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Au bureau parmi les tableaux

Ève-Lyne Beaudry, conservatrice de l’art contemporain

Ève-Lyne Beaudry, conservatrice de l’art contemporain au Musée national des beaux-arts du Québec, à Québec
Photo : Valerie Busque

J’ai choisi ce domaine grâce à un cours obligatoire d’histoire de l’art au cégep. Je ne connaissais rien aux arts, mais j’étais fascinée de voir comment une œuvre évoque la beauté, comment elle témoigne d’une époque. De tout temps, les artistes ont été contestés par leurs contemporains. Par exemple, les impressionnistes ont été dénigrés par le milieu de l’art établi. Ces révolutions perceptibles à travers l’art m’ont accrochée.

Mon job, c’est de préparer des expositions et de rester à l’affût de ce qui se fait dans ce domaine au Québec et ailleurs dans le monde. Une exposition, ce n’est pas qu’un accrochage d’œuvres au mur, disposées au hasard. Ça part d’une grande réflexion, d’un processus de sélection et de préparation des œuvres. Je dois aussi développer notre collection. Je rends donc visite à des collectionneurs pour discuter des possibilités qu’ils offrent certaines œuvres au musée. On bâtit des relations de confiance.

La «beauté» est un mot assez tabou dans mon domaine. Parfois, on discourt d’une œuvre et on oublie de simplement la contempler sans passer par huit chemins pour essayer de la comprendre! Mais pour moi, ç’a toujours été important de me laisser émouvoir. La beauté, c’est l’émotion. C’est une œuvre qui nous fait ressentir des choses. Un tableau qui nous dérange, par exemple.

J’ai beaucoup travaillé avec l’œuvre d’Alfred Pellan et, encore aujourd’hui, je travaille à une exposition permanente sur cet artiste et le surréalisme. Certaines personnes me demandent si je suis tannée. Au contraire : plus on entre dans l’univers d’un artiste, plus on en devient spécialiste. Chercher à s’approprier la démarche de quelqu’un est fascinant.

J’ai de la chance, car à tout moment je peux m’arrêter et aller dans la réserve, l’endroit où l’on conserve les œuvres qui ne sont pas exposées, soit plus de 90 % de la collection. C’est un privilège incroyable d’y avoir accès, surtout dans un musée national.

Les autres chanceux :

La sainte paix à la basilique Notre-Dame
• Il skie de 9 à 5
Capitaine sur le fjord du Saguenay
Expert en montres Cartier
Entourée d’orchidées
Il bichonne des Lamborghini

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