Chef en Vous. Dans nos cours, on enseigne la gestion d’un événement à la maison, la mise en place. Ensuite, les hôtes sont plus détendus quand ils reçoivent.»


Gourmet pressé

Pas de temps le soir pour suivre des cours? Ateliers & Saveurs offre un concept unique : Gourmet pressé, à l’heure du lunch. Le jour de notre visite, un groupe qui travaille dans la finance apprenait à préparer un risotto aux champignons sauvages à l’huile de truffes en trente minutes, passant ensuite à la salle à manger pour le déguster durant la deuxième demi-heure. Le tout pour 20 $.


Bonnes adresses

À Sutton
• Ateliers gourmands avec François Dompierre

À Gatineau
• École culinaire pour tous

À Sainte-Catherine
• Créations Gourmandes

À Québec
• Un Chef à Québec
• Ateliers & Saveurs

À Laval, Montréal, Québec
• Académie Culinaire 

À Montréal
• Ateliers & Saveurs
• La Guilde Culinaire
• Les Agitateurs Gourmands
• Les Touilleurs
• Chef en Vous
• Sushi chez soi

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Jean-Sébastien Cournoyer, de FounderFuel

Jean-Sébastien Cournoyer
Photo : Jean-Pierre Roy

Jean-Sébastien Cournoyer croit à l’entrepreneuriat qui change le monde. Partenaire cofondateur et directeur général chez Real Ventures et Montreal Start Up, il a contribué à mettre au monde le programme FounderFuel.

«Je ne suis pas un financier : j’aide les gens à avoir du succès! C’est ce qui fait que je me lève le matin.» Jean-Sébastien Cournoyer, 38 ans, père de cinq enfants, veut surtout avoir un impact positif sur la société.

Le hockey, la force directrice de ses jeunes années, lui a appris tout à la fois l’esprit d’équipe et la compétition, et a très tôt tracé son chemin vers les États-Unis au début des années 1990. Après un bac en physique au Middlebury College (Vermont), c’est vers Boston qu’il met le cap, bientôt rejoint par sa high school sweetheart québécoise.

De 1998 à 2001, Jean-Sébastien voit naître en terre américaine ses deux premiers enfants et ses deux premières compagnies, démarrées dans «l’extravagance de la bulle Internet» des débuts. Ce n’est pas un succès financier, mais qu’importe… «Avoir peu d’échecs signifie qu’on n’a pas assez essayé, pas assez pris de risques! Mes défaites m’ont appris de bonnes leçons et m’ont aidé à définir qui je suis. Je me remets toujours en question, et je n’ai pas d’égo! Je suis toujours ouvert à la critique.»

En 2001, la petite famille décide de revenir à ses racines, le Québec, où le natif de Sorel fait son baptême du capital de risque : au service d’Innovatech Montréal entre 2001 et 2003, il prend en charge un portefeuille de dix entreprises et fait six nouveaux investissements.

En 2003, il entre en fonction chez Terrascale Technologies et fait son premier investissement personnel. En 2005, il quitte pour aller cette fois à la Caisse de dépôt et placement du Québec, afin d’aider à créer une industrie du capital de risque dans la province. Mais l’envie de refaire des investissements dans les petites startups le travaille…

En 2007, il rencontre John Stokes, qui arrive de l’Asie et vient s’implanter au Québec, et devient partenaire de Montreal Start Up et de VantagePoint Venture Partners (VPVP). À la même époque, il se donne comme projet de vie de créer au Québec un environnement propice au développement systématique de grandes entreprises technologiques viables à long terme. «La seule façon, c’est de prendre les entreprises tout au début, pour les envoyer dès le départ dans la bonne direction. C’est pourquoi on a choisi l’amorçage.» En 2008, il commence à investir avec ses partenaires et quitte VPVP.

Dans le domaine dans lequel il évolue, Jean-Sébastien prône une vision à long terme et ne cherche pas le profit rapide : «Pour ma réussite financière, il faut d’abord que les entrepreneurs aient du succès. Moi, je ne fais pas ça pour m’acheter une nouvelle maison. C’est important pour moi de donner plus que je ne reçois.

L’entrepreneuriat est une belle manière de le faire. On touche beaucoup de gens et il faut être généreux de son temps.»

Il travaille aujourd’hui à temps plein au sein de Real Ventures et du programme FounderFuel.

Conseils aux entrepreneurs débutants

  • S’entourer d’une équipe solide. On ne bâtit pas une grande entreprise seul. Avoir au moins un associé qui voit les choses de la même manière que soi.
  • Ne pas avoir peur de tenir des discussions, même difficiles, le plus tôt possible. Ne pas laisser traîner les situations problématiques. Les échecs sont principalement causés par des relations interpersonnelles déficientes.
  • Être transparent avec les gens, employés comme investisseurs, et bâtir une relation dans laquelle on peut parler du bon comme du mauvais.
  • S’adonner à beaucoup de recherches avant de faire entrer un nouvel investisseur. Il est important de vérifier si l’on peut vraiment travailler ensemble, si l’on a des valeurs qui se ressemblent.
  • Avoir une grande vision. Ne pas avoir peur de penser grand, de prendre des risques. Ne pas craindre l’échec ni essayer de changer le monde!


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Ian Jeffrey, le mentor qui voit grand

Ian Jeffrey,

Ian Jeffrey, directeur général FounderFuel
Photo : Eva Blue

Après avoir tenté sa chance dans la Silicon Valley, Ian Jeffrey est revenu à Montréal pour assurer la direction générale de l’accélérateur d’entreprises FounderFuel.

Déjà, à 12 ou 13 ans, Ian Jeffrey achetait des billets de spectacles pour les revendre à profit et promenait sa tondeuse à gazon dans le voisinage en échange de quelques dollars. Depuis sa première entreprise, en peinture résidentielle, ce natif de la Rive-Sud de Montréal a toujours aspiré à créer son propre emploi.
Ses études en communication à l’Université Concordia l’ont d’abord conduit chez Cossette, en 2002. Il y passera quatre années… sur les pentes de ski. «Mon coéquipier et moi étions les seuls parmi 500 employés à ne pas travailler dans les bureaux.» Bien avant l’avènement des médias sociaux, il se préoccupait déjà de saisir le pouls des consommateurs à la source.

Pendant les années Cossette, Ian s’occupe en parallèle de Tistik Productions, une entreprise qu’il a cofondée pour mettre en valeur la musique électronique locale émergente. Mais il ferme boutique en 2006, attiré par la Silicon Valley. C’est là-bas qu’il lance Radar, le premier service de microblogage mobile pour photos et vidéos.

Après la vente de la compagnie à l’origine de Radar à Shutterfly, Ian est brièvement directeur de marketing pour cette dernière. L’aventure californienne prend fin en 2010, quand Ian décide de revenir aux sources à Montréal. Il en garde un souvenir positif dans l’ensemble. «La Silicon Valley, c’est le centre de l’univers des startups. J’ai été pas mal chanceux de m’y rendre, même si je n’ai pas connu le succès financier souhaité.»

À 34 ans, il se consacre maintenant à la gestion quotidienne de FounderFuel, programme qu’il a lancé en 2011 avec quatre partenaires. «Quand je suis parti en 2006, la scène des startups était quasi inexistante à Montréal. À mon retour, j’étais très excité de contribuer à cette communauté et d’aider ceux qui commencent.» L’initiative donne de bons résultats. «Jusqu’à présent, nos deux premières cohortes ont récolté sept millions de dollars d’investissements.»

Un succès qu’il attribue à ce qui l’a toujours aidé : la persévérance et une certaine témérité. «On peut avoir les meilleures idées, les meilleures ressources, mais si on a peur, on n’avance pas. Il faut faire plus vite et mieux que les autres. Sinon, quelqu’un d’autre va faire ce qu’on a en tête!»

Conseils aux entrepreneurs débutants :

  • Croire en son idée même si on se fait dire que ça ne marchera pas, tout en étant ouvert aux opinions.
  • Ne pas garder son idée pour soi : en parler pour avoir de la rétroaction et s’exercer à la présenter.
  • Lancer le produit rapidement, sans attendre que tout soit parfait. Ne pas bâtir sur des hypothèses, mais sonder le public.
  • Avoir recours à un vrai spécialiste juridique. Cet aspect est très important, surtout en cas de vente ou de litige.
  • Ne jamais envoyer un courriel à un investisseur : il vaut toujours mieux être présenté par une relation mutuelle.


Lectures

  • Do More Faster, par David Cohen et Brad Feld : «De courtes histoires d’entrepreneurs. Intéressant de voir comment ils ont vécu leur démarrage.»
  • The Lean Startup, par Eric Ries : «Une méthodologie de travail que tous devraient connaître.»
  • Business Model Generation, par Alexander Osterwalder et Yves Pigneur : «Une bible des startups.»
  • The Four Steps to the Epiphany, par Steven Gary Blank : «Un classique que tout entrepreneur doit lire.»
  • Venture Deals, par Brad Feld et Jason Mendelson : «Pour voir comment fonctionne le monde du capital de risque et connaître les erreurs à éviter.»


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Steven Lachance de Live Rides (Drivv)

Steven Lachance, instigateur de Live Rides (Drivv)

Steven Lachance, instigateur de Live Rides (Drivv)
Photo : Jean-Pierre Roy

Steven Lachance, 26 ans, de Québec, est l’instigateur de Live Rides (Drivv), une application mobile de covoiturage. C’est aussi l’une des vedettes de la première série web de Jobboom, Ça passe ou ça casse!

Au grand désespoir de ses parents, Steven Lachance n’a jamais eu de «vrai» job. Mais il a toujours été son propre patron. De sa petite entreprise de travaux résidentiels à la consultation informatique, jusqu’à Live Rides aujourd’hui, c’est son désir de trouver des solutions à sa manière qui lui a permis de mener sa barque.

Live Rides, un outil qui facilite le covoiturage, est ainsi né de ses observations et de son expérience. «Je voyageais chaque semaine entre Québec et Montréal pour mes études, en autobus, en covoiturage ou avec ma voiture. Aucun de ces transports ne me satisfaisait. Le covoiturage, surtout, me semblait encore à l’âge de pierre en ce qui concerne l’aspect pratique. J’ai eu envie de l’adapter au XXIe siècle.»

Depuis son iPhone, un client de Live Rides peut choisir un conducteur ainsi qu’un lieu de départ et d’arrivée, selon les offres. Nom, type de voiture, vérifications d’identité et de coordonnées, notes et commentaires des autres usagers sont autant de données qui assurent une expérience sécuritaire, qui peut se transformer en expérience sociale au gré des rencontres.

Steven Lachance fait à peu près tout au sein de sa compagnie – le marketing, les finances, la gestion du produit, la gestion du personnel, la stratégie d’entreprise –, mais il est entouré d’une équipe essentielle, trois ingénieurs en informatique qui ont vécu l’aventure FounderFuel avec lui : Marc-Alexandre Bérubé, Pascal Hamel et Maxime Boulay-Côté.

Le coup de pouce fourni par le programme FounderFuel n’est pas venu sans efforts ni remises en question… «Ç’a été des montagnes russes sur le plan des émotions! Il a fallu apprendre à écouter, à considérer l’opinion de tous, mais aussi à garder confiance en soi.»

Par exemple, les mentors ont proposé au fil des semaines de faire de l’expérience sociale – les rencontres, les échanges et la création de nouveaux liens entre automobilistes et passagers –, le point central du service de covoiturage.

Un revirement contre lequel Steven Lachance s’est défendu avec conviction, surtout auprès de John Stokes. «Pour moi, l’expérience sociale est importante, mais elle est complémentaire du service de transport. Ce n’est pas la raison pour laquelle les gens utilisent notre service, ils le font pour se rendre d’un point A à un point B.»

L’un des moments forts du programme est le Demo Day, le gala de clôture où les participants présentent leur projet devant 500 personnes, dont des investisseurs. Malgré une préparation stressante, Steven Lachance considère que la présentation de mai a fini l’expérience en beauté : un financement de la part d’investisseurs de 150 000 $ à ce jour. «J’ai appris que ce que je projette est important. Si je ne projette pas de la confiance, tout le monde perd confiance!»

L’application, lancée le Jour de la Terre, le 22 avril dernier, un peu avant la fin de FounderFuel, compte plus de 1 000 utilisateurs.

Trop peu pour son créateur, pour qui même 100 000 utilisateurs restent un petit nombre dans le monde de l’application mobile. Il admet qu’il devra encore faire des efforts en ce qui a trait au marketing. «Le produit a beaucoup évolué, mais le marché est toujours à la case départ. On travaille encore sur l’application elle-même. La version 1 offre un transport longue distance entre des villes, partout au Canada. Pour la version 2, nous voulons proposer un service intra-muros, par exemple du covoiturage pour se rendre à l’école ou au travail.»

À long terme, le diplômé en administration de HEC Montréal aimerait avoir un impact significatif aux points de vue logistique, économique et social en offrant une solution au prix de l’essence et aux problèmes de circulation, partout au Canada, et éventuellement aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

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